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« Le manque de transparence » de la Laurentienne dénoncé par la vérificatrice générale

La vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk, en conférence de presse.

La vérificatrice générale de l'Ontario, Bonnie Lysyk.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans son rapport annuel, la vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk, dénonce « le manque de transparence » de l’Université Laurentienne qui l’empêche de faire la lumière sur la situation financière de l’établissement. 

Depuis des mois, Mme Lysyk, qui cherche à avoir accès à une série de documents confidentiels de la Laurentienne, se heurte à la résistance de l’établissement. Ce dernier estime qu’il n’est pas obligé de les fournir en raison de leur nature privilégiée.

Or, la vérificatrice générale souligne que son bureau a indiqué à l’Université Laurentienne que la Loi sur le vérificateur général protège la nature confidentielle de ces documents. 

Ainsi, son bureau a même offert de transmettre aux dirigeants de la Laurentienne une version préliminaire de son rapport pour qu’ils l’examinent avant qu’il ne soit publié. 

« À trois occasions, la Laurentienne a décliné l’offre de la vérificatrice générale de rencontrer le conseil [des gouverneurs] afin de discuter de la vérification et du processus de la vérification. »

— Une citation de  Extrait du rapport de la vérificatrice générale Bonnie Lysyk

Mme Lysyk indique qu’elle a des difficultés à facilement avoir accès à une série de documents, dont les documents liés au conseil des gouverneurs et aux comités de l’établissement, des factures de services juridiques, des courriels et dossiers électroniques, ainsi que des documents liés aux ressources humaines, au recrutement et aux négociations avec les syndicats. 

Dans certains cas, l’Université Laurentienne a fourni des documents incomplets au Bureau de la vérificatrice générale, au lieu de lui fournir un accès rapide, sans entrave et direct aux documents. 

L’accès sans entrave à l'information est fondamental pour le travail de notre Bureau, peut-on lire dans le rapport. 

En raison des mesures mises en place par l’Université Laurentienne pour filtrer les documents avant de les transmettre au Bureau de la vérificatrice générale, ce dernier doit passer du temps excessif afin de les réviser pour s’assurer qu’ils sont pertinents et complets.

« Le manque de transparence dans le processus empêche notre Bureau de se fier aux gestionnaires [de l’Université Laurentienne], parce que nous ne savons pas quelle information ne nous est pas offerte et pourquoi. »

— Une citation de  Extrait du rapport de la vérificatrice générale de l'Ontario

Mme Lysyk déplore aussi que l’Université Laurentienne ait mis en place un processus centralisé de contrôle de l’information et des communications avec l’équipe qui mène l’enquête au Bureau de la vérificatrice générale. 

On peut lire dans le rapport que les membres du personnel de l’Université Laurentienne ont entre autres reçu les directives d’informer les avocats de l’établissement lorsque le Bureau de la vérificatrice générale tente de les joindre et de demander une approbation de fournir tout document sollicité par les enquêteurs. 

« Cette stratégie cause une contrainte supplémentaire sur les ressources de la Laurentienne et a l’effet de faire hésiter le personnel avant de nous parler [...], de peur d’être réprimandé. Une culture de la peur a été créée. »

— Une citation de  Extrait du rapport de la vérificatrice générale

« C'est préoccupant », dit l'AFO

En entrevue avec Radio-Canada, le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) Carol Jolin, s'est inquiété des constats de la vérificatrice générale.

C'est préoccupant, car on veut que la vérificatrice puisse faire son travail et réponde au mandat qui lui a été confié par le gouvernement de l'Ontario, c'est-à-dire d'aller voir ce qui s'est passé avec les fonds publics dont elle a bénéficié au cours des dix dernières années, dit-il.

« Qu'est-ce que l'Université a à cacher? »

— Une citation de  Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario.

Le président soutient d'ailleurs avoir rencontré Mme Lysyk afin de lui demander de vérifier où les fonds francophones étaient allés, faisant référence aux subventions du Programme des langues officielles en enseignement du ministère du Patrimoine canadien.

L'Université Laurentienne se défend

De son côté, l'Université Laurentienne soutient coopérer à la vérification menée par la vérificatrice générale

L’Université a autorisé et incité tout le personnel à participer aux entretiens avec celle-ci. Nous avons aussi accordé à son bureau l’accès direct à l’ensemble de notre base de données financières, à notre système d’inscription ainsi qu’à tous les autres documents non confidentiels, assure-t-elle dans un courriel à Radio-Canada.

À la fin du mois de novembre, l'Université Laurentienne avait défendu son refus de donner accès aux documents privilégiés, qui regroupe notamment des échanges entre l'établissement et ses avocats, dans des documents déposés devant les tribunaux.

Rien ne prouve que la vérificatrice générale ait besoin d'information privilégiée pour effectuer son travail, a-t-elle écrit.

La Cour supérieure de l’Ontario tranchera en décembre sur les documents qui devront être transmis par l'Université Laurentienne à la vérificatrice générale.

L'Université Laurentienne est plongée dans une crise financière et s'est mise à l'abri de ses créanciers en février dernier.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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