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Direction et syndicat s’opposent sur des suppressions de postes de professeurs à l'UQO

L'Université du Québec en Outaouais l'hiver.

L’Université du Québec en Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada / Jérémie Bergeron

Radio-Canada

La perspective de voir des postes de professeurs supprimés est dénoncée par le Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). La direction justifie cette décision par la baisse des inscriptions.

C’est un calcul comptable, dénonce le président par intérim du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais, Vincent Boutonnet, en entrevue à l'émission Les matins d'ici.

Jeudi, le syndicat a publié un communiqué de presse pour s'opposer à une recommandation du vice-recteur à l’enseignement et à la réussite de l’Université du Québec en Outaouais, faite le 11 novembre, de supprimer trois postes dans le corps professoral.

L'institution explique cette décision par la baisse des inscriptions, qui se traduit par une diminution des revenus pour l’université.

Les professeurs souhaiteraient qu’on maintienne le nombre de postes [...], ils souhaiteraient qu’on n’applique pas la convention collective. Mais c’est un exercice qui est fait annuellement, basé sur la moyenne des trois dernières années. [...] On est toujours financé sur l’effectif réel et non pas sur une moyenne de trois ans, donc parfois, c’est plus difficile financièrement pour nous de supporter, a défendu Murielle Laberge, rectrice de l'Université du Québec en Outaouais, en entrevue à l'émission Sur le vif.

« Je comprends que c’est difficile, mais on ne fait qu’appliquer la convention collective. On a des administrateurs qui doivent prendre une décision [...]. On ne sait pas ce qui va arriver l’an prochain. »

— Une citation de  Murielle Laberge, rectrice de l'Université du Québec en Outaouais

Bien que le syndicat soit bien au fait de cette réalité, il estime que réduire les dépenses dans les ressources humaines n’est pas une solution.

« La seule solution qui est sur la table, c’est d’aller réduire la masse salariale et aucun autre scénario n'est proposé. »

— Une citation de  Vincent Boutonnet, président par intérim du Syndicat des professeures et professeurs de l’Université du Québec en Outaouais

Les professeurs ont consenti à des adaptations de leurs conditions de travail et on a collaboré pour trouver des stratégies, dit M. Boutonnet.

Peu de marge de manœuvre, dit la rectrice

Mais selon Mme Laberge, les solutions ne sont pas si nombreuses.

Selon elle, 70 à 72 % du budget de l'Université du Québec en Outaouais est consacré à la masse salariale et l'université doit faire face à une hausse de plusieurs de ses coûts fixes, dont les assurances pour se protéger des cyberattaques qui ont plus que triplé, dit-elle.

Il reste très peu de marge de manœuvre pour faire des coupures, assure la rectrice, expliquant également que, malgré les suppressions proposées, les effectifs du corps professoral ont augmenté ces dernières années, passant de 217, en 2013-2014, à 251 postes, actuellement.

Les postes qui seront supprimés n'entraîneront pas de mise à pied, ajoute-t-elle. Cela touchera plutôt des contrats non renouvelés à leur terme ou des postes actuellement vacants. Mais du côté syndical, on craint que cela n'entraîne une surcharge de travail pour le reste des professeurs.

Décision lundi

Le syndicat dit avoir proposé de faire marche arrière et de remettre des cours en présentiel au format virtuel. On est une des rares universités au Québec à avoir repris presque tous nos cours en présentiel, cet automne, et je crois que ça déplaît peut-être à certains étudiants, explique M. Boutonnet.

Il aimerait que l’université se laisse le temps de mettre en place certaines solutions avant de faire des coupures dans le corps professoral.

Mais du côté de la direction, on assure avoir déjà prévu plusieurs stratégies pour attirer davantage d'élèves, dont la solution de proposer des cours virtuels.

Un sondage a été mené auprès des étudiants qui ont indiqué vouloir plus de flexibilité, dit la rectrice. Cet hiver, quelques cours seront donc offerts à distance, et l'université ajoutera 34 bourses dans des secteurs ciblés, explique Mme Laberge.

Une femme en entrevue via visioconférence.

Murielle Laberge, rectrice de l'Université du Québec en Outaouais (archives)

Photo : Radio-Canada

Elle espère également que l'Université du Québec en Outaouais pourra bénéficier des fonds annoncés par Québec dans le cadre de son Opération main-d'œuvre, présentée mardi.

Ce sont des secteurs où on est présents, où on a des programmes, comme les sciences infirmières, la psychologie, le travail social, le génie, la technologie de l’information, l’éducation… Donc on espère que ça aussi, ça va faire en sorte que les étudiants vont venir.

Une rencontre a déjà eu lieu entre le syndicat et la direction sur cette question, mais celle-ci n'a rien donné, selon le président par intérim du syndicat. La rectrice assure toutefois que sa porte est ouverte et qu'elle est prête à écouter des solutions.

Le conseil d’administration doit prendre une décision lundi par rapport à ces suppressions de postes.

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