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Le gouvernement albertain nie avoir congédié injustement une ex-employée

Vue de l'assemblée législative de l'Alberta, située à Edmonton, en hiver.

La plaignante allègue que le gouvernement albertain l'a congédiée en représailles de ses dénonciations de comportements injustes.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Dans sa défense déposée en cour, le gouvernement de Jason Kenney nie presque toutes les allégations contenues dans la poursuite de son ex-employée Ariella Kimmel. Celle-ci poursuit le gouvernement albertain pour congédiement injuste.

Ariella Kimmel affirme avoir dénoncé à plusieurs reprises et en vain des comportements inappropriés dont elle a été témoin au gouvernement, notamment du harcèlement sexuel envers une de ses employées.

En février 2021, le gouvernement albertain l’a renvoyée de son poste de chef de cabinet du ministre de l’Emploi, de l’Économie et de l’Innovation, Doug Schweitzer.

Dans sa défense, le gouvernement albertain réfute la majorité des allégations d’Ariella Kimmel, notamment qu’elle a été congédiée en représailles de ses dénonciations. CBC a obtenu une copie de ce document.

Aucune de ces allégations n’a été prouvée en cour.

Le gouvernement affirme également qu’il a répondu de manière appropriée aux plaintes de harcèlement sexuel qu’il a reçues. Il reconnaît que certaines personnes clés du gouvernement étaient au courant des dénonciations d’Ariella Kimmel, mais nie que celles-ci ont été ignorées.

Nous ne pouvions pas discuter avec la plaignante des détails des enjeux soulevés par d’autres personnes, car ils comprenaient des informations personnelles, affirme le document de défense.

Le gouvernement assure également qu’une politique de harcèlement sexuel était en place pendant toute la durée d’emploi de la plaignante. Il ajoute qu’en septembre 2020, tous les employés des ministères et du bureau du premier ministre ont été avisés qu’ils devraient suivre une formation en ligne sur le respect au travail.

Depuis la poursuite d’Ariella Kimmel, le bureau du premier ministre a embauché l’avocate Jamie Pytel pour réviser sa politique en matière de ressources humaines pour son personnel politique.

Doug Schweitzer conteste la défense du gouvernement

Le ministre Doug Schweitzer affirme toutefois qu'il manque manque des éléments de contexte cruciaux à la défense du gouvernement.

La défense allègue que le gouvernement a mis fin au contrat de travail d’Ariella Kimmel, car Doug Schweitzer souhaitait retrouver son ancien chef de cabinet et qu’il n’y avait pas d’autre poste disponible pour elle au gouvernement.

Un homme en costume cravate parle au podium devant une rangée de drapeaux de l'Alberta et du Canada.

Après avoir été ministre de la Justice de l'Alberta, Doug Schweitzer a changé de portefeuille en août 2020.

Photo : Radio-Canada

Dans un courriel à CBC, Doug Schweitzer explique qu’il a bel et bien fait cette requête lorsqu’il est devenu ministre de l’Emploi, de l’Économie et de l’Innovation, en août 2020.

Le bureau du premier ministre lui aurait alors assuré qu’il pourrait retrouver son chef de cabinet précédent lors du prochain remaniement de personnel, quelques mois plus tard.

« J’ai cru qu’Ariella Kimmel serait mutée à un autre bureau de l'Assemblée législative durant ce remaniement. Pour être clair, je n’ai jamais demandé au bureau du premier ministre de la renvoyer. »

— Une citation de  Doug Schweitzer, ministre de l'Emploi, de l'Économie et de l'Innovation

Bien que les ministres se fassent demander leur avis, les décisions sur l’embauche de personnel dans les ministères sont prises par l’équipe de ressources humaines du premier ministre, ajoute Doug Schweitzer.

Le gouvernement réplique avec ses propres allégations

La défense affirme pour sa part qu’Ariella Kimmel a été mise en garde pour son comportement non professionnel, alléguant qu’elle aurait critiqué et répandu des rumeurs ciblant ses collègues et ses supérieurs. Ariella Kimmel aurait continué ces comportements malgré cet avertissement.

Selon l’avocate de la plaignante, Kathryn Marshall, il s’agit là d’un exemple des représailles que sa cliente subit de la part du gouvernement albertain.

C’est l’une des principales raisons pour lesquelles beaucoup de personnes ne tirent pas la sonnette d’alarme et ne dénoncent pas des comportements inappropriés au travail. Ils ne veulent pas faire l’objet d’une campagne de dénigrement, déplore-t-elle.

Le ministre Doug Schweitzer affirme n’être au courant d’aucune des allégations du gouvernement envers son ex-employée.

Le bureau du premier ministre demande à la cour de rejeter la poursuite d'Ariella Kimmel.

L’avocate Kathryn Marshall affirme qu’elle soumettra une réplique à la défense du gouvernement, après quoi des témoins seront cités à comparaître.

J’ai hâte de contre-interroger le premier ministre Jason Kenney, dit-elle.

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