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Bracelet anti-rapprochement : un outil que La Séjournelle attendait

Le poing menaçant d'un homme devant la silhouette d'une femme.

Depuis 2018, le gouvernement de la CAQ a annoncé des investissements de plus de 500 M$ afin de lutter contre la violence conjugale et les féminicides (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

La Séjournelle de Shawinigan, une maison d’aide et d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale, salue l’initiative de Québec d’aller de l’avant avec l’implantation des bracelets anti-rapprochement. Le gouvernement Legault a fait l’annonce mercredi de cet outil de surveillance électronique qui vise à tenir les auteurs de violence conjugale éloignés de leur victime.

C’est une très bonne nouvelle. On l’attendait. On est très contentes que ce soit mis de l’avant, indique la directrice générale de La Séjournelle Denise Tremblay, en entrevue à l'émission Toujours le matin. Elle se réjouit également de l’échéancier de l’entrée en vigueur de la mesure. Le bracelet anti-rapprochement sera déployé progressivement au printemps prochain et son implantation devrait être terminée d’ici décembre 2023.

Ce qui était prévu, c’était cinq ans de mise en place de cette mesure et c’est revenu à deux ans. Ça, c’est une excellente nouvelle, indique-t-elle.

La problématique des milieux ruraux

La directrice générale de l’organisme de Shawinigan estime que le bracelet va représenter un filet de sécurité supplémentaire pour certaines femmes. Toutefois, elle croit que l’implantation devra s’accompagner d’autres mesures, notamment en raison de l’enjeu que posent les milieux ruraux.

Le bracelet anti-rapprochement est muni d’un dispositif de géolocalisation qui est connecté à un récepteur en possession de la victime. Un signal d’avertissement peut alerter les autorités au besoin, mais les délais d’intervention des policiers, qui ne sont pas les mêmes sur tous les territoires, sont à prendre en considération, selon Denise Tremblay. Le temps que les policiers puissent intervenir, ça peut prendre du temps en milieu rural, par exemple à Shawinigan où on a un grand territoire et je pense au territoire de Mékinac, explique-t-elle.

La directrice de La Séjournelle, Denise Tremblay

La directrice de La Séjournelle, Denise Tremblay

Photo : Radio-Canada

Elle croit que l’usage et l’évaluation qui sera faite de ce nouveau système mis en place par Québec permettront son amélioration.

Denise Tremblay souhaite que les victimes, qui recevront des alertes éventuellement, ne tombent pas dans l’hypervigilance, à surveiller constamment le dispositif. Ça veut dire que les victimes doivent aussi avoir des mesures de soutien, estime-t-elle.

Encadrer le non-respect des règles de libération conditionnelle

La directrice générale de La Séjournelle rappelle la volonté de son organisme de voir apparaître un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et de violence conjugale. Toutefois, elle considère que le bracelet anti-rapprochement est déjà un pas dans la bonne direction, autant pour les femmes victimes que les individus reconnus violents. C’est que le bracelet anti-rapprochement va permettre au conjoint dominant aussi de démontrer qu’il respecte ses conditions. Ça va dans les deux sens.

Denise Tremblay ajoute que le bracelet aidera sans doute à diminuer les violations des conditions de remise en liberté des individus, mais qu’il restera du travail à faire par le gouvernement. Il va falloir travailler là-dessus parce que ce qu’on a vu dans les cas de féminicides, c’est qu’il y avait eu des bris de conditions qui avaient été dénoncés, mais pas pris au sérieux, conclut-elle.

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