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Le Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda manque toujours d’espace

La façade de l'école Le Prélude, l'hiver.

L'école Le Prélude, à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

Le paysage de Rouyn-Noranda n’est pas près de compter de nouvelles écoles ou des agrandissements de celles existantes, malgré certaines installations remplies d’élèves. Le Centre de services scolaire de Rouyn-Noranda (CSSRN) ne peut plus déposer lui-même chaque année des projets de construction ou d’agrandissement d’écoles au ministère de l’Éducation (MEQ) comme auparavant. C’est désormais ce dernier qui sélectionne les centres qui sont invités à en présenter.

Dans les dernières années, le MEQ a refusé tous les projets d’agrandissement ou de construction de nouvelles écoles du CSSRN, dont des extensions à l’école Le Prélude, dans le secteur de Rouyn-Sud, et à l’école de l’Étincelle dans le quartier d’Évain. Le ministère invoquait comme raison des places disponibles dans d’autres écoles situées dans un rayon de 20  kilomètres. Le directeur général du CSSRN, Yves Bédard, est conscient que ce justificatif ne cadre pas avec la réalité territoriale de Rouyn-Noranda.

Si un jour je dis à un parent de l’école Le Prélude que son enfant va aller à l’école de Mont-Brun, ça ne passera pas dans l’opinion publique de Rouyn-Noranda, et je le comprends très bien, précise-t-il.

Le CSSRN est parfois contraint de revoir la configuration de certains locaux pour accueillir de nouveaux élèves dans les écoles qui sont presque pleines, admet son directeur général.

On a modifié notre offre, je vais le dire comme ça. On n’a pas coupé de services. On s’organise pour que si les bibliothèques sont plus petites, d’avoir des bibliothèques roulantes ou dans les classes. Trouver des façons différentes de fonctionner, spécifie M. Bédard.

La façade d'une école en rénovation.

L'école de l'Étincelle, située dans le quartier d'Évain, à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

Bien qu’il prétende ne pas en être à cette étape, le directeur général du CSSRN signale qu’en dernier recours, le Centre pourrait être dans l’obligation d’étudier la possibilité de déplacer des élèves. Par exemple, de nouveaux élèves habitant près d’une école en banlieue de la ville, qui est en situation de débordement, seraient transférés vers d’autres établissements scolaires du centre-ville.

Dans une déclaration écrite envoyée à Radio-Canada, la Fédération des centres de services scolaires du Québec (FCSSQ) dit être au courant que la règle kilométrique du MEQ pour les demandes d’ajout d’espace provoque de la déception ou du mécontentement à l'occasion.

Elle affirme cependant qu’elle n’a pas été interpellée sur cet enjeu par les centres de services scolaires. La Fédération assure néanmoins être en communication régulière avec le ministère pour défendre les enjeux de ses membres et trouve important de considérer les spécificités de chaque localité.

Au moment d’écrire ces lignes, le ministère de l’Éducation n’avait toujours pas répondu à notre demande d’entrevue afin d’expliquer plus en détail les motifs qui le poussent à rejeter les projets d’agrandissement ou de construction d’écoles soumis par le CSSRN.

Concertation

La députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, soutient qu’elle travaille avec des acteurs du milieu comme l’UQAT et certains centres de la petite enfance afin d’aider le CSSRN à résoudre le problème de l’insuffisance d’espace dans certaines écoles.

Voir comment on peut maximiser les espaces que nous avons déjà pour éviter des constructions neuves quand on peut déjà maximiser des bâtiments existants. Il y a des enjeux au niveau de l’arrimage de tout ça, détaille-t-elle.

Au-delà des actions qui peuvent être entreprises, il reste que le MEQ doit faire sa part des choses, selon Mme Lessard-Therrien.

Quand le ministère arrive et dit "moi, je réponds juste aux besoins d’une partie sur trois", ça ne fonctionne pas. Les autres acteurs qui étaient prêts soit à rendre disponibles des locaux ou à faire des aménagements au niveau de leurs infrastructures, et bien si eux n’ont pas leur bout de projet, ça ne marche pas. Il faut que ce soit un tout inclus. [...] Ça complique les choses pour la concrétisation d’espaces, souligne-t-elle.

Un manque dans Noranda-Nord–Lac Dufault

Par le passé, le CSSRN a déjà mis sur la table un projet de construction d’une école dans le quartier Noranda-Nord. Les enfants résidant dans le secteur fréquentent actuellement les écoles Sacré-Coeur ou Notre-Dame-de-Protection, toutes deux situées en moyenne à plus ou moins cinq kilomètres de leur lieu de résidence.

L'intersection du chemin St-Luc et de l'avenue Paré.

Le chemin St-Luc, situé dans le quartier Noranda-Nord, à Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Andrei Audet

Le conseiller municipal du district Noranda-Nord–Lac-Dufault, Daniel Camden, reconnaît que certains concitoyens rencontrés au cours de la dernière campagne électorale lui ont fait part du désir de voir une école s’établir dans le quartier.

Les gens auraient aimé pouvoir développer leur sentiment d'appartenance à une école dans leur quartier plutôt que de se voir retourner vers le centre-ville, mentionne-t-il.

Réfection de bâtiments

Dans le Plan québécois des infrastructures 2021-2031 du Conseil du Trésor, près de 450 millions sont prévus pour rénover des bâtiments scolaires considérés comme vétustes ou non sécuritaires. Le directeur général du CSSRN soutient qu’il n’y a jamais eu autant d’argent que récemment pour permettre la réfection d’écoles.

Nos budgets d’entretien de nos bâtiments ont plus que triplé. On est capables maintenant de faire des projets d’envergure, souligne-t-il.

Projets de réfection prévus à partir de l’été 2022 par le CSSRN - en attente d’approbation du MEQ

Bâtiment

Projet

Centre Élisabeth‐Bruyère

Réfection d'une partie de la toiture école

École Notre‐Dame‐de‐Grâce

Toiture du gymnase/Remplacement de la couverture de toit plat

Magasin du centre administratif

Remplacement de la couverture en pente complexe

Complexe La Source‐Polymétier

Toiture d'un secteur/Remplacement de la couverture de toit plat (au gymnase)/Mise à niveau des murs de fondation et remplacement du drainage et de l'isolation de la fondation

École Kinojévis

Mise aux normes des issues de secours et du système d'alarme incendie

École D'Iberville

Réfection des blocs sanitaires/Remplacement du réseau de drainage sanitaire/Remplacement de la brique

École Sacré‐Cœur

Escalier (mise aux normes et structure)

École Notre‐Dame‐de‐Protection

Escalier (mise aux normes et structure)

La pénurie de main-d'œuvre vient toutefois jouer les trouble-fêtes en retardant certains projets d’entretien du CSSRN.

Il y a des projets qui auraient dû se concrétiser à l’été 2021, et puis on n’a pas pu parce qu’il n’y a personne, il n’y a aucun contracteur qui a appliqué dessus. Les contracteurs sont très sollicités, indique Yves Bédard.

La hausse du prix des matériaux est une réalité avec laquelle le Centre doit également jongler. Nous, on a fait le choix dans certaines situations de dire que le coût est trop élevé. On gère quand même des fonds publics. [La situation] commence à revenir un peu plus à la normale, explique le directeur général du CSSRN.

Le Centre de services scolaire entrevoit dans son Plan d’engagement vers la réussite 2018-2023 une hausse de près de 17 % de la clientèle au préscolaire et au primaire d’ici 2023.

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