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Procès Maxwell : une victime présumée mise à mal par la défense

Une illustration judiciaire montre à l'avant-plan Ghislaine Maxwell, qui semble regarder fixement l'illustrateur, qu'on ne voit pas; son avocate pose des questions à la témoin désignée sous le nom de « Jane », sous le regard de la juge.

Au troisième jour du procès de sa cliente, l'avocate de Ghislaine Maxwell, Laura Menninger, a contre-interrogé la témoin désignée sous le nom de « Jane ».

Photo : Reuters / JANE ROSENBERG

Agence France-Presse

La première victime qui a témoigné au procès de Ghislaine Maxwell, l'ex-compagne du financier américain Jeffrey Epstein jugée pour trafic sexuel de mineures, a été soumise mercredi à un contre-interrogatoire musclé de la défense, qui a tenté de la dépeindre comme une femme malhonnête et avide d'argent.

Mardi, cette témoin clé au procès, la première des quatre que veut faire citer l'accusation, avait expliqué, parfois en larmes, comment le couple Epstein-Maxwell l'avait abordée en 1994 et comment le financier l'avait agressée sexuellement à plusieurs reprises, dans sa résidence de Palm Beach en Floride, alors qu'elle n'avait que 14 ans.

Appelée Jane pour préserver son anonymat, elle avait aussi accusé Ghislaine Maxwell d'avoir été présente lors de certaines agressions sexuelles et d'y avoir parfois participé.

Seule dans le box des accusés après le suicide de son ancien compagnon en prison à l'été 2019, l'ex-mondaine britannique née en France, fille du magnat des médias décédé Robert Maxwell, encourt la prison à vie.

Accusée d'avoir recruté des filles mineures de 1994 à 2004 pour les mettre à la disposition d'Epstein, elle se dit innocente et plaide non coupable de six chefs d'accusation.

L'homme prend la femme par le cou.

Ghislaine Maxwell et Jeffrey Epstein gravitaient dans le jet-set et les milieux mondains, fréquentant les célébrités et les détenteurs de fortunes.

Photo : Getty Images / Patrick McMullan

Mercredi, devant le tribunal fédéral de Manhattan, l'une des avocates de la défense, Laura Menninger, a tenté de montrer plusieurs incohérences dans le récit ou la chronologie du témoignage, par rapport à de précédentes auditions.

Puis, elle a exhumé les notes d'un agent qui avait interrogé Jane en décembre 2019, pointant des souvenirs plus confus sur le rôle de Ghislaine Maxwell, 59 ans. La victime a répondu que ses notes n'étaient pas des retranscriptions complètes et ne rendaient pas bien compte de son récit.

Un peu plus tard, elle a expliqué qu'elle n'avait pas donné tous les détails lors de ses premières auditions parce qu'elle livrait à des étrangers les secrets les plus honteux que j'ai dû porter toute ma vie.

Dans une nouvelle série de questions, la défense a pointé les talents de comédienne de Jane, qui a été actrice dans des feuilletons sentimentaux, pour l'accuser de dramatiser son témoignage.

Une illustration judiciaire montre la femme qui témoigne à la barre en train de pleurer dans un mouchoir.

La témoin désignée sous le nom de « Jane » a pleuré au cours du contre-interrogatoire mené par les avocats de Ghislaine Maxwell.

Photo : Reuters / JANE ROSENBERG

Elle a enfin dû démentir un quelconque intérêt financier à témoigner, précisant ne pas avoir de plainte civile en cours parce qu'elle avait été dédommagée à hauteur de 5 millions de dollars américains (2,9 après les frais) par le fonds Epstein, un mécanisme officiel de réparation puisé dans la fortune du milliardaire après sa mort.

Dans ce pays, les dommages et intérêts, c'est la seule chose que vous pouvez obtenir quand vous voulez essayer d'avancer à nouveau dans votre vie, a-t-elle lâché, après une pause pendant laquelle elle a pleuré et a caché son visage derrière un mouchoir.

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