•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les chefs autochtones veulent que cesse la coupe des forêts anciennes en C.-B.

« Notre mère Nature pleure, elle nous demande d’agir. Les Premières Nations l'entendent. »

Un arbre seul se tient debout entouré de souches coupées.

L'approche du gouvernement ne respecte pas le droit des peuples autochtones, selon des experts.

Photo : Simon Gohier

L’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique dénonce l’approche « coercitive » de la province en rapport avec le report de coupe d’arbres ancestraux et réclame la suspension de l’exploitation des forêts anciennes dans son ensemble, « point à la ligne ».

En novembre, le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé son intention de suspendre pour deux ans l’exploitation de 2,6 millions d’hectares de ses forêts anciennes.

Les 204 communautés autochtones avaient alors 30 jours pour indiquer si elles appuyaient ou non une telle mesure.

Le processus est contraignant, coercitif et contrevient aux lois établies par la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones à laquelle adhère la province, soutient l’avocate Mary Ellen Turpel-Lafond, spécialiste en droit des premiers peuples.

Cette fenêtre de temps était bien trop courte pour prendre une décision éclairée, avance-t-elle. Or, la déclaration de Nations unies stipule que des changements de politiques qui concernent les Premières Nations doivent être pris avec leur consentement préalable, donné librement et en connaissance de cause.

Un tronc d'arbre devant une forêt.

Les 204 communautés autochtones avaient alors 30 jours pour indiquer si elles appuyaient ou non une telle mesure.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

La proposition provinciale faisait suite aux recommandations d’un comité indépendant établi en juin dernier avec le mandat de produire des cartes, des analyses et des informations détaillées sur le statut des écosystèmes de forêts anciennes en Colombie-Britannique.

Ces données n’ont pas été transmises adéquatement aux Premières Nations, déplore l’écologiste Rachel Holt, qui était membre de ce comité. Qui plus est, le délai de 30 jours qu’on leur a imposé a causé beaucoup de consternations, dit-elle.

L’un des plus grands problèmes liés à la proposition du gouvernement reste le manque de compensation financière, croit Jens Wieting, le chef de campagne climatique de l'organisme environnemental Sierra Club.

Les forêts ont souvent une valeur culturelle pour les Premières Nations, qui voudraient faire le choix de les protéger sans pour autant s’en trouver appauvris.

Des débris jonchent une route d'Abbotsford après le retrait des eaux qui arrivent toujours à la mi-hauteur d'un édifice en arrière-plan.

L'exploitation des forêts anciennes contribue aux désastres qu’endure la province depuis des mois, croit le grand chef Stewart Phillip.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Se tenir debout pour la forêt

Selon le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, un fait demeure : l’exploitation des forêts contribue aux désastres qu’endure la province depuis des mois.

Les terres entourant Merritt ont été vidées de leur bois, ce qui les rend vulnérables aux glissements de terrain et aux inondations, fait-il remarquer. J’espère que les gens font le lien.

« Notre mère Nature pleure, elle nous demande d’agir. Les Premières Nations l'entendent », dit pour sa part le chef de la communauté Spuzzum, James Hobart, en référence aux inondations qui affligent la province.

Selon lui, la proposition du gouvernement de suspendre la coupe des forêts anciennes durant deux ans n’est qu'une façon de repousser le problème.

« Nous ne voulons pas d'un moratoire alambiqué, improvisé et trompeur. Nous voulons un moratoire sur l’exploitation des forêts anciennes, point à la ligne. Nous devons nous tenir debout pour nos forêts. »

— Une citation de  Stewart Phillip, président, Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique
Un arbre géant au milieu d'une jeune forêt.

Ce pin Douglas géant qui se tient seul au milieu d'une forêt ancienne qui a été replantée.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Un écho à Fairy Creek

Les doléances de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique trouvent un écho dans les tensions dans le bassin versant de Fairy Creek, où les activités forestières soulèvent de nombreuses critiques.

La manifestation contre l'exploitation forestière dans cette région de l'île de Vancouver est considérée comme étant le plus grand mouvement de désobéissance civile pacifique de l'histoire du Canada

Le ministère des Forêts n'a pas répondu immédiatement aux demandes d'entrevue.

À la veille de la date limite imposée par la province, il n'a pas indiqué combien de Premières Nations avaient répondu favorablement à sa proposition.

La Première Nation Huu-ay-aht a pour sa part annoncé son intention de poursuivre l’exploitation de ses forêts anciennes sur 4% des terres ciblées par la proposition de la province, et accepte un moratoire sur les 96 % restants. 

Au total, 33 % des forêts poussant sur son territoire ancestral sont anciennes, indique la communauté.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !