•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Harcelés et agressés, des médecins du Manitoba sont prêts à démissionner

Un médecin qui porte un uniforme bleu. Son stéthoscope est dans son cou.

Selon un sondage de Doctors Manitoba, plus de la moitié de ses membres ont été victimes d’agressions verbales ou physiques au cours du dernier mois.

Photo : getty images/istockphoto / psphotograph

Radio-Canada

De nombreux rapports constatent une baisse de la confiance des patients dans leur relation avec les médecins, et la COVID-19 semble accentuer le phénomène. Dans des cas extrêmes, certains médecins signalent des cas de harcèlement et d’intimidation.

L’organisme Doctors Manitoba qui représente plus de 4000 médecins dans la province a révélé que plus de la moitié de ses membres ont été victimes d’agressions verbales ou physiques au cours du dernier mois. C’est ce qui ressort des résultats d’un sondage effectué auprès de ses membres et dévoilés récemment.

Parmi ces cas, la moitié serait reliée à la pandémie révèle le sondage.

Selon un article du journal Winnipeg Free Press, un médecin de la région sanitaire de Santé Sud a démissionné à la suite de ces menaces.

Dans la région sanitaire de Santé sud, les tensions sont vives, entre autres sur la question de la vaccination. Certains secteurs, comme la Municipalité rurale de Hanover, ou encore Altona ont un taux de vaccination de moins de 50 %. Dans la Municipalité rurale de Stanley, ce taux est à 22,7 %, selon des données de la province.

Audrey Gordon donne une conférence de presse

Audrey Gordon, ministre de la Santé du Manitoba (archives)

Photo : Radio-Canada

La ministre de la Santé, Audrey Gordon évoque la possibilité de poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs des menaces et de ceux qui font de l’intimidation.

Ces comportements sont inacceptables. Les médecins, ce sont eux qui doivent rester dans le système pour offrir les soins de santé, a lancé la ministre Gordon, exaspérée, dans un point de presse vendredi.

Particulièrement depuis le début de la pandémie, la docteure Véronique Demers, qui travaille à l'Hôpital Sainte-Anne, dans la localité du même nom confirme qu’il est parfois difficile de gérer les comportements de certains patients.

Je trouve ça difficile qu’un patient ne soit pas satisfait des soins qu’on lui donne. Depuis la COVID-19, beaucoup de patients sont stressés, exaspérés, et divisés. Ils ne savent pas quelles informations suivre. Je pense que cela a un impact sur la santé mentale de plusieurs professionnels, déclare-t-elle, en entrevue avec Radio-Canada.

Dre Véronique Demers,lors d'une entrevue en vidéoconférence, est assise sur un sofa noir.

La Dre Véronique Demers, qui travaille à l'Hôpital de Sainte-Anne

Photo : Google Meet / Capture d'écran

Ces actes d’intimidation se propagent souvent à travers les réseaux sociaux.

Le professeur en sociologie de l’Université de Saint-Boniface, Paul Brochu, déplore qu’il n’y ait plus de hiérarchie dans les opinions.

On en est à un point avec les réseaux sociaux ou l’opinion d’une personne, citoyen moyen, a la même valeur que celle d’un spécialiste ou d’un expert, ce qui est tout à fait aberrant.

Il ajoute que de nombreux rapports de la communauté scientifique concluent à une baisse significative de la confiance dans la relation entre le patient et les médecins.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et Anne-Louise Michel

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !