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Archives

Relier Québec et Lévis dans les années 1960

Maquette d'autoroute entre Québec et Lévis.

Caméra 69, 18 février 1969.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le projet de troisième lien entre les villes de Québec et de Lévis suscite la controverse. Alors que certains y voient une façon d’améliorer la fluidité du transport routier, d’autres jugent que l’idée vient saper les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre et ne réglera pas le problème de la congestion routière. Nos archives témoignent que le projet de troisième lien ne date pas d’hier dans la Vieille Capitale.

Dans les années soixante, le pont de Québec, inauguré en 1919, ne suffit déjà plus à soutenir la demande des automobilistes qui se font de plus en plus nombreux dans la région de Québec.

À l’émission Aujourd’hui du 11 octobre 1963, le journaliste Jean Ducharme s'entretient avec Eugène Langlois, président de la Chambre de commerce de Lévis et Édouard Roy, président du Comité des communications pour la même Chambre de commerce.

Aujourd’hui, 11 octobre 1963

Les deux hommes s’entendent pour dire qu’un lien direct entre Lévis et Québec est nécessaire pour améliorer la fluidité de la circulation.

Déjà en 1945, le maire de Québec, Lucien Borne, et le maire de Lévis, Adélard Bégin, exprimaient le même souhait.

Au cours de l’entrevue de 1963, Édouard Roy explique que des études ont été faites sur la question et que deux suggestions sont offertes.

« Celle qui retient l’attention du bureau de l’industrie du Québec métropolitain est de construire un tunnel sous le roc. Le tunnel traverserait une partie de la ville de Québec sous terre et serait doté d’une sortie au niveau de la rue de la Couronne et d’une entrée au niveau de la rue Dorchester.

L’autre projet est celui d’un pont-tunnel. Ce dernier partirait des côtes de Lévis et viendrait rejoindre Québec à flanc de falaise. Il se continuerait sous le roc pour aller déboucher dans la ville de Québec même. »

On estime à cette époque que la construction d’un tunnel sous le roc se situerait entre 32 et 34 millions de dollars tandis que le pont-tunnel coûterait aux alentours de 40 millions de dollars. Le projet de troisième lien dévoilé en mai 2021 s’étend sur 8,5 km de tunnel et son coût est estimé entre 7 et 10 milliards de dollars, selon le gouvernement.

Malheureusement pour les deux dirigeants de la Chambre de commerce de Lévis, le gouvernement de Jean Lesage prévoit plutôt construire un second pont en amont du pont de Québec.

Dans cette entrevue donnée au journaliste Jean Ducharme, le ministre de la Voirie et des Transports, Bernard Pinard, justifie la décision prise en juillet 1963.

Aujourd’hui, 11 octobre 1963

Le ministre sous Jean Lesage explique pourquoi son gouvernement a choisi de construire le pont Pierre Laporte, qui à l’époque devait se nommer pont Louis de Buade de Frontenac.

Des raisons financières et de facilité de connexion entre les rivages nord et sud l’ont incité à suivre cette voie. L’aménagement d'une route transcanadienne sur la rive sud était déjà en construction, ce qui a aussi pesé du côté de la construction d’un nouveau pont.

Mais le ministre Pinard précise également entendre la population qui réclame un lien direct entre Québec et Lévis depuis plusieurs années.

« J’aimerais ajouter que le gouvernement n’a jamais été contre un lien direct Lévis-Québec. Des études sont en cours. Elles sont poussées afin qu’une solution rapide soit donnée pour la réalisation d’un projet qui est caressé par la population des deux rives, depuis déjà fort longtemps. »

— Une citation de  Bernard Pinard, ministre de la Voirie et des Transports en 1963

Il explique également pourquoi la construction d'un nouveau pont en amont du pont actuel est préférable à l'agrandissement de l'ancien, une autre solution qui était envisagée à l’époque.

Le 18 février 1969 à Caméra 69, un reportage de Claude Jean Devirieux s’attarde aux problèmes de congestion routière à Québec et entre Québec et la banlieue de Lévis.

Caméra 69, 18 février 1969

Après 30 mois d’études, le rapport Vandry-Jobin sur les déplacements dans la région est rendu public. Le journaliste en dévoile les conclusions dans son reportage.

Le rapport recommande alors la construction d’un pont suspendu entre les deux villes. On prévoit alors que l’infrastructure serait achevée entre 1980 et 1990.

Le rapport Vandry-Jobin préconise la construction de cinq autoroutes ou voies rapides pour désengorger la vieille ville. On recommande également qu’un seul organisme chapeaute le transport en commun en procédant à la fusion des 10 compagnies existantes.

« Quand on l’a construit, bien sûr, on ne se doutait pas que la ville allait connaître un tel essor. Il y a bien la traverse de Lévis-Québec, c’est très poétique, très pittoresque. Elle fait la joie des touristes durant le Carnaval, mais on est bien obligé d’admettre que ce n’est ni pratique ni efficace. »

— Une citation de  Claude-Jean Devirieux, journaliste

Reflets d’un pays, 5 septembre 1977

Quelques années après le reportage de Claude Jean Devirieux, le 5 septembre 1977, la journaliste Christiane Suzor interroge des usagers du traversier entre Québec et Lévis pour l’émission Reflets d’un pays.

Si certains travailleurs choisissent la traverse pour des questions d’économie d’essence, d’autres apprécient la liberté que cela leur procure. Par exemple, pour prendre le temps de lire et d’admirer les bateaux sur le fleuve.

Même l’hiver, malgré le froid, les glaces sur le Saint-Laurent présentent un certain attrait pour les adeptes de ce moyen de transport.

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