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Le climat au Congrès plombé par les querelles fomentées par les pro-Trump

Quatre cents membres du Congrès américain réclament plus d'action des leaders face au climat hostile qui règne au Capitole.

Marjorie Taylor Greene, qu'on voit sourire en raison de son regard, porte un masque disant « Liberté d'expression ».

Marjorie Taylor-Greene, représentante républicaine de Georgie et ardente partisane de Donald Trump

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Le Congrès ressemble à une véritable cour de récréation alors que les débats n'ont jamais volé si bas.

D'un côté, il y a celles que le Washington Post surnomme les plastics, de jeunes femmes républicaines qui font souvent la une pour des propos controversés avec l'aval de leur mentor Donald Trump.

De l'autre, de jeunes élues démocrates, comme Alexandria Ocasio-Cortez et Ilhan Omar, que ces mêmes républicaines surnomment The Squad.

Enfin, pris entre les deux, des élus républicains qui, sous la pression des pro-Trump, se font de plus en plus discrets.

Et la querelle entre ces camps ne fait que s'envenimer.

À tel point que, récemment, au début de novembre, le représentant républicain de l'Arizona, Paul A.Gosar, publie une vidéo sur Twitter le dépeignant en train de poignarder la représentante démocrate de New York, Alexandria Ocasio-Cortez.

Au Congrès, la réaction est immédiate : il est aussitôt éjecté de plusieurs comités. Qu'à cela ne tienne, Donald Trump lui offre tout son soutien.

Puis, fin novembre, la représentante républicaine du Colorado, Lauren Boebert, raconte dans une soirée privée avoir croisé, dans un ascenseur du Capitole, Ilhan Omar, représentante démocrate du Minnesota. Elle rapporte avoir alors lancé au policier présent, à la blague :

« Elle n'a pas de sac au dos, on devrait être corrects. »

— Une citation de  Lauren Boebert, représentante républicaine du Colorado au Congrès

L'extrait vidéo de la soirée est rendu public. Lauren Boebert s'excuse alors sur Twitter aux personnes qu'elle aurait offensées, mais pas auprès d'Ilhan Omar.

Alexandria Ocasio-Cortez appelle à sévir contre Mme Boebert : C’est très simple, si tu menaces un collègue ou si tu tiens des propos racistes, tu ne peux pas siéger dans des comités.

Surtout, la républicaine Nancy Mace dénonce ses propos islamophobes, pour être aussitôt rabrouée par sa collègue républicaine de Georgie, Marjorie Taylor-Greene. Cette dernière écrit sur Twitter : De toute façon, Mace n'est pas une vraie conservatrice, car elle est pro-avortement.

C'est que Nancy Mace a subi un viol durant ses études secondaires. Mme Mace est pro-vie, mais elle a toujours déclaré qu'en ce qui concerne les cas de viol ou d'inceste, elle était pro-choix.

Marjorie Taylor-Greene, une inconditionnelle de Donald Trump adepte des théories de QAnon, ne va pas hésiter à renchérir en écrivant que Mme Mace représente les déchets du Grand Old Party, nom familier donné au Parti républicain.

Les deux élues républicaines, qui ne cessent de s'invectiver sur Twitter, sont donc convoquées séparément par Kevin McCarthy, le leader de la minorité républicaine à la Chambre des représentants. C'est que la querelle, dit-on, nuit au parti.

Le leader républicain va cependant tenter à tout prix de ménager la chèvre et le chou, afin ne pas froisser l'ancien président. C'est qu'à moins d'un an des élections de mi-mandat, il espère devenir le prochain président de la Chambre des représentants, si jamais les républicains en reprennent le contrôle.

Aussi, tout en appelant au calme et à un certain décorum, il n'ose pas condamner les propos de Lauren Boebert, provoquant la colère d'Ilham Omar, qui dénonce son inaction et ne mâche pas ses mots.

« Kevin McCarthy est un lâche et un menteur. »

— Une citation de  Ilhan Omar, représentante démocrate du Minnesota au Congrès
Ilhan Omar, représentante démocrate du Minnesota

Ilhan Omar, représentante démocrate du Minnesota

Photo : Reuters / Jim Bourg

On pourrait croire que Marjorie Taylor-Greene et Lauren Boebert sont des extrémistes au sein du Parti républicain, mais ce n'est pas ainsi qu'elles se perçoivent. Au micro de Steve Bannon, l'ancien conseiller spécial du président, la représentante de Georgie affirme que c'est tout le contraire.

« Nous sommes la base même du Parti républicain. »

— Une citation de  Marjorie Taylor-Greene, représentante républicaine de Georgie

L'avenir du Grand Old Party serait-il effectivement entre les mains de ces représentants?

En tout cas, les nombreuses démissions des représentants plus modérés du parti semblent confirmer que Donald Trump en tient toujours les rênes.

Le représentant républicain de l'Illinois, Adam Kinzinger, a ainsi affirmé, à la fin du mois d'octobre, qu'il ne se représentera pas aux prochaines élections. M. Kinzinger, un fervent critique de Donald Trump, fait partie des dix républicains qui ont voté en faveur de sa mise en accusation, dans le cadre de la deuxième procédure de destitution dont l'ex-président avait fait l'objet.

Le républicain Anthony Gonzales, qui faisait partie des étoiles montantes du parti, avait lui aussi voté en faveur de la mise en accusation. Il ne se représentera pas non plus.

Originaire de Cuba, Anthony Gonzales avait affirmé en entrevue avec Jake Tapper : Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que Donald Trump ne remporte pas les primaires présidentielles. Or, poursuit-il, le 6 janvier, lorsque des partisans du président déchu ont envahi le Capitole, Donald Trump a franchi une ligne. Ma famille a fui une dictature et je ne vais pas le laisser en installer une aux États-Unis.

En attendant, l'atmosphère au Congrès est tendue.

Les observateurs avertis ont l'impression qu'il y a une compétition entre les partisans de Donald Trump sur qui va faire les manchettes et, surtout, capter l'attention de l'ex-président.

Épuisés par ce climat hostile, les membres du Congrès ont réclamé plus d'action des leaders en chambre. Mais pour la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, la responsabilité de rétablir la paix revient aux républicains.

« Ils doivent gérer la peur qu'ils ont générée avec leurs remarques islamophobes, ils sont responsables de leurs élus. »

— Une citation de  Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants

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