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Fillette de Granby : aux avocats de convaincre le jury

Les deux avocats dans le couloir du palais.

Les procureurs de la Couronne Me Jean-Sébastien Bussières (à gauche) et Me Claude Robitaille (à droite), au palais de justice de Trois-Rivières (19 octobre 2021)

Photo : Radio-Canada / Marilyn Marceau

Au palais de justice de Trois-Rivières, près de trois mois après la formation du jury, ce dernier sera appelé à délibérer cette semaine sur le sort de la femme de 38 ans accusée du meurtre non prémédité et de la séquestration de l’enfant de 7 ans que l’on surnomme depuis les sombres événements « la fillette de Granby ».

À compter de lundi, les procureurs de la poursuite et de la défense seront tour à tour appelés à effectuer leurs plaidoiries. Il s’agit en quelque sorte de l’exposé final, un résumé des passages clés de leur preuve : une dernière chance de convaincre le jury de statuer en leur faveur. Chacune des deux parties devrait s’adresser aux jurés durant une journée entière.

Un long procès

24 témoins ont été entendus au cours de ce procès. La preuve du ministère public était composée de 21 témoins, dont les premiers répondants à être arrivés sur les lieux en avril 2019, des policiers, une intervenante de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), un voisin de la belle-mère, des enfants qui se trouvaient dans la maison au moment du drame, ainsi que des experts.

La défense a pour sa part fait entendre trois personnes, soit l’accusée elle-même, un ingénieur pour parler de la déformation possible du ruban adhésif, ainsi qu’une consultante en pathologie.

Dans un témoignage fort émotif, l’accusée a admis avoir enrubanné la fillette avec du ruban adhésif dans l’intention de l’empêcher de quitter sa chambre en attendant son rendez-vous avec la pédopsychiatre. Selon une experte de la défense, la fillette est morte d’hyperthermie et d’asphyxie mécanique provoquées par ce ruban.

Une roulette de ruban adhésif sur un classeur de plastique.

Un rouleau de ruban adhésif transparent a été pris en photo par un technicien en scène de crime de la SQ dans la maison où habitait la fillette de Granby.

Photo : Sûreté du Québec (SQ)

L’expert de la Couronne estime plutôt que c’est le ruban sur la bouche et le nez de l’enfant qui a provoqué sa suffocation.

La femme de 38 ans, dont l’identité fait l’objet d’une ordonnance de non-publication, risque ainsi la prison à perpétuité. Ses avocats, Me Alexandre Biron et Me Pénélope Provencher, ont répété à maintes reprises que l’intention de leur cliente n’était pas de tuer l’enfant.

Plusieurs questions et témoignages ont fait l’objet de litiges (objections) au cours de ce procès, forçant le juge Louis Dionne à demander la sortie du jury le temps de dénouer l’impasse. Quelques procédures tenues sans leur présence ont grandement retardé le bon déroulement de ce procès.

Libération de deux jurés

14 jurés ont entendu la preuve. C’est deux de plus qu’à l’habitude. Le juge voulait s’assurer de conserver un jury complet advenant le cas où une ou deux personnes devaient se désister pour des raisons de santé. Il s’agit d’une décision exceptionnelle en raison du contexte pandémie.

Au terme des plaidoiries, deux numéros seront pigés. Ces jurés seront alors libérés de leurs fonctions. Les 12 autres seront invités à se retirer et délibérer afin de déterminer si l’accusée doit être reconnue coupable ou non des accusations portées contre elle.

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