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Une ancienne professeure dénonce le climat malsain à l’Université de l’Î.-P.-É.

L'Université de l'Île-du-Prince-Édouard à Charlottetown.

L’ancienne professeure de l'UPEI dit aussi avoir subi des représailles de la part de l’université après avoir soutenu trois victimes de harcèlement sexuel sur le campus. (Archives)

Photo : CBC / Wayne Thibodeau

Radio-Canada

Une ancienne professeure de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard (UPEI), Kate Tilleczek, affirme que l’université aurait fait appel à des ententes de confidentialité pour faire taire des victimes de harcèlement sexuel, ce qui a créé « une culture du silence et de la peur » sur le campus.

Cette pratique aurait contribué à créer un milieu de travail toxique, selon elle.

Les ententes de confidentialité visent à garder secrètes certaines informations dans les cas de harcèlement sexuel, lorsque les victimes parviennent à un règlement avec leurs agresseurs.

Kate Tilleczek a quitté l'Université de l’Île-du-Prince-Édouard en 2018 et enseigne maintenant à l’Université York de Toronto.

Ce climat de travail malsain a été l’un des facteurs qui l’ont poussée à démissionner.

« Le silence et la complicité qui ont eu lieu, et qui ont peut-être encore lieu à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, doivent être dénoncés. »

— Une citation de  Kate Tilleczek, ancienne professeure à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard

L’ancienne professeure de l'Université de l’Île-du-Prince-Édouard dit aussi avoir subi des représailles de la part de l’université après avoir soutenu trois victimes de harcèlement sexuel sur le campus.

Selon elle, ces trois personnes auraient signé une entente de confidentialité avec l’établissement.

Kate Tilleczek a déclaré que les gestionnaires de l’université ont tenté à deux reprises de déplacer son laboratoire de recherche vers un sous-sol.

Selon elle, d’autres employées ont également été la cible de représailles de la part de l’administration de l’université.

L’une d’entre elles s’est vu refuser un congé sabbatique. Trois autres ont aussi quitté l’université à cause de ce type de représailles.

Une autre femme, qui préfère garder l’anonymat, a raconté à Canadian Broadcasting Corporation qu’elle a vécu elle-même un cas de harcèlement sexuel à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Craignant des ripostes, la victime n’a pas déposé de plainte officielle.

Selon elle, les accords de confidentialité sont utilisés pour faire taire les victimes de harcèlement et pour protéger les [employés] les plus haut placés.

Cette femme a ajouté que certains membres du personnel qui ont été victimes d’intimidation sur leur lieu de travail sont partis après avoir signé l’un de ces accords, parce qu’ils avaient besoin d’argent.

CBC a contacté plus de deux douzaines d’étudiants, de professeurs et de membres du personnel, anciens et actuels afin de clarifier la situation.

Certains d’entre eux ont confirmé être au courant des pratiques concernant les ententes de confidentialité à l'Université de l’Île-du-Prince-Édouard, d’autres l’ignoraient.

Parmi les personnes ayant eu connaissance des événements, un membre du personnel a déclaré avoir signé deux accords de non-divulgation.

Contactée à plusieurs reprises pour commenter l’affaire, l'Université de l’Île-du-Prince-Édouard n’a pas répondu aux demandes de renseignements de CBC sur l’utilisation des ententes de confidentialité.

Des ententes de confidentialité précédentes

En 2013, l’université a reconnu avoir conclu des ententes avec deux employés qui avaient déposé des plaintes pour harcèlement sexuel auprès de la Commission des droits de la personne de l’Île-du-Prince-Édouard.

Ces plaintes portaient sur la conduite du président de l’université, Alaa Abd-el-Aziz, qui occupe ce poste depuis 2010.

Un projet de loi provincial sur les ententes de confidentialité dans les cas de harcèlement sexuel a été approuvé en novembre dernier.

Le texte législatif prendra force de loi en mai prochain.

La plupart des clauses du document ne concernent que les ententes de confidentialité futures.

Néanmoins, le texte législatif garantit aussi que les personnes qui ont signé un accord dans des cas de harcèlement ou de discrimination dans le passé seront en mesure de parler de leurs expériences avec des professionnels de la santé, des agents des forces de l’ordre et des employeurs potentiels.

Avec des informations de Kerry Campbell, de CBC

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