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Variant Omicron : l’Allemagne imposera la vaccination obligatoire

Les restrictions se multiplient un peu partout dans le monde alors que l'OMS met en garde contre les faibles taux de vaccination et de dépistage, qu'elle qualifie de mélange « toxique ».

Les politiciens marchent ensemble.

Angela Merkel et Olaf Scholz, à qui la chancelière doit céder le pouvoir le 8 décembre, s'apprêtent à annoncer de nouvelles mesures de restrictions pour contrer la quatrième vague de COVID-19 en Allemagne.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

Les tours de vis se succèdent à travers le monde face à la propagation du nouveau variant Omicron de la COVID-19, comme en Allemagne, où l'on vient d'annoncer l'intention d'instaurer la vaccination obligatoire dès février.

Avant la mise en place de cette obligation, Berlin imposera des restrictions supplémentaires, dont la fermeture des discothèques et des bars lorsque la propagation dépasse un certain seuil et le retour du masque obligatoire dans les établissements scolaires du pays.

Le plan de la chancelière Angela Merkel, qui doit céder le pouvoir au chancelier élu Olaf Scholz le 8 décembre, comprend aussi de sévères restrictions aux non-vaccinés, qui représentent à peu près un tiers de la population.

Les activités sociales et culturelles ainsi que l'accès aux commerces de détail non essentiels seront ainsi réservés aux personnes vaccinées ou guéries de la COVID-19, a fait savoir la chancelière.

Ces mesures doivent permettre une amélioration de la situation sanitaire dans les prochaines semaines, avant le vote et l'entrée en vigueur de l'obligation vaccinale. Cette mesure draconienne, déjà choisie par le voisin autrichien, pourrait ainsi être mise en place en février.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé mercredi que la vaccination obligatoire devait être discutée à l'échelle européenne, même si ces décisions relèvent des prérogatives des États membres.

Cette option est toutefois déjà rejetée par la France, qui s'estime bien servie avec le passe sanitaire, un incitatif puissant qui a permis d'avoir une couverture vaccinale beaucoup plus élevée que les pays qui s'interrogent actuellement sur l'opportunité d'instaurer une obligation vaccinale, avance le ministre de la Santé Olivier Véran.

Une femme attend, les mains sur les hanches, près d'un cubicule dans un centre de vaccination.

Une travailleuse de la santé attend les patients dans un centre de vaccination de Marseille, dans le sud de la France. Le pays a annoncé près de 50 000 nouvelles infections mercredi.

Photo : Associated Press / Daniel Cole

Un mélange toxique

Peu importe les mesures prises, l'insuffisance de la couverture vaccinale contre la COVID-19 et celle du niveau de dépistage constituent un mélange toxique, a pour sa part souligné le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

C'est une recette parfaite pour que des variants se reproduisent et s'amplifient, a-t-il prévenu, soulignant que la fin de la pandémie est une question de choix.

En Afrique du Sud, où a été annoncée l'identification du variant Omicron la semaine dernière, et où moins d'un quart de la population est vaccinée, les autorités ont décrit devant le Parlement une propagation exponentielle du virus. Le nouveau variant, qui semble très contagieux, est déjà dominant dans ce pays 59 millions d'habitants, qui envisage lui aussi d'imposer la vaccination obligatoire.

Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a cependant dénoncé les fermetures de frontières, les qualifiant d'une forme d'apartheid contre une Afrique pas suffisamment vaccinée, notamment parce que les doses sont siphonnées par les pays industrialisés.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a elle aussi estimé que la priorité demeurait de s'assurer que les vaccins sont produits et distribués le plus rapidement possible à travers le monde.

Les pays développés du G20 ont dépensé 10 000 milliards de dollars américains pour protéger leur économie pendant la crise, alors que vacciner la planète ne coûterait que 50 milliards, a déploré Laurence Boone, la cheffe économiste de l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Le monde aux aguets

Le variant Omicron a été repéré sur tous les continents, dans au moins 30 pays.

Mais l'Europe, déjà confrontée avant l'apparition de ce nouveau variant à un fort rebond de l'épidémie, semble la plus touchée pour le moment.

Après de nombreux autres pays, l'Irlande, l'Islande, l'Inde ont à leur tour annoncé leur premier cas. La France a, elle, confirmé jeudi un premier cas sur son sol métropolitain, après un premier détecté sur l'île de la Réunion.

Les États du Vieux Continent ont décidé de durcir à nouveau les restrictions sanitaires : contrôles aux frontières, interdiction de voyager vers l'Afrique australe, masque obligatoire dans les transports et les magasins au Royaume-Uni, recommandation de vacciner les enfants vulnérables en France, etc.

En Belgique, une troisième réunion des autorités (fédérale et entités fédérées) en moins de trois semaines n'est pas exclue pour décider de nouvelles restrictions sur les activités en intérieur et dans les écoles.

La Flandre, première région du pays, a lancé un appel à un nouveau tour de vis, soutenu jeudi par le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke, qui a décrit une situation dramatique dans les hôpitaux.

Le Danemark, confronté lui aussi à un fort rebond épidémique, ayant enregistré mercredi le nombre record de plus de 4500 nouveaux cas, a réintroduit un test obligatoire pour les voyageurs en provenance de Doha et de Dubaï.

Les États-Unis ont annoncé jeudi des tests renforcés pour les voyageurs entrant sur leur territoire dès la semaine prochaine après avoir annoncé la veille leur premier cas de variant Omicron.

En Asie, le Japon, désormais fermé aux étrangers, a recensé deux cas du nouveau variant et demandé mercredi aux compagnies aériennes de suspendre les nouvelles réservations à destination de son territoire pendant un mois.

Des dizaines de personnes masquées attendent de pouvoir traverser une rue.

Le Japon a confirmé deux cas du variant Omicron et a depuis fermé ses frontières aux étrangers.

Photo : Getty Images / Carl Court

Le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, a également enregistré ses trois premiers cas, des personnes de retour d'Afrique du Sud, tout comme les trois premiers cas repérés au Brésil.

Un premier cas a été signalé en Arabie saoudite chez un Saoudien rentré d'Afrique du Nord – ainsi qu'aux Émirats arabes unis.

Dans l'attente d'un nouveau vaccin

Divers laboratoires, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer-BioNTech et Novavax, se sont dits confiants dans leur capacité à créer un nouveau vaccin contre Omicron. La Russie a, elle aussi, annoncé travailler sur une version de son Spoutnik V ciblant spécifiquement ce variant.

Jamais un variant de la COVID-19 n'avait provoqué autant d'inquiétude depuis l'émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.

L'Organisation mondiale de la santé juge élevée la probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial, même si de nombreuses inconnues demeurent : contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes.

Élément rassurant : à ce jour, aucun décès associé à Omicron n'a été signalé.

La COVID-19 a fait au moins 5 214 847 morts dans le monde depuis son apparition fin 2019 en Chine, selon un comptage de l'AFP mercredi.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

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