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Facebook démantèle de nouveaux réseaux de désinformation liés à la COVID-19

Un téléphone montrant le logo de Facebook est placé devant un écran d'ordinateur affichant une modélisation du coronavirus.

Les membres des réseaux démantelés laissaient des commentaires sous les messages des victimes plutôt que de publier des contenus.

Photo : Getty Images / AFP/OLIVIER DOULIERY

Agence France-Presse

Meta, la maison mère de Facebook, a annoncé mercredi avoir démantelé des réseaux malveillants qui utilisaient les débats sur les vaccins pour harceler des professionnels ou semer la division dans les sociétés, un signe que la désinformation liée à la pandémie ne faiblit pas.

Ils insultaient des médecins, des journalistes et des élus, les qualifiant de partisans des nazis parce qu'ils faisaient la promotion des vaccins contre la COVID-19, assurant que la vaccination obligatoire conduirait à une dictature du sanitaire, a expliqué Mike Dvilyanski, directeur des enquêtes sur les menaces émergentes, lors d'une conférence de presse.

Il faisait référence à un réseau lié au mouvement antivaccination baptisé V-V, que le groupe californien accuse d'avoir mené une campagne d'intimidation et de harcèlement de masse contre des personnalités de la santé, des médias et de la politique, en Italie et en France.

Les auteurs de cette opération se coordonnaient notamment au moyen de la messagerie Telegram, où les volontaires avaient accès à des listes de personnes à cibler et à des formations pour échapper à la détection automatique par Facebook.

Leur tactique consistait notamment à laisser des commentaires sous les messages des victimes plutôt que de publier des contenus et à utiliser des orthographes légèrement modifiées, comme vaxcinati au lieu de vaccinati pour dire les personnes vaccinées en italien.

Le géant des réseaux sociaux a indiqué qu'il était difficile d'évaluer la portée et l'impact de cette campagne, qui a eu lieu sur différentes plateformes.

Nous avons observé ce qui semble être un mouvement populiste tentaculaire combinant des théories conspirationnistes existantes avec des récits antiautoritaires et un torrent de désinformation sanitaire, détaillent des experts de Graphika, une société spécialisée dans l'analyse des réseaux sociaux, dans un rapport sur cette opération.

Ils estiment que V-V rassemble quelque 20 000 partisans, dont certains ont pris part à des actes de vandalisme contre des hôpitaux et à des opérations pour gêner la vaccination, en prenant des rendez-vous médicaux sans les honorer, par exemple.

La Chine et la Russie dans la ligne de mire de l’Europe

Depuis le début de la pandémie, la désinformation sanitaire a pris plusieurs formes, des faux conseils dangereux pour la santé aux prétendus remèdes miracles, et autres théories du complot, discours racistes et arnaques en ligne.

Au-delà des convictions personnelles, ces fausses infos sont aussi répandues à des fins politiques.

Dès juin 2020, l'Union européenne avait appelé les plateformes numériques à réagir et, dans un plan d'action présenté par le chef de la diplomatie européenne, avait dénoncé les campagnes de la part de certains pays tiers, en particulier la Russie et la Chine, qui cherchent à miner le débat démocratique et à exacerber la polarisation de la société.

En mars dernier, les États-Unis ont de leur côté accusé la Russie de mener en ligne des opérations de désinformation contre deux vaccins anti-COVID-19.

Faux comptes et faux biologiste

Meta a aussi indiqué avoir démantelé une opération orchestrée depuis la Chine, qui utilisait de faux comptes pour promouvoir une fausse information.

Ils amplifiaient les messages publiés sur le profil d'un biologiste suisse inventé de toutes pièces, qui aurait rapporté que les États-Unis faisaient pression sur l'Organisation mondiale de la santé pour faire porter le chapeau du coronavirus à la Chine.

Des médias étatiques chinois ont ensuite cité ce faux biologiste. C'était comme une galerie de miroirs qui reflètent à l'infini une seule fausse personnalité, remarque Meta dans un communiqué.

Le groupe californien a trouvé des liens entre cette opération et des employés de l'entreprise chinoise de cybersécurité Sichuan Silence Information Technology Co. ainsi que des personnes associées avec d'autres sociétés chinoises spécialisées dans les infrastructures.

C'est la première fois que nous observons une opération qui inclut un groupe coordonné d'employés d'État pour servir de caisse de résonance de cette manière, note Meta.

Mais la vérité a rapidement éclaté et ça a fait pschit, a précisé Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la sécurité de Facebook.

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