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Des pans de la route 132 de nouveau arrachés par la mer

Un enrochement au niveau de la route, dont des morceaux ont été arrachés par les éléments.

Des pans de la 132 ont été avalés par la mer et le vent.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

Des morceaux de la route 132 ont encore une fois été arrachés par la mer, vendredi, entre Marsoui et La Martre.

La combinaison des marées hautes de décembre et des forts vents a provoqué des vagues déferlantes, vendredi en milieu de journée, qui ont eu raison d'un tronçon de la route 132 dans le secteur de Marsoui.

Sur quelques dizaines de mètres, une partie de la chaussée a été grugée par l'érosion. Un enrochement a été réalisé à la hâte pour sécuriser le restant de la route, où une seule voie est encore praticable.

La circulation se fera donc en alternance pour une période indéterminée.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a indiqué sur les réseaux sociaux que des travaux ont commencé vendredi et qu’ils se poursuivront au courant de la semaine.

Les grandes marées combinées aux forts vents ont entraîné des dégâts sur une portion de la [route] 132 près de La Martre, en Gaspésie. Des travaux ont débuté hier et se poursuivront au cours de la semaine. La circulation se poursuivra en alternance. Nous vous informerons des développements, écrit-t-il.

L’événement a un air de déjà-vu dans la région : en décembre 2016, une tempête avait sectionné la route 132 en plusieurs endroits dans le même secteur.

La mer a emporté une partie de la chaussée à plusieurs endroits

En 2016, la mer avait emporté une partie de la chaussée à plusieurs endroits.

Photo : Transport Québec

La mairesse de Marsoui, Renée Gasse, rappelle que sa municipalité sera à la merci des éléments tant et aussi longtemps que la route se trouvera en bord de mer.

Avec les grandes marées, on s'attend à ce que ça arrive parce que c'est fréquent. On a déjà été isolés, donc pour nous, c'est inquiétant, explique-t-elle.

De l’éloignement à l’isolement

L’ancien député de Gaspé et consultant en développement régional Gaétan Lelièvre se dit déçu et choqué de constater qu’un événement similaire se reproduise en si peu de temps.

Ça fait plusieurs années que le problème existe. Des solutions avaient été avancées et, malheureusement, les résultats ne sont pas au rendez-vous, déplore-t-il.

« On n’a pas posé les gestes qui devaient être faits, c’est-à-dire se pencher sur une solution durable, à long terme, mais aussi avoir un plan quand la route est inaccessible comme présentement. »

— Une citation de  Gaétan Lelièvre, ancien député de Gaspé et consultant en développement régional

Il déplore que l’option d’une route de contournement par les chemins forestiers n’ait pas été mise en place par le ministère des Transports.

M. Lelièvre craint qu’avec les changements climatiques ce secteur de la Gaspésie devienne de plus en plus touché par de tels événements.

On parlait d’événements qui arrivaient tous les 20 ou 30 ans. Maintenant, c’est rendu qu'ils se produisent aux cinq ans maximum, quand ce n’est pas avant. Ce n’est plus un risque à moyen ou à long terme, c’est devenu un [problème] courant, déplore-t-il.

La route 132 rongée par l'érosion.

La circulation se fera en alternance pour une période indéterminée.

Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin

C’est une autre tuile qui s’abat sur la région et ses habitants, alors que ceux-ci font déjà face à un manque flagrant d’options de transport, selon lui.

On tente de développer la Gaspésie pendant les quatre saisons malgré des [problèmes] de transport routier qui s'ajoutent aux [problèmes] du transport ferroviaire et aérien, qui ne se règlent pas.

« Malheureusement, on peut se demander si nos décideurs veulent que la Gaspésie soit non seulement une région éloignée, mais aussi une région isolée. »

— Une citation de  Gaétan Lelièvre, ancien député de Gaspé et consultant en développement régional

Vision et volonté

Pour pallier à court terme l’enclavement de la Gaspésie lorsque la route 132 est impraticable, Gaétan Lelièvre propose à nouveau un projet d’aménagement de voies secondaires permettant une circulation en cas d’urgence.

À long terme, il appelle le ministère des Transports à considérer d’autres options qu’une route construite sur le bord de l’eau et qui est à la merci des éléments à chaque saison hivernale.

Gaétan Lelièvre déplore d’ailleurs que Québec prévoie investir autant dans de grands projets d’infrastructures, comme le troisième lien à Québec, alors que les infrastructures actuelles de la Gaspésie ne sont plus adaptées aux conditions météorologiques.

Ça prend une volonté et une vision pour les régions, défend-il.

« Si on n’a pas de moyens de transport efficaces, comment développer une région? Comment amener de jeunes familles? Comment garder nos professionnels? Comment développer notre tourisme hivernal? »

— Une citation de  Gaétan Lelièvre, ancien député de Gaspé et consultant en développement régional

Le transport en région éloignée doit constituer une priorité pour les élus, résume-t-il.

Avec les informations de Marguerite Morin

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