•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les délégués de l’Alberta qui iront au Vatican s’attendent à des excuses

Angelina Crerar en conférence de presse.

Angelina Crerar est une gardienne du savoir et une aînée métisse de Grande Prairie. Pendant plus de 40 ans, elle a fait du bénévolat auprès de 14 groupes communautaires, dont le Conseil régional national des Métis de l'Alberta. C'est une survivante des pensionnats.

Photo : Radio-Canada

Deux délégués albertains qui iront au Vatican rencontrer le pape François en décembre espèrent qu'il s'excusera pour les sévices subis dans le système de pensionnats pour Autochtones.

Angelina Crerar et Gary Gagnon, deux des trois délégués albertains qui rencontreront le pape François au sujet du rôle que l'Église catholique a joué dans le système des pensionnats pour Autochtones, ont été présentés jeudi. Ils ont exprimé leurs attentes face à la rencontre à venir.

« C’est quelque chose que nous attendons depuis 150 ans. »

— Une citation de  Angelina Crerar

Je ne peux pas dire assez fort combien il est important pour nous que le pape nous parle, qu'il me reconnaisse, lance Angelina Crerar, lors de la conférence de presse.

Les mots tant attendus

Gary Gagnon souhaite que le pape prononce les mots : Nous sommes désolés, des mots attendus depuis longtemps .

Ces mots sont assez simples sur papier ou faciles à écrire, mais ils sont difficiles à dire, parfois, dit-il. Mais je pense que c'est notre objectif.

Pour guérir, que ce soit dans un mariage ou dans une relation, il suffit qu'une personne dise qu'elle est désolée, ajoute-t-il.

Gary Gagnon en conférence de presse.

Gary Gagnon est un Métis de Saint-Albert. Depuis plus de 20 ans, il travaille au Conseil scolaire public d’Edmonton dans le cadre du programme Indigenous Learning Services, en tant que facilitateur culturel.

Photo : Radio-Canada

Gary Gagnon est heureux d’avoir l'occasion de faire ce pèlerinage.

Et il y a une raison pour laquelle nous y allons [...] Je crois que Dieu a choisi les personnes les plus humbles, les enfants, pour réveiller la nation, et nous essayons de donner une voix à ceux qui n’en ont pas en allant là-bas, affirme-t-il, faisant référence aux tombes anonymes découvertes sur les sites d’anciens pensionnats.

Nerveux à l’idée de représenter sa communauté devant le pape, il espère bien pouvoir passer son message dans le peu de temps qu’il aura.

Les Métis ont toujours eu une bonne relation avec l’Église, rappelle toutefois Gary Gagnon. Selon lui, il faut blâmer les individus et non l'institution pour les horreurs du passé.

Le troisième délégué ne pouvait pas être présent lors de la conférence de presse. Wilton Littlechild, le chef de la Première Nation Ermineskin, est un ancien grand chef des nations du Traité n° 6 et un ancien commissaire de la Commission de vérité et réconciliation (Nouvelle fenêtre). Il a travaillé avec les Nations unies pendant plus de 40 ans pour défendre les peuples autochtones. C'est aussi un survivant des pensionnats.

Des évêques partagent l'espoir des délégués

De son côté, Richard Smith, archevêque d'Edmonton, affirme que le temps réservé par le pape pour rencontrer les délégués est extraordinaire et démontre à quel point ce dernier prend la situation au sérieux.

Il est rare qu'un chef d'État puisse obtenir une heure avec lui, confie-t-il. Et, maintenant, il prend une heure pour trois rencontres et une autre heure pour tout le monde ensemble, ajoute-t-il.

Selon lui, le pape est impatient d’entendre leurs histoires de réconciliation et de force .

William McGrattan, évêque de Calgary, indique que les évêques canadiens ont réalisé à quel point ce chemin de réconciliation et de guérison était très important pour les Premières Nations ou les Métis et les Inuit et qu’il faut s'assurer d'être sur la voie de la réconciliation .

Il rappelle que les évêques canadiens ont présenté des excuses en septembre et espère que ce geste incitera le pape à faire de même. J’espère qu’il va répondre à l’appel, dit-il.

Les deux évêques ont participé à l’organisation de la rencontre avec le pape et se rendront aussi au Vatican.

De 25 à 30 aînés, gardiens du savoir, survivants des pensionnats et jeunes des Premières Nations, des Inuit et des Métis rencontreront le pape en décembre prochain, accompagnés d'un petit groupe d'évêques canadiens. Les délégations des Premières Nations, des Métis et des Inuit rencontreront le pape séparément du 17 au 20 décembre.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !