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Un traitement prometteur pour combattre le cancer développé à Sherbrooke

Une femme devant un cyclotron.

La professeure-chercheure Brigitte Guérin du Centre de recherche du CHUS (CRCHUS) et de l’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS) devant le cyclotron servant à produire l'agent chimioradiothérapeutique.

Photo : Radio-Canada / René-Charles Quirion

Combiner en un seul médicament deux traitements contre le cancer et les rendre ainsi encore plus efficaces : c'est le mandat que s’est donné une équipe de recherche sur le cancer à Sherbrooke.

Ça pourrait être très prometteur, explique la professeure-chercheuse Brigitte Guérin, du Centre de recherche du CHUS (CRCHUS) et de l’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS).

Ce protocole de recherche préclinique vise à combiner la chimiothérapie et la radiothérapie, les deux approches les plus efficaces dans le traitement des cancers.

On vise à combiner un agent de chimiothérapie avec une radiothérapie en une seule molécule. Nous avons un agent, qui est un dérivé de platine, et qui est utilisé en radiothérapie conventionnelle pour traiter les patients atteints de cancer. On le combine avec un radioisotope produit à l'aide de l'un de nos cyclotrons, explique Brigitte Guérin.

Le nouveau médicament contient un agent chimioradiothérapeutique à base de platine et de cuivre-64.

Il a des propriétés spéciales pour faire de l'imagerie, soit pour faire des suivis au traitement, et à dose plus élevée, il est aussi utilisé comme agent radiothérapeutique, précise la Dre Guérin.

Il permet également de s'attaquer aux cellules cancéreuses en continu, et ainsi, de réduire le nombre d’interventions auprès des patients.

« Nous limitons le nombre d’interventions possibles. Un seul traitement est nécessaire. Nous visons aussi avec cette nouvelle classe de médicament à réduire les effets secondaires reliés à la chimio et à la radiothérapie utilisées de façon séparée. »

— Une citation de  Dre Brigitte Guérin, professeure-chercheuse du CRCHUS et de IRCUS

Par ailleurs, la chercheuse soutient que le nouveau médicament a un potentiel d'agir beaucoup plus efficace, car il entraîne une destruction plus grande de l'ADN -la recette- de la tumeur.

Les doses utilisées sont vraiment infinies par rapport aux doses utilisées pour un traitement de chimiothérapie et de radiothérapie. Nous allons vers les cellules cancéreuses sans endommager les cellules saines. Le nouveau composé à six fois plus d'affinité pour les cellules cancéreuses que les cellules saines, explique la chercheuse.

Un laboratoire.

Une partie de l'équipe du centre de recherche du CHUS (CRCHUS) et de l’Institut de recherche sur le cancer de l’Université de Sherbrooke (IRCUS).

Photo : Radio-Canada / René-Charles Quirion

Selon les premiers résultats publiés, ce nouveau traitement est 55 000 fois plus efficace que la chimiothérapie seule, et 8 fois plus efficace que la combinaison radiothérapie et chimiothérapie lorsqu'elle est donnée de façon séparée, comme c'est présentement le cas.

Seul bémol : les patients devront patienter, car ce n’est pas avant au moins une décennie que les résultats de ces recherches pourraient être appliqués chez des patients atteints d’un cancer.

Les modèles utilisés concernent les cancers colorectaux. Mais la chimiothérapie et la radiothérapie sont utilisées dans le traitement de plusieurs types de cancers. On prévoit faire plusieurs études pour démontrer que cette approche de deux médicaments combinés pourrait être utilisée sur plusieurs types de cancer. Il faudra le démonter un type de cancer à la fois, nuance la Dre Brigitte Guérin.

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