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L’Ordre de la rose blanche décerné à une passionnée des bioprocédés

« Il est essentiel, en tant qu’ingénieures, d'honorer ces étudiantes qui étaient à notre place avant nous », a déclaré Willow Dew, récipiendaire de la bourse de Polytechnique.

Willow Dew signe le livre de Polytechnique après avoir reçu son prix. À côté d'elle se trouve un bouquet de 14 roses blanches, qui symbolisent les 14 victimes de la tuerie de 1989.

Willow Dew est la récipiendaire de la septième édition de l'Ordre de la rose blanche décernée par Polytechnique Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C'est en plaidant pour une meilleure représentation des femmes en génie que Willow Dew, une étudiante qui place au cœur de son engagement la lutte contre les changements climatiques, s'est vu remettre l'Ordre de la rose blanche décerné par Polytechnique Montréal.

Le fait d’être femme ne nous empêche plus de devenir ingénieures, mais même 32 ans après la tragédie, il reste des barrières dans notre société qui, malheureusement, découragent ou même arrêtent certaines dans la poursuite de leur avenir en génie, a déclaré jeudi la jeune Albertaine, qui a également reçu une bourse de 30 000 $.

À l'époque de la tuerie de Polytechnique, dans laquelle 14 jeunes étudiantes ont perdu la vie, la mère de Willow, alors étudiante en génie chimique, a ressenti le choc de cette tragédie malgré la distance. Face à l'intolérance qui transpirait de cet acte funeste, elle a su faire preuve d'une incroyable résilience, a raconté Willow.

Sa persévérance m'a inspirée et m'a donné la force de poursuivre mes études en ingénierie, où j'ai pu m'immerger dans une culture transformée par une génération de femmes pionnières dans ce domaine, a-t-elle soutenu.

À son tour, Willow espère avoir, tout comme sa mère, la chance de faire avancer les choses en militant pour davantage d'inclusivité dans le domaine de l'ingénierie en défendant les intérêts des femmes.

« Trop longtemps, les voix des femmes ont été exclues et minimisées. »

— Une citation de  Willow Dew, récipiendaire de l'Ordre de la rose blanche

En dépit des inégalités qui perdurent encore à ce jour, j'encourage les jeunes femmes qui souhaitent devenir ingénieures à ne pas se laisser décourager par les pressions extérieures, a-t-elle poursuivi, les invitant à nourrir leur passion et à avoir confiance en elles.

Willow Dew, qui vient tout juste de terminer son baccalauréat en génie chimique à l'Université de l'Alberta, poursuit une maîtrise dans le domaine du génie biologique et chimique pour une bioéconomie durable en France.

Passionnée des bioprocédés et des bioproduits, qui sont appelés à jouer un rôle essentiel dans la transition énergétique et la lutte contre les changements climatiques, cette jeune étudiante de 23 ans s'est particulièrement illustrée en participant au projet ÉcoCar, dans le cadre duquel des étudiants développent des véhicules alimentés par des piles à hydrogène.

À la tête de cette équipe, Willow est arrivée à augmenter la participation des femmes de manière à assurer la parité.

Les femmes doivent faire partie de l'équation, sans quoi il sera impossible de faire face à des problèmes sociétaux complexes comme la lutte contre les changements climatiques, a-t-elle expliqué.

Nous ne pouvons continuer d'exclure les perspectives marginalisées, alors que nous travaillons à trouver des solutions qui touchent l'ensemble de la population, a plaidé Willow Dew.

Un bouquet de roses.

À l'occasion de la remise de la bourse, 14 roses blanches ont été rassemblées en bouquet, chacune en mémoire de l'une des victimes de la tuerie de 1989.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L'Ordre de la rose blanche, gardien de la mémoire

La rose blanche, symbole de la commémoration du drame survenu à Polytechnique le 6 décembre 1989, est remise chaque année depuis 2014 à de jeunes étudiantes en génie et en science qui se sont démarquées par leur engagement.

La cérémonie de l'Ordre de la rose blanche est l'occasion de rappeler la mémoire des femmes qui ont perdu la vie en 1989, et de rendre hommage aux blessés, aux familles des victimes, au personnel enseignant et aux étudiants qui se sont retrouvés malgré eux au cœur de cette tragédie.

Il est essentiel, en tant qu’ingénieures, d'honorer ces étudiantes qui étaient à notre place avant nous, a souligné Willow Dew.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann, a salué le parcours inspirant de l'étudiante, rappelant que le prix de la rose blanche était symbolique à bien des égards.

Il symbolise la contribution grandissante des femmes à la science et au génie, a-t-elle souligné.

L'Ordre de la rose blanche est le gardien de notre mémoire et maintient vivant le souvenir des femmes exceptionnelles qu'étaient mes compagnes de classe, a rappelé Nathalie Provost, ancienne étudiante en génie et survivante de la tuerie.

Nathalie Provost sourit, face à l'audience.

Nathalie Provost, l'une des survivantes de la tuerie de Polytechnique, s'est adressée à Willow Dew pour la féliciter de son parcours.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Cet hommage t’inscrit dans une communauté, a-t-elle dit à l'attention de Willow, la félicitant d'être une inspiration pour ses pairs. Cette communauté a commencé avec mes consœurs et moi ce soir tragique du 6 décembre. Nous n'étions pas seules ce soir-là : nous étions ensemble. Nous nous sommes tenu la main.

Ces mains sont désormais tendues aux femmes qui façonnent le monde de demain, a-t-elle ajouté en lui souriant. Tu es cette femme, cette année.

L'an dernier, Brielle Thorsen, une jeune Crie originaire de l'Alberta, s'était vu décerner la rose blanche pour ses efforts déployés afin d'intéresser d'autres femmes, notamment autochtones, au milieu du génie mécanique.

Chaque année, au début de décembre, des cérémonies ont lieu pour honorer la mémoire de Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte, Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay et Sonia Pelletier.

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