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Fermeture de l’épicerie de St-Isidore : le modèle coopératif comme solution de rechange? 

Une épicerie avec quelques voitures dans le stationnement.

La seule épicerie de St-Isidore fermera ses portes le 4 décembre prochain.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Ce samedi, l’épicerie Valu-Mart à St-Isidore, le seul marché d’alimentation du village, servira ses derniers clients. Cette histoire n’est pas sans rappeler celle vécue en 2012 par les résidents de Moonbeam, un village du nord de l’Ontario. 

« Le propriétaire de l’épicerie [L & E Léonard] nous a annoncé qu’il voulait fermer l’épicerie, parce qu’il n’était pas capable de trouver d’acheteurs », se souvient Jocelyne Filion qui demeure dans la localité de quelque 1 200 âmes. 

Selon cette dernière, la nouvelle a eu l’effet d'une bombe dans la population. 

On était vraiment en état de choc, parce qu’un village sans épicerie, c’est de voir son village mourir à petit feu. Tu perds ton épicerie. Ensuite, tu perds ton école, ton église, poursuit Jocelyne Filion. 

Une femme faisant son épicerie.

Jocelyne Filion, membre du conseil d’administration de la Coopérative régionale de Moonbeam, faisant son épicerie

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Dans ce coin de pays, où les hivers sont rigoureux, l’idée de parcourir plus d’une vingtaine de kilomètres pour se rendre à Kapuskasing, ville la plus proche ayant une épicerie, était loin d’enchanter les résidents de Moonbeam. 

L’hiver, la route [provinciale] 11 est souvent glissante. On a beaucoup de tempêtes. On a beaucoup de gros camions. Ce n’est pas évident. La route ferme souvent, explique Jocelyne Filion. 

L’idée de former une coopérative prend forme

Incapable d’envisager un tel scénario, la communauté s’est retroussée les manches sans perdre de temps. 

Le conseil municipal du Canton de Moonbeam a proposé l’idée de former une coopérative.

Une consultation publique a été lancée afin de sonder le pouls de la population, suivie ensuite d’une étude de faisabilité.

Ainsi est née la Coopérative régionale de Moonbeam en octobre 2012.

Vue extérieure d'une épicerie.

L’épicerie de la Coopérative régionale de Moonbeam dans le nord de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Il n’aura fallu que trois mois à ses membres pour réunir les fonds nécessaires à l'acquisition de l’épicerie en juin 2013.  

On voulait ramasser des fonds dans la communauté [pour acquérir l’épicerie]. Ça nous a pris trois mois, ce qui est vraiment rapide [...], raconte Jocelyne Filion qui fait aujourd’hui partie du conseil d’administration de la Coopérative.

Ingrédients essentiels à la réussite

Selon le directeur général du Conseil de la coopération de l'Ontario (CCO), Julien Geremie, trois conditions doivent être réunies pour assurer le succès d’une telle aventure. 

Entre autres, la coopérative doit développer des partenariats avec des organisations d’expertises diverses. 

L’adhésion de la Municipalité au projet est aussi un incontournable.  

C’est important que [les élus municipaux] soient au moins engagés […] pour dire oui, on reconnaît la valeur de cette entreprise que l’on cherche à maintenir dans la communauté [...]. Et ça, dans le cas de Moonbeam, ça été [exemplaire], indique Julien Geremie.

Dernière condition et non la moindre : l’engagement de la population.  

Pour Julien Geremie, c’est la clé du succès. 

« Ce qui est le plus important [...], ce sont des personnes dans la communauté qui se mobilisent et qui voient la valeur ajoutée de préserver le bien dans la communauté. [...] Aussitôt qu’on a ça, on est pas mal invincibles », ajoute le directeur général de la Conseil de la coopération de l'Ontario

Entre-temps, à St-Isidore...

Contrairement à Moonbeam, où l’ancien propriétaire de l’épicerie a continué d'exploiter son commerce jusqu’à sa vente, les résidents de St-Isidore devront composer avec une rupture de service. 

Les propriétaires du Valu-Mart, Lyne et Jacques Roy, qui prennent leur retraite après une trentaine d’années en affaires, ont tenté de vendre leur commerce au cours des dernières années, sans succès.

Bien au fait du dossier, le gestionnaire du développement économique et touristique de la Municipalité de La Nation, Benjamin Bercier, demeure confiant que les choses vont bientôt bouger. 

Il y a des offres d’achat [pour la bâtisse qui abrite l’épicerie] et des discussions qui sont en cours. [...] On a un bon degré d’intérêt du secteur privé, confie-t-il.  

Un homme devant un mur indiquant Municipalité de La Nation.

Benjamin Bercier est gestionnaire du développement économique et touristique de la Municipalité de La Nation.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Tout en mentionnant que la création d’une coopérative peut être une solution, Benjamin Bercier signale que tous les scénarios demeurent sur la table pour l’instant.  

Est-ce qu’on attend quelques semaines pour voir ce qui se passe? Est-ce qu’on intervient maintenant? On continue à avoir les oreilles grandes ouvertes et à interagir avec tout le monde, résume-t-il.

Entre-temps, la Coopérative régionale de Moonbeam continue de surfer sur son succès. 

Un projet excitant est actuellement en cours, laisse savoir Jocelyne Filion. 

On prévoit en parler avec nos membres après les fêtes. Vous n’avez pas fini d'entendre parler de [notre] coopérative [...]. C’est vraiment un beau projet, conclut-elle sans vendre la mèche. 

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