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Crise au SPVQ : une quatrième vidéo fait surface

Une capture d'écran de la vidéo montrant un homme être violemment projeté contre un mur par un agent.

Une capture d'écran de la vidéo montrant un homme être violemment projeté contre un mur par un agent.

Photo : Gracieuseté

Un couple de Québec a eu maille à partir avec des policiers du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) le 16 octobre dernier au District Saint-Joseph. La vidéo des événements, où l'on voit un homme être violemment projeté contre un mur par un agent, s'ajoute aux trois autres interventions de l'escouade GRIPP qui font déjà l'objet d'une enquête interne.

Radio-Canada a pu visionner la vidéo de l'intervention d'abord signalée par Le Journal de Québec, jeudi.

On y voit trois policiers intervenir auprès d'un homme dans un corridor menant aux toilettes du District Saint-Joseph, un restaurant-bar du quartier Saint-Roch.

À un certain moment, l'un des agents a violemment poussé l'individu contre un mur, sur lequel il s'est frappé la tête avant d'être menotté. La personne maîtrisée, qui peinait à se tenir debout, a ensuite été transportée à l'extérieur par les policiers, qui lui ont remis un constat d'infraction pour s'être comportée de façon à troubler la paix.

Une capture d'écran de la vidéo montrant un homme être violemment projeté contre un mur par un agent.

Le service des communications du Service de police de la Ville de Québec a corroboré l'existence de cette nouvelle vidéo embarrassante et a précisé qu'elle faisait désormais partie de l'enquête globale amorcée à l'interne cette semaine.

Un porte-parole a aussi confirmé qu'un des agents participant à l'intervention du 16 octobre au District Saint-Joseph est l'un des policiers déjà suspendus après les interventions musclées de la fin de semaine dernière, à la source de cette véritable crise qui secoue le corps de police de la capitale.

Au total, quatre vidéos de quatre interventions distinctes impliquant l'escouade GRIPP du Service de police de la Ville de Québec ont été médiatisées depuis samedi dernier.

Commotion cérébrale

L'homme poussé contre le mur durant l'intervention policière au District Saint-Joseph a subi une commotion cérébrale, selon sa conjointe. Il est suivi pour ça, depuis ce temps-là. Ça a causé des étourdissements, des maux de tête, des difficultés à la conduite et avec les éclairages trop prononcés, a-t-elle raconté sous le couvert de l'anonymat.

Ce soir-là, la femme de 41 ans et son compagnon de 36 ans, deux professionnels, profitaient d'une soirée festive sur la rue Saint-Joseph. Parents de deux enfants, ils avaient assisté à un spectacle avant de poursuivre la soirée au District. Les beaux-parents gardaient à la maison, c'était festif.

Peu avant minuit, l'escouade GRIPP a fait irruption dans le restaurant-bar, possiblement parce que des personnes dansaient sur la scène, ce qui était interdit en vertu des mesures sanitaires.

Une capture d'écran montrant l'homme immobilisé par terre lors d'une intervention musclée le 16 octobre dernier.

Une capture d'écran montre l'homme immobilisé par terre lors d'une intervention musclée le 16 octobre dernier.

Photo : Gracieuseté

Selon le couple, un policier a alors demandé à l'homme de 36 ans de mettre son masque, ce qu'il aurait voulu faire. Le policier est arrivé en lui sommant de mettre son masque, mon conjoint avec la musique tentait de lui dire : "Oui, il est dans mon manteau", explique sa conjointe, qui n'a pas assisté à la scène.

Les policiers auraient alors avancé vers lui, le faisant reculer jusqu'au corridor des toilettes. C'est à ce moment qu'il aurait été poussé contre le mur. C'est tout ce dont mon conjoint se souvient. Il se souvient difficilement avant et après. Il n'est pas clairement capable de décrire les faits autant que les vidéos le font.

Quant à la jeune femme, c'est en sortant de la salle de bain qu'elle a constaté que son copain était au sol et pris en charge par trois agents du Service de police de la Ville de Québec. Elle déplore que les policiers aient préféré la force au dialogue dans les circonstances.

« Ça aurait été quoi s'ils pensaient qu'il avait une arme dans son manteau? »

— Une citation de  La conjointe de l'homme arrêté
Deux images de blessures : le crâne fendu et en sang ainsi que des ecchymoses sur une épaule.

L'homme aurait été blessé à la tête et aurait eu des ecchymoses au corps à la suite de l'intervention policière.

Photo : Gracieuseté

Il ne s'y attendait pas

Une fois maîtrisé, l'homme a été emmené à l'extérieur, tenu par les jambes et les bras par des agents. Il ne se tenait plus debout, explique la mère de famille. Il avait la tête entre les deux jambes et les poignets plus hauts que la tête.

Alain Marceau, gérant du District Saint-Joseph, était sur place dans l'établissement le soir de l'incident, mais dit ne pas avoir vu l'entièreté de la scène. Il a cependant aperçu l'homme être transporté à l'extérieur à l'horizontale par les policiers, visiblement amoché.

Ce n'est qu'en visionnant les caméras de surveillance, plus tard, qu'il a constaté que l'homme avait été violemment projeté contre un mur et que sa tête s'y était cognée avec force, croit M. Marceau. Ça a été une poussée sauvage, difficile ou dure. La personne n'était pas prête.

Aider l'enquête

Le couple visé dans cette affaire voulait au départ contester le constat d'infraction pour désordre remis à son conjoint. Des vidéos, dont celles des caméras du District Saint-Joseph, et des photos ont donc été colligées dans les jours qui ont suivi l'intervention.

La démarche a cependant été abandonnée. Mais en voyant les récents événements et les autres vidéos rendues publiques, le couple a décidé de collaborer pour mettre fin aux gestes de violence dont ils se disent témoins.

C'est vraiment pour appuyer. [...] J'ai tous les éléments pour aider l'enquête globale qui se met en branle contre les activités de brutalité policière de cette équipe-là, a dit la conjointe, en référence à l'escouade GRIPP, affectée notamment à la surveillance des bars de la ville.

Le tout a été remis au Service de police de la Ville de Québec qui se chargera d'évaluer les mesures à prendre par la suite. Le couple a depuis participé à une rencontre avec des enquêteurs de la police de Québec dans le cadre de l'enquête interne. Pour la conjointe de l'homme arrêté, le premier objectif des démarches est de retirer le pouvoir aux policiers qui abusent de la force dans l'exercice de leurs fonctions.

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