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Blaine Higgs essaie de « faire peur » aux Néo-Brunswickois, dit une cheffe autochtone

Blaine Higgs gesticule devant un lutrin.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, le 17 février 2020 à Fredericton.

Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray

Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a affirmé mercredi que la poursuite intentée contre la province par des chefs de la Première Nation Wolastoqey menaçait des principes fondamentaux de la société.

Mardi, cinq entreprises forestières et la société Énergie NB ont été ajoutées comme défendeurs dans la poursuite des Wolastoqiyik, qui demandent aux tribunaux de reconnaître leurs titres ancestraux de propriété de certaines terres.

Des entreprises, et non des particuliers, sont ciblées

La démarche des Autochtones créerait une énorme incertitude pour les gens qui achètent des terrains et ne seraient plus certains de ce dont ils sont propriétaires, a affirmé Blaine Higgs mercredi. Une poursuite de cette nature n’avait jamais tenté de s’emparer de terres qui sont des propriétés privées.

Pourtant, la poursuite des Autochtones précise bien que les Néo-Brunswickois qui sont propriétaires ne sont aucunement visés par leur action en justice.

La cheffe de la communauté de Matawaskiye, Patricia Bernard, a répliqué mercredi en disant qu'elle s’attendait à ce que le premier ministre Higgs tente de faire peur aux Néo-Brunswickois.

Elle déclare que les Autochtones ne demandent pas qu'on leur cède un territoire. Ils s'adressent plutôt aux tribunaux pour reprendre aux corporations nommées dans la poursuite les titres ancestraux de propriété qui, soutiennent-ils dans leur poursuite, leur appartiennent.

Patricia Bernard prononce un discours.

Patricia Bernard, cheffe de Matawaskiye (archives).

Photo : Nation wolastoqey au Nouveau-Brunswick

En conférence de presse mardi, Patricia Bernard avait déclaré que les Autochtones ne cherchaient pas à prendre les maisons et les fermes des Néo-Brunswickois.

La Nation Wolastoqey ne veut pas vous expulser de votre maison, avait martelé Mme Bernard.

Les seuls propriétaires qui sont visés, ajoutait-elle, sont : J. D. Irving, Twin Rivers Paper, AV Group, H. J. Crabbe & Sons, Acadian Timber et Énergie NB.

Si vous n'êtes pas l'une de ces compagnies, vous n'avez pas à être inquiets, a dit Patricia Bernard.

Les six personnes rassemblées dans une pièce.

Les chefs des six communautés wolastoqey. De gauche à droite : Gabriel Atwin, chef de Pilick (Kingsclear), Ross Perley, chef de Neqotkuk (Tobique), Patricia Bernard, cheffe de Matawaskiye (Madawaska), Tim Paul, chef de Wotstak (Woodstock), Shelly Sabattis, cheffe de Welamukotuk (Oromocto) et Alan Polchies, chef de Sitansisk (Saint Mary's).

Photo : Nation wolastoqey au Nouveau-Brunswick

Le ministre des Ressources naturelles et du Développement du territoire, Mike Holland, a dit mercredi qu’il était inquiet des possibles répercussions de cette poursuite sur une province où le secteur forestier génère une activité économique de 2 milliards de dollars.

Mais les six chefs wolastoqey disent qu’ils ne veulent pas mettre fin à l'exploitation forestière.

Ils arguent que cinq entreprises forestières et Énergie NB exploitent des terrains traditionnels des Autochtones. 

Si les tribunaux donnent raison à la Nation Wolastoqey et celle-ci devient propriétaire des terres, elle prévoit négocier des ententes pertinentes avec les entreprises qui les exploitent, et percevoir des redevances.

Selon Patricia Bernard, la cheffe de Matawaskiye, la Couronne n'a jamais été propriétaire légitime de ces terres. Ce n’était donc pas au gouvernement de prendre la décision de laisser des entreprises les exploiter.

Les 6 communautés wolastoqey du Nouveau-Brunswick :

  • Matawaskiye (Madawaska)
  • Neqotkuk (Tobique)
  • Wotstak (Woodstock)
  • Pilick (Kingsclear)
  • Sitansisk (Saint Mary's)
  • Welamukotuk (Oromocto)

La ministre des Affaires autochtones au Nouveau-Brunswick, Arlene Dunn, dit espérer que la question se règle à l’extérieur des tribunaux.

Elle soutient avoir offert il y a quelques mois de négocier un partenariat avec toutes les Premières Nations du Nouveau-Brunswick. Selon Mme Dunn, cette offre est toujours sur la table et le restera.

Patricia Bernard croit que les Autochtones ont les mains liées, d’où la nécessité selon elle de cette démarche juridique.

Nous ne voulons pas que l’économie du Nouveau-Brunswick s’écroule [...] nous voulons être impliqués. Malheureusement, sans une ordonnance du tribunal, nous sommes ignorés, a dit Mme Bernard.

D’après les reportages de Rachel Cave (CBC) et de Frédéric Cammarano

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