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La reconnaissance des Traités toujours pas disponible en français au Manitoba

Vue des airs du Palais législatif du Manitoba.

Depuis lundi, une reconnaissance territoriale est prononcée au début de la période des questions à l'Assemblée législative du Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Trois jours après la toute première période de questions au Palais législatif du Manitoba qui s’est ouverte avec une reconnaissance territoriale des Traités, le texte n’est toujours pas disponible en français.

C’est en voulant avoir accès à la traduction officielle du texte de reconnaissance des Traités que Radio-Canada a appris qu’il n'existait pas de version française à l’heure actuelle. Pourtant, l’anglais et le français sont les deux langues officielles utilisées à l’Assemblée législative du Manitoba, rappelle le directeur général de l’Association des juristes d’expression française du Manitoba (AJEF), Guy Jourdain.

Je trouve ça paradoxal [...] parce que tout le but de la démarche est de favoriser la réconciliation avec les peuples autochtones, favoriser une plus grande inclusion. Alors, c’est vraiment étrange qu’en tentant de s’ouvrir davantage du côté des Autochtones on largue les francophones, poursuit-il.

Un texte préparé de longue date

Le Manitoba travaille depuis plusieurs mois à la création d’une reconnaissance territoriale en préambule des périodes de questions à l’Assemblée législative. Le premier ministre par intérim, Kelvin Goertzen, avait commencé le travail dès le début du mois de septembre, soit quelques jours après avoir remplacé l’ancien premier ministre Brian Pallister.

Un comité composé de trois députés dirigé par l'ancienne ministre des Relations avec les Autochtones Eileen Clarke a ensuite été créé et a rendu un rapport au mois d’octobre.

Des consultations avec les Autochtones ont eu lieu et, depuis lundi, la reconnaissance territoriale est prononcée en Chambre après que les trois partis sont parvenus à s’entendre sur une version.

Celle-ci affirme : Nous reconnaissons que nous sommes réunis sur le territoire du Traité 1 et que le Manitoba est situé sur les territoires visés par le traité et les terres ancestrales des nations anichinabée, anishininewuk, dakota oyate, dénésuline et nehethowuk, selon une traduction libre de Radio-Canada.

Le Manitoba est situé sur la patrie des Métis de la Rivière-Rouge. et le nord du Manitoba comprend des terres qui étaient et sont les terres ancestrales des Inuit, poursuit le texte.

Faux pas majeur

Interrogé sur la raison pour laquelle il n'existe pas encore de version française de ce texte important, un porte-parole du Manitoba a répondu : Comme il s'agit d'un document déposé, il n'y a pas de version traduite. Les documents ne sont traduits que lorsqu'ils deviennent une proposition au Comité des Règlements de l’Assemblée et il n'a pas encore atteint ce stade.

Je comprends qu’il y ait certains arguments sur le plan technique qui justifieraient que le document ne soit pas publié immédiatement en français, mais quand on regarde le grand portrait, toute la symbolique du dossier, il me semble que les gens auraient dû se servir de leur gros bon sens et publier le document dans les deux langues dès le début, dit Guy Jourdain.

« Sur le plan politique, symbolique, d’après moi, c’est un faux pas majeur. »

— Une citation de  Guy Jourdain, directeur général de l’Association des juristes d’expression française du Manitoba

Aucune date fixée pour la traduction

Pour sa part, la présidente de la Chambre, Myrna Driedger, n’a pas souhaité s’exprimer davantage. Il en est de même de la ministre des Affaires francophones, Rochelle Squires, dont un porte-parole explique qu’il s’agit d’un problème qui concerne l’Assemblée et ne relève pas de la ministre elle-même.

Du côté de l’opposition, le chef du Nouveau Parti démocratique, Wab Kinew, affirme appuyer fortement le désir de s’assurer que cette reconnaissance puisse être prononcée en français aussitôt que possible.

C'est important pour la communauté métisse au Manitoba et les Autochtones francophones de pouvoir entendre cette reconnaissance en français.

C'est dommage que la langue française soit toujours une pensée après coup avec ce gouvernement. Il y a beaucoup de Métis au Manitoba qui parlent français et [la traduction] devrait être [faite] immédiatement , dit pour sa part le chef du Parti libéral, Dougald Lamont.

Mais, du côté de la province, un porte-parole a donné une explication : Il n’y aucune date de prévue pour le moment en ce qui concerne la prochaine rencontre du Comité des Règlements de l’Assemblée.

L’Assemblée législative affichera dans un proche avenir le texte de la reconnaissance territoriale sur son site Internet. Il sera traduit en français et dans toutes les langues autochtones qui sont mentionnées dans la déclaration. Il n'y a pas de délai attaché aux traductions, car il faudra un certain temps pour toutes les coordonner et les publier, a-t-il ajouté.

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