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Décès liés à la COVID-19 : un deuil difficile pour les proches

Une femme dans un parc tient dans ses mains un ornement de Noël représentant une colombe.

Doris Wai a perdu sa grand-mère en décembre 2020 des suites de la COVID-19. Pour lui rendre hommage, elle a conçu un ornement de Noël en forme de colombe et sur lequel on peut lire « grand-maman ».

Photo : Radio-Canada / Stella Dupuy

En Ontario, plus de 10 000 personnes sont mortes des suites de la COVID-19. Et derrière ces statistiques, il y a de nombreux proches endeuillés, qui tentent depuis plusieurs mois de faire la paix avec la perte de leur être cher. Un processus qui n’est pas toujours facile.

Dènik Dorval a perdu son grand-père, emporté par la COVID-19 au mois de février. Roland Dorval s’est éteint au foyer de soins de longue durée Extendicare de Kapuskasing, qui était alors aux prises avec une éclosion de coronavirus.

« Mon grand-père, c'était un homme rempli d'amour. Il n’avait pas beaucoup de mots, mais quand il regardait ses petits-enfants et sa famille, il avait énormément de fierté. C’était un homme rassembleur. »

— Une citation de  Dènik Dorval, qui a perdu son grand-père

Il aimait chanter des chansons pour ceux qu'il aimait, des chansons qu'il avait ramenées de Lévis quand il était venu en train pour bûcher du bois ici, dans le Nord de l'Ontario, se remémore Dènik Dorval.

Trois personnes sourient à la caméra.

Roland Dorval est décédé au foyer Extendicare Kapuskasing le 3 février 2021 de la COVID-19. Sur la photo, son petit-fils Dènik Dorval et la femme de ce dernier, Brianne, l'accompagnent.

Photo : Dènik Dorval

Atteint du coronavirus, son grand-père a connu des derniers jours difficiles. On essayait de l'appeler, mais il ne répondait pas. On allait le voir à sa fenêtre, mais ça paraissait qu’il ne se sentait pas bien, explique son petit-fils. Le 3 février, le patriarche a finalement rendu l’âme à l’âge de 83 ans. Sa famille s’est alors réunie dehors à sa fenêtre, faute de pouvoir entrer dans sa chambre, un moment bizarre et pas plaisant.

Ce n’est que six mois plus tard que la famille a pu se réunir pour des funérailles et que Dènik Dorval a pu faire son deuil. Il fallait qu’on se rassemble pour lui donner un au revoir plus officiel. C'était important qu'on soit toute la famille ensemble. Mais je pense que la manière dont il est parti va toujours être quelque chose qui va être difficile à digérer. Certains membres de ma famille ont trouvé ça plus difficile.

Un deuil communautaire

Près du quart des résidents du foyer Extendicare ont perdu la vie à Kapuskasing au début de l'année. Un drame qui a ébranlé cette communauté très soudée, selon la mairesse de la municipalité voisine de Val Rita-Harty, Johanne Baril.

« C’est de la parenté, ce sont des amis, des voisins. Le deuil, vraiment, c’était un deuil communautaire. »

— Une citation de  Johanne Baril, mairesse de Val Rita-Harty

Selon la mairesse, de belles choses ont toutefois surgi de ces temps malheureux. Les gens ont eu des gestes de bienveillance et d'amour envers la communauté, affirme-t-elle.

Des mangeoires d'oiseaux sont posées près des fenêtres d'une résidence.

Pour embellir la vie des résidents du foyer Extendicare de Kapuskasing, aux prises avec une éclosion de COVID-19, des membres de la communauté ont décidé de mettre des mangeoires d'oiseaux près des fenêtres de la résidence.

Photo : Lynne Poirier

La mairesse voudrait peut-être un jour honorer les victimes, avec un monument ou encore une plantation d’arbres, mais elle croit qu’il est encore trop tôt, car les gens ne vivent pas le deuil de la même façon et que, pour plusieurs personnes, les souvenirs sont encore trop douloureux.

Transformer son deuil

Dans la région de Toronto, Wai Lo Lin est décédée en décembre dernier, elle aussi, dans un foyer de soins de longue durée, le centre Tendercare de Scarborough.

Elle a laissé dans le deuil ses 7 enfants, 20 petits-enfants et 16 arrière-petits-enfants. Elle était toujours très généreuse. Elle avait aussi un sacré sens de l'humour et l'esprit très vif, se souvient sa petite-fille, Doris Wai.

Une femme et sa grand-mère sourient à la caméra.

Doris Wai était proche de sa grand-mère, Wai Lo Lin, qui a été emportée par la COVID-19 en décembre.

Photo : Doris Wai

Dans les jours qui ont précédé la mort de sa grand-mère, Doris Wai a eu de la difficulté à joindre le personnel de sa résidence. Elle était triste et en colère. J’aurais aimé qu’il y ait une personne de notre famille pour lui tenir la main, dit-elle.

Mais les mois ont passé, et elle a trouvé une façon de canaliser sa tristesse.

« J'essaie de rediriger mon chagrin vers des réformes. »

— Une citation de  Doris Wai, qui a perdu sa grand-mère

En l’honneur de sa grand-mère, elle a conçu un ornement de Noël, qu’elle vend dorénavant dans le cadre de son travail. Et jusqu’à maintenant, elle a récolté plus de 800 $.

Une somme qu’elle compte verser à la Coalition ontarienne de la santé, un organisme qui cherche à protéger le système de santé public, car, selon elle, c’est ce que sa grand-mère aurait voulu.

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