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Joe Biden prépare des « initiatives » pour défendre l’Ukraine en cas d’invasion

 Un soldat ukrainien dans une tranchée

Un soldat ukrainien sur la ligne de démarcation avec les rebelles prorusses, près de Donetsk

Photo : AP

Agence France-Presse

Joe Biden a fait monter d'un cran la pression sur la Russie vendredi en disant préparer des « initiatives » pour défendre l'Ukraine en cas d'invasion, avant un échange avec son homologue Vladimir Poutine prévu dans les prochains jours.

Disant être en contact constant avec les alliés des États-Unis et les Ukrainiens, le président américain a déclaré depuis la Maison-Blanche : Je suis en train de préparer ce qui sera, je crois, l'ensemble d'initiatives le plus complet et le plus pertinent qui soit pour rendre très, très difficile à M. Poutine de faire ce que les gens craignent qu'il fasse.

Joe Biden, qui répondait à une question posée après une intervention consacrée à l'économie, n'a pas donné plus de détails.

La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki n'a guère été plus diserte lors de son point presse de routine, indiquant qu’il y a une série d'outils à notre disposition. Bien sûr, des sanctions économiques sont une option.

Elle n'a pas répondu à une question sur d'éventuelles actions militaires des Américains.

Selon le Washington Post, qui cite un haut responsable américain, sous condition d'anonymat, Moscou se prépare à lancer 100 bataillons composés de groupes tactiques avec un effectif estimé à 175 000 hommes, ainsi que des chars, de l'artillerie et autres équipements.

Interrogé par l'AFP, le Pentagone s'est refusé à commenter des informations concernant le renseignement, mais a indiqué être très préoccupé par les preuves faisant état de plans de la Russie en vue d'actions agressives contre l'Ukraine.

Nous continuons à soutenir la diminution des tensions dans la région et une solution diplomatique au conflit dans l'est de l'Ukraine, a affirmé le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Tony Semelroth.

Une rencontre Biden-Poutine

Le président américain et son homologue russe doivent prochainement échanger directement sur les tensions autour de l'Ukraine, sept ans après l'annexion russe de la Crimée et la prise de contrôle d'une partie de l'est de l'ancienne république soviétique par des forces séparatistes prorusses.

Mais la date et les modalités exactes de cette conversation ne sont pas connues.

Les deux hommes s'étaient vus en personne à Genève en juin dernier. Mais Joe Biden a depuis largement concentré ses efforts diplomatiques à la rivalité des États-Unis avec la Chine. Il a eu au total trois longs échanges avec le président Xi Jinping, dont une visioconférence de plusieurs heures le 15 novembre.

Nul doute qu'en massant des dizaines de milliers de soldats à la frontière ukrainienne, comme le lui reprochent Washington et Kiev, Vladimir Poutine a regagné l'attention de son homologue américain.

L’Ukraine et l’OTAN

Pour apaiser les tensions, Moscou réclame des garanties sécuritaires et notamment l'assurance que l'OTAN ne va pas continuer à s'étendre vers l'est, en particulier avec une adhésion de l'Ukraine.

Kiev de son côté refuse catégoriquement d'abandonner un tel projet d'adhésion, formellement sur la table depuis 2008, mais resté dans les limbes. Adhérer à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord signifierait que les autres pays de l'alliance, États-Unis en tête, seraient tenus d'intervenir militairement pour défendre l'Ukraine en cas d'agression.

L'exercice diplomatique est délicat pour Joe Biden.

Le démocrate se veut certes le porte-parole des démocraties face aux régimes autoritaires dans le monde. Il organise même la semaine prochaine un sommet des démocraties virtuel de deux jours, une initiative conspuée par la Chine et la Russie. Il veut également réparer les alliances traditionnelles des États-Unis mises à mal par son prédécesseur, Donald Trump.

Mais d'autre part, le président des États-Unis, qui a mis fin à 20 années d'intervention militaire en Afghanistan, ne veut plus engager de troupes américaines dans de grands conflits ouverts.

Et s'il n'est pas avare de déclarations fortes contre la Russie, et en particulier contre Vladimir Poutine, qu'il avait qualifié publiquement de tueur, Joe Biden peut aussi se montrer pragmatique. Il l'a montré par exemple en donnant son aval à un projet de gazoduc cher à Moscou, mais qui exaspère l'Ukraine.

Joe Biden ne cache pas non plus son impatience face aux problèmes de corruption et de gouvernance en Ukraine. Recevant début septembre le président ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, il lui avait promis de soutenir la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine face à l'agression russe, mais ne s'était guère avancé sur le sujet brûlant d'une adhésion à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord.

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