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Urgence climatique : Tosh Sherkat quitte l’équipe canadienne d’escalade

Tosh Sherkat fait de l'escalade.

Tosh Sherkat est un grimpeur britanno-colombien de 21 ans.

Photo : Instagram : tosh_sherkat

Radio-Canada

Après cinq ans dans l’équipe nationale, Tosh Sherkat a décidé de quitter le programme de haute performance de Climbing Escalade Canada. Un choix difficile, qu’il explique par un besoin d’actions concrètes face aux changements climatiques et une remise en question sur le pays qu’il représente.

Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat appelle la population au changement. L’athlète Tosh Sherkat a répondu présent.

J’ai pris conscience que mon point de non-retour, dans lequel j’ai réalisé que le statu quo menait à la destruction du monde, était passé depuis longtemps, explique-t-il dans une lettre ouverte (Nouvelle fenêtre) publiée dans le magazine d'escalade Gripped.

Multiples déplacements pour se rendre aux compétitions, gaspillage alimentaire lors de ces événements, consommation importante de viande imposée par l'entraînement : de toutes ses activités qui produisent des émissions de carbone, Tosh Sherkat considère que la routine du sport de haute performance est la plus importante.

Il a décidé d’y mettre un terme le 1er novembre dernier, après près de 10 ans de compétition, dont cinq au sein de l’équipe de haute performance nationale.

En 2021, la Colombie-Britannique a connu plusieurs vagues de chaleur record, qui ont causé la mort de près de 600 personnes. La province a également été touchée par des inondations catastrophiques cet automne, qui ont forcé les autorités à déclarer l'état d'urgence.

« Combien de dômes de chaleurs, d’inondations massives, de déversement pétrolier, de décès liés aux changements climatiques doivent encore arriver avant que nous prenions de vraies actions? »

— Une citation de  Tosh Sherkat, ancien grimpeur du programme de haute performance de Climbing Escalade Canada.

Et pendant que les pays développés envoient leurs athlètes à ces prestigieuses compétitions, de nombreux citoyens se battent contre leurs gouvernements pour l’accès à des produits essentiels, déplore-t-il.

Est-ce que le Canada est un pays que je veux représenter?

Ici même au Canada, des communautés autochtones n’ont toujours pas accès à l’eau potable, cite l’athlète britanno-colombien à titre d’exemple.

Une affiche montrant un robinet barré.

Cet avertissement est affiché dans toutes les salles de classe de l'école élémentaire de la Première Nation de Neskantaga, afin de rappeler aux élèves de ne pas boire l'eau du robinet.

Photo : CBC/Christina Jung

Depuis 2015, 119 avis sur la qualité de l'eau potable ont été levés au Canada, selon les données du gouvernement (Nouvelle fenêtre). Trente et une communautés continuent toutefois de devoir faire bouillir leur eau avant de pouvoir la consommer.

Il cite également le fait que des résidents ont tout perdu dans les inondations dans la vallée du Fraser. Le gouvernement canadien envoie des troupes militaires sur le territoire des Wet’suwet’en pour garantir la construction du pipeline plutôt que de les envoyer aider ceux qui ont souffert des inondations partout en Colombie-Britannique, déplore Tosh Sherkat.

Des manifestants entourés de policiers.

En 2020, des manifestants ont soutenu les chefs héréditaires Wet'suwet'en qui s'opposent au projet de pipeline de gaz naturel Coastal GasLink.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Grimper n’est pas apolitique, affirme-t-il. Autant que les athlètes pensent être coupés du monde dans leurs salles d'entraînements, ils sont toujours sur des terres qui ne [leur] appartiennent pas, souligne l’athlète.

Le gouvernement canadien a travaillé activement ces deux cents dernières années à assimiler, déplacer et retirer les peuples autochtones - ceux dont nous sommes réellement sur le territoire, explique-t-il.

Est-ce que le Canada est un pays que je veux représenter? se questionne-t-il, dans sa lettre ouverte.

« Nous devons changer. Et nous allons changer, que nous le voulions ou non.  »

— Une citation de  Tosh Sherkat, ancien grimpeur du programme de haute performance de Climbing Escalade Canada.

À moins que les émissions de carbones soient considérablement réduites dans la prochaine décennie, la réalité du réchauffement de deux degrés Celsius est inévitable.

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