•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Décès de Réjean Lamy, pionnier du hockey à Smooth Rock Falls

Deux hommes se regardent dans un vitrine.

Maurice Demeules en visite à Réjean Lamy en février dernier.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Réjean Lamy, qui a fondé l'aréna de Smooth Rock Falls et en a été le gérant de 1952 à 1992, s’est éteint mardi soir à l’âge de 96 ans.

Peut-être qu’au ciel, on pourra se revoir et je pourrai encore vous faire jouer au hockey et au curling. […] Ne me pleurez pas. Pensez plutôt aux bons moments que nous avons vécus ensemble, a écrit Réjean Lamy dans sa nécrologie, rédigée en 2008.

Réjean aiguisait les patins, faisait la glace et s'occupait de toute tâche connexe liée à la gestion de l’aréna qui porte son nom depuis 1999.

C’était un gros morceau pour la Ville de Smooth Rock Falls, raconte Simon Martel, qui venait d’apprendre la nouvelle. Un personnage important. On avait la réputation à Smooth Rock d’avoir la plus belle glace dans le Nord de l’Ontario.

L’hiver dernier, Patrick Roberts, conseiller municipal de Smooth Rock Falls, a mis en valeur l’outil qui permettait à Réjean de faire de si belle glace : une « homboni », un baril d’eau chaude qui agissait comme surfaceuse dans les années 50.

Un homme pose avec un homboni.

Après s'être établi à Smooth Rock Falls en 2018, Patrick Roberts a été fortement inspiré par l'histoire de Réjean Lamy. Nouvellement élu au conseil municipal, il tenait à l'honorer en reproduisant la fameuse « homboni ».

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Tel que Reg le souhaitait, plusieurs ont partagé leurs souvenirs de la légende de Smooth Rock. Au club de curling jeudi matin, les hommages étaient nombreux.

Armand Cousineau l’a bien connu alors qu’adolescent il pouvait entrer gratuitement aux parties de l’équipe de hockey junior A en échange d’un coup de pelle entre les périodes.

On était comme ses petits enfants. On arrivait ici et Reg était pareil comme mon père, dit Armand Cousineau. Si tu voulais savoir comment le faire, il te le montrait tout, en détail, comme faire la homboni, balayer les estrades, nettoyer les chambres.

Une photo d'archive de Réjean Lamy.

En 1949-1950, Réjean «Rocket» Lamy évoluait pour une équipe de Smooth Rock Falls nommé Élite Eskimos.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Il faut admettre qu’on a perdu une légende à Smooth Rock Falls. C’était une personne extrêmement dévouée. Il a travaillé 41 ans au moulin et l’hiver quand il finissait sa journée d’ouvrage, il changeait de vêtement et il s’en allait travailler à l’aréna, faire la glace, préparer la glace, passer la zamboni à la main, renchérit John Lemieux.

Un homme avec un chandail des Ak's.

En hommage à Réjean Lamy, Maurice Demeules sorti sa pelle et enfilé son chandail aux couleurs des AK's. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

L’implication de Réjean dans le hockey commence bien avant l’ouverture de l’aréna en 1952 aux dires de Maurice Demeules.

On avait un rond de glace [au même emplacement que l’aréna]. Il mettait du bois dans la fournaise dans la boîte de punition et il y avait une grosse fournaise où on s’habillait. Ses tâches étaient de nettoyer le rond aussi et ce n’était pas facile. Il prenait des chevaux avec une pelle en arrière.

Découvrir son père à 50 ans

Le lien qui soude le père et la fille sont dignes d’un film comme le décrit Réjean Lamy dans son autobiographie sur les maisons funéraires Génier Gauthier. (Nouvelle fenêtre)

1957 est une année terrible pour moi; (sic) ma femme me quitte, emportant avec elle ma seule fille, Nicole. Les 7 prochaines années sont absolument horribles pour moi, mais malgré tout ça, je ne manque pas une seule journée de travail.

En 2001, Nicole retrouve son père après 44 ans d’absence dans sa vie, comme elle l'a confié à l’émission Le matin du Nord.

Un homme parle au téléphone.

Réjean Lamy lors d'une de ses nombreuses discussions téléphoniques avec sa fille. ( archives)

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Ma mère a laissé Reg quand j’avais tout juste cinq ans. Mon beau-père a demandé pardon à Reg d’avoir pris sa femme 44 ans avant. Reg a dit: ''Le bon Dieu a dit qu’il faut que je te pardonne, mais je n’ai pas besoin d’être ton ami'' , se remémore-t-elle en s’esclaffant.

Il a demandé de me voir [...] et dans les derniers six ans je suis tombé en amour avec cet homme-là.

Se promener dans les rues de Smooth Rock Falls est toujours un privilège alors que Nicole découvre chaque fois de nouvelles parties de l’histoire de son paternel qui était un deuxième père pour plusieurs.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !