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Le salaire minimum va augmenter de 2 $ en 2022 au Nouveau-Brunswick

Deux hausses en six mois vont faire passer le salaire minimum de 11,75 $ à 13,75 $ l’heure.

Des pièces de monnaie à côté d'une calculatrice.

Le salaire minimum du Nouveau-Brunswick va augmenter de 2 $ l'heure au total en 2022.

Photo : Getty Images / Osarieme Eweka

Radio-Canada

Les travailleurs qui gagnent le salaire minimum au Nouveau-Brunswick le verront augmenter deux fois en 2022, annonce le gouvernement provincial.

En 2022, notre gouvernement augmentera le salaire minimum du Nouveau-Brunswick de 2 $ l’heure, a déclaré le ministre du Travail, Trevor Holder, durant une conférence de presse, jeudi matin.

Les travailleurs verront une première hausse de 1 $ l'heure entrer en vigueur le 1er avril et une autre du même ordre le 1er octobre, a précisé le ministre.

Le salaire minimum, qui se situe à 11,75 $ l’heure, passera donc à 12,75 $ le 1er avril, pour ensuite atteindre 13,75 $ le 1er octobre 2022.

Salaire minimum ou salaire suffisant?

Le gouvernement néo-brunswickois a estimé en octobre 2021 qu'environ 20 000 travailleurs gagnaient 11,75 $ l’heure, le salaire minimum le plus bas au Canada.

La hausse de 2 $ en 2022 serait la plus élevée en 40 ans au Nouveau-Brunswick, affirme le ministre Holder.

Ailleurs en Atlantique, l'Île-du-Prince-Édouard aura une rémunération minimum de 13,70 $ l’heure — en hausse de 0,70 $ — à compter d’avril. Le salaire minimum est actuellement de 12,95 $ en Nouvelle-Écosse et 12,75 $ à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le mois dernier, le Human Development Council, un groupe de recherche sur les questions sociales, avait déterminé que le salaire nécessaire pour qu’une personne subsiste (Nouvelle fenêtre) et puisse subvenir à ses besoins était : 21,20 $ l’heure à Fredericton; 19,75 $ l’heure à Saint-Jean; 18,65 $ l’heure à Moncton; et 17,50 $ l’heure à Bathurst.

Au Canada, l'inflation a grimpé de 4,7 % en octobre, faisant bondir les prix de la nourriture et de l’essence.

Depuis 2020, le Nouveau-Brunswick affiche aussi les plus fortes hausses de loyer au pays.

Où sont les congés de maladie payés, demande l'opposition

Montage de photos de Roger Melanson, David Coon et Kris Austin prises lors de mêlées de presse à l'Assemblée législative.

Les trois chefs des partis d'opposition. De gauche à droite : Roger Melanson du Parti libéral, David Coon du Parti vert et Kris Austin de l'Alliance des gens.

Photo : La Presse canadienne / James West (gauche, centre) / Stephen MacGillivray (droite)

Le chef intérimaire du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Roger Melanson, juge qu'on doit envisager un salaire de 15 $ l’heure et viser toujours plus haut.

Lorsque les employés sont mieux payés, mieux rémunérés, c’est motivant pour eux, c’est valorisant pour eux, mais c’est aussi d’augmenter leur capacité de dépenser dans notre économie. Et qui en bénéficie? C’est les petites et moyennes entreprises de la province, affirme M. Melanson.

En accord avec une hausse du salaire minimum, le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, rappelle néanmoins que le taux horaire ne s’approche même pas du salaire suffisant pour vivre.

Il aimerait que la province aille plus loin pour les travailleurs, avec des congés de maladie rémunérés, par exemple. La plupart des gens qui travaillent au salaire minimum ne sont pas syndiqués et il appartient aux élus de les soutenir, affirme le chef des verts.

David Coon a souligné que le Nouveau-Brunswick est le seul endroit au Canada où, lorsqu’un employé a fait des heures supplémentaires, on lui paye 1,5 fois le salaire minimum au lieu de lui payer 1,5 fois le salaire qu’il gagne par heure. C’est tout simplement absurde, a-t-il déclaré.

Le chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, Kris Austin, appuie complètement la hausse du salaire minimum annoncée jeudi, car elle vise à rectifier une situation embarrassante, à son avis.

Le pire moment

Ça ne pouvait pas venir à un pire moment pour plusieurs entreprises au Nouveau-Brunswick , a déclaré Louis-Philippe Gauthier, directeur principal pour l'Atlantique de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (Fédération canadienne de l'entreprise indépendante), qui défend les intérêts des petites et moyennes entreprises.

Au Téléjournal Acadie jeudi, M. Gauthier a indiqué que 70 % des entreprises que la fédération représente n’ont pas retrouvé le niveau de revenus qu’elles avaient avant la pandémie, et que 60 % n’emploient pas autant de personnes qu’avant l’arrivée du virus.

Louis-Philippe Gauthier, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, conseille aux gens d'affaires de verser le montant réclamé par Revenu Canada, quitte à porter leur cause en appel.

Louis-Philippe Gauthier, directeur en Atlantique de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Pour ces petite et moyenne entreprise, c’est un nouveau choc, estime-t-il. Il redoute que ces entreprises transmettent les coûts aux consommateurs.

M. Gauthier n’est par ailleurs pas convaincu que la hausse du salaire minimum aura un effet sur les pénuries de main-d'oeuvre, qui sévissent notamment dans les emplois mal rémunérés. Même avec les augmentations de salaire, les gens ne sont tout simplement pas là, déclare-t-il.

Le moment est mal choisi pour cette hausse excessive du salaire minimum, dit de son côté le vice-président en Atlantique de l'organisme Restaurants Canada, Luc Erjavec.

Il affirme que les augmentations prévues en 2022 ajouteront au moins 25 000 $ aux coûts d’exploitation de tout restaurant dans la province.

La plupart des établissements de services alimentaires perdent de l’argent ou arrivent à peine chaque jour depuis le début de la pandémie, déclare M. Erjavec dans un communiqué.

Le ministre Trevor Holder a dit jeudi être conscient du possible impact de cette mesure sur les petites entreprises. L'augmentationse fait en deux étapes, sur six mois, pour qu’elles puissent s’y adapter plus facilement, a-t-il soutenu.

Avec des renseignements d'Alix Villeneuve

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