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Grève dans les CPE : syndicats et parents demandent l’intervention du premier ministre

Une petite table est recouverte de chiffres et de lettres de plastique dans une salle qui sert à accueillir des enfants.

Une salle de garderie vide.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les principales organisations syndicales qui représentent les travailleuses des CPE, des partis de l’opposition et des parents unissent leurs voix pour demander au premier ministre du Québec, François Legault, d’intervenir personnellement afin de mettre fin à l’impasse dans les négociations. Québec reste de marbre alors qu'une grève illimitée est en cours dans 400 CPE à travers la province et qu'un autre débrayage est prévu jeudi.

Il est possible pour les éducatrices et pour le gouvernement de sortir la tête haute, disent-ils.

Cet appel s’adresse directement au premier ministre, que les intervenantes présentes à la conférence de presse organisée dimanche matin jugent capable de régler cette crise.

Il faut vous impliquer personnellement dans ces négociations pour trouver une voie de passage, insiste Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ).

Pour sa part, Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE pour la FSSS-CSN, a rappelé à M. Legault sa déclaration sur le salaire de 30 $ de l’heure que devrait gagner toute personne qui a un DEC.

« M. Legault, savez-vous que dans nos bureaux coordonnateurs, affiliés à nos CPE, il y a des agentes de conformité, des agentes de soutien pédagogique, des adjointes administratives, dont les trois appellations d’emploi nécessitent un DEC? », a-t-elle demandé au premier ministre.

Mme Vachon a ajouté que la dernière offre qu’on a sur la table du Conseil du trésor les amène encore très loin du 30 $ de l’heure.

« Vous avez entre les mains tout ce qu’il faut pour intervenir, pour mettre fin à ce conflit et pour nous amener vers une sortie de crise. Faites-le pour la société, faites-le pour nos enfants. »

— Une citation de  Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE pour la FSSS-CSN

Interpellation du premier ministre

Valérie Grenon a elle aussi invité tous ceux qui sont affectés par ce conflit de travail, notamment les parents, à s’adresser au premier ministre « pour qu’il prenne les choses en main ».

« L’obsession d’offrir les mêmes paramètres à tout le personnel de soutien, sans tenir compte du contexte, doit changer maintenant. »

— Une citation de  Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ)

Les employés de soutien en CPE sont sous-payés par rapport à leurs collègues dans le réseau scolaire, a poursuivi Mme Grenon.

C’est important de comprendre que le désir de nos travailleuses, de nos travailleurs, ce n’est pas d’être dans la rue et d’être en grève, a de son côté lancé Sylvie Nelson, vice-présidente de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ).

Mme Nelson a dit qu’elle demeurera solidaire pour faire reconnaître et valoriser les titres d’emploi de ces travailleuses et travailleurs qui donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Le soutien des parents

Geneviève Pagé, représentante de l'organisme Ma place au travail, soutient les éducatrices et les travailleurs en CPE, même si cela complique la vie des parents.

Nous demandons au gouvernement de penser à nous, de penser à nos enfants. Pour ce faire, il faut reconnaître que la seule solution à la pénurie de places abordables et de qualité en service de garde éducatif à l’enfance est une réponse positive aux demandes des travailleurs et travailleuses des CPE, a déclaré Mme Pagé.

« Le gouvernement a promis de 5000 à 7000 nouvelles places en CPE d’ici le mois de mars. Avec quel personnel [éducatrices et personnel de soutien] pense-t-il pouvoir faire fonctionner ces CPE s'il n’offre pas des conditions minimalement intéressantes? »

— Une citation de  Geneviève Pagé, représentante de l'organisme Ma place au travail

Nous croyons que c’est l’avenir des CPE et la qualité des services aux enfants qui se jouent dans cette négociation, a pour sa part souligné Isabelle Boulé, représentante du mouvement Valorisons ma profession.

L’opposition se dit solidaire

Marc Tanguay, Manon Massé et Véronique Hivon.

Le libéral Marc Tanguay, la solidaire Manon Massé et la péquiste Véronique Hivon étaient présents lors de la conférence de presse.

Photo : Radio-Canada

Les partis politiques sont venus apporter leur soutien aux travailleurs des CPE.

Le gouvernement Legault n’écoute pas, a lancé d’emblée Marc Tanguay , porte-parole du PLQ en matière de famille.

Le mouvement de solidarité de ce matin est un message très clair pour François Legault pour qu’il s’en occupe, a déclaré M. Tanguay. Il invite lui aussi le premier ministre à faire en sorte que les éducatrices et intervenantes cessent de quitter le réseau.

Manon Massé, de Québec solidaire, a accusé M. Legault de renier sa promesse électorale d’assurer une place en service de garde pour chaque enfant.

C’est là une cause juste et essentielle pour Véronique Hivon, porte-parole du PQ en matière de famille. C’est aussi la cause de la présence de la femme sur le marché du travail.

Si vous croyez à l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est le temps de le prouver, a lancé Mme Hivon à l'intention de François Legault.

Les offres sont très généreuses, dit le gouvernement

Réagissant en début d’après-midi dimanche, le Conseil du trésor a dit estimer que les offres du gouvernement sont très généreuses.

Comme l'avait affirmé vendredi la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel, cet organisme estime avoir rejoint les demandes syndicales concernant les éducatrices.

Il estime avoir fait des pas de géant pour le personnel de soutien : du 6 % offert en juillet dernier, nous sommes maintenant à une moyenne de 11 % offerts au personnel de soutien. C'est plus de 5 % qu'offert initialement!.

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