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La Ville de Sherbrooke a fini de démanteler le campement du pont Joffre

Campement sous le pont Joffre.

L'opération de démantèlement du campement de fortune installé sous le pont Joffre s'est terminée lundi en après-midi.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Marcoux

Radio-Canada

La Ville de Sherbrooke a terminé le démantèlement du campement situé sous le pont Joffre, à Sherbrooke.

Les policiers et les équipes de la Ville ont quitté les lieux vers 16 h. Un dernier homme qui refusait de laisser le campement a été accompagné par des travailleurs de rue en fin d'après-midi.

Des intervenants du milieu communautaire et des employés du domaine de la santé ont également passé la journée sur place. Ils ont dirigé la quinzaine de campeurs qui étaient toujours sur les lieux lundi matin vers des ressources en hébergement, dont le Partage St-François situé à proximité.

La mairesse de Sherbrooke, Évelyne Beaudin, s'est déplacée pour observer le démantèlement. Si celui-ci s'est passé dans le calme, elle a tout de même été interpellée par un campeur lors de sa conférence de presse.

Quelle est ta solution?, lui a-t-il demandé, ce à quoi la mairesse a répondu qu'il fallait faire équipe avec le Partage St-François pour trouver un toit à ces personnes. Tu le sais bien qu'il n'y a pas de solutions. Un certain nombre de gens pourront être admis. Et les autres, on fait quoi?, a-t-il rétorqué.

Évelyne Beaudin a toutefois tenu à rappeler qu'il était important que les gens consultent les ressources en place.

On a déjà l'expertise dans les ressources communautaires, auprès de la police communautaire, c'est-à-dire d'essayer de convaincre, d'utiliser la persuasion pour essayer de faire en sorte que personne ne passe l'hiver dehors, mentionne-t-elle.

« On veut vraiment que les gens aillent vers les ressources communautaires pour non seulement recevoir de la chaleur, de la nourriture, mais également une expertise pour se sortir des différents problèmes sociaux qu'ils peuvent rencontrer. »

— Une citation de  Évelyne Beaudin, mairesse de Sherbrooke
Une tente entourée de victuailles en plein hiver.

La mairesse avait demandé aux gens de cesser d'apporter des denrées et des biens aux campeurs, car cela ne faisait qu'amplifier le problème.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Le Partage St-François affirme de son côté qu'il peut accueillir toutes les personnes du campement n'ayant pas de domicile fixe, et qu'il dispose d'ailleurs d'une dizaine de places supplémentaires. Le directeur général Sébastien Laberge soutient avoir toutes les ressources nécessaires et que l'équipe est prête à faire des heures supplémentaires, au besoin.

Il s'attend toutefois à ne recevoir que deux ou trois personnes de ce campement, puisque la plupart d'entre elles ont des appartements. Il précise que moins d'une dizaine de personnes fréquentant le site étaient réellement sans domicile fixe.

Un groupe de citoyens parmi les tentes.

Des citoyens sont rassemblés au campement sous le pont Joffre à Sherbrooke dimanche.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Une aide par étape

L’agent de développement de la Table itinérance de Sherbrooke, Gabriel Pallotta, affirme que tous les campeurs auront accès à une aide pour éviter d'être à la rue, cet hiver.

Nous n’avons pas eu l'aide que l’on nous disait que nous aurions, a toutefois rétorqué le porte-parole des personnes itinérantes qui se trouvent dans ce campement, Myshell-Alexandre Carpentier. Nous n'avons pas eu de soutien personnalisé pour chaque personne du campement.

Certains sont convaincus. Ils ne faisaient qu'attendre le jour J. Nous allons discuter avec chacun d'entre eux pour connaître leur plan. Nous allons faire le suivi individuel que nous avons promis, nuance Gabriel Pallotta.

Il signale que l'Accueil Poirier, du Partage St-François, sera le premier endroit qui sera proposé aux personnes dans la rue.

Nous allons aussi proposer les services d'aide alimentaire habituels. Des travailleurs de rue vont regarder ce qu'ils ont l’intention de faire aussi. Nous anticipons l’hiver avec un peu d’anxiété. Le problème n’est pas l’existence du campement lui-même. Nous devions agir pour des raisons de sécurité, indique Gabriel Pallotta.

Myshell-Alexandre Carpentier estime pour sa part qu'il faut trouver une solution à long terme afin que ces personnes ne s’établissent pas dans les bois en bordure de la rivière Saint-François.

On ne fait que déplacer le problème. Le Partage St-François ne peut pas accueillir tout le monde. Ça prendrait un autre organisme pour accueillir des gens, souligne-t-il.

Un véhicule de police sous le pont Joffre.

Le Service de police de Sherbrooke supervise le démantèlement du campement sous le pont Joffre.

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Gabriel Pallotta ajoute que les nouveaux campements, de moins grande envergure, pourraient aussi devenir un autre problème.

L'itinérance a toujours existé à Sherbrooke. Nous avons un service de police engagé avec le milieu communautaire. Nous allons miser sur les liens de confiance pour le meilleur déroulement pour tous, mentionne M. Pallotta.

Avec les informations de Brigitte Marcoux et de Marie-Hélène Rousseau

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