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50 ans de création pour André-Philippe Côté

Le caricaturiste du Soleil expose ses toiles à la galerie Alexandre Motulsky-Falardeau jusqu'au 23 décembre.

Un homme répond aux questions d'une journaliste dans une galerie de Québec où ses oeuvres sont exposées.

Caricaturiste au quotidien « Le Soleil », André-Philippe Côté est aussi artiste peintre.

Photo : Radio-Canada

On connaît bien le caricaturiste du quotidien Le Soleil. Depuis 1997, près de 10 000 de ses caricatures ont été publiées. Plus récemment, en 2015, l’artiste dévoilait au grand public ses œuvres peintes, qui s’avèrent remplies d’humanité. Jusqu’au 23 décembre, la galerie Alexandre Motulsky-Falardeau nous propose de découvrir une exposition rétrospective consacrée à Côté. Soixante œuvres choisies dressent le portrait d’une production toujours active s’étalant sur 50 ans.


Quelle place occupaient le dessin et l’art dans votre vie durant les années 70?

Depuis que j’ai l’âge de tenir un crayon, ç'a pris toute la place. Tout le temps. Toute ma vie, je n’avais qu’une passion. À cette époque-là, je dessinais chez moi, je voulais gagner ma vie avec le dessin. Pour moi, il n’y avait pas de plan B.

Une photographie d'André-Philippe Côté souriant.

André-Philippe Côté présente une vingtaine d'oeuvres peintes et une quarantaine de dessins et de caricatures dans l'exposition rétrospective qui lui est consacrée.

Photo : Radio-Canada / Valérie Cloutier


Quels sont vos premiers dessins publiés parmi ceux qu’on voit dans l’exposition?

C’est de la science-fiction. Je dessinais, j’étais rendu à je ne sais pas quel âge, et je me disais : Est-ce que je vais devenir un artiste maudit ou, à un moment donné, je vais publier quelque part? Et là, j’ai vu qu’il y avait des magazines de science-fiction, au Québec. C’était eux autres qui fonctionnaient bien. Il y avait Solaris, Imagine, Pour ta belle gueule d’ahuri. Ils publiaient beaucoup de dessins. Donc, finalement, par ce biais, je suis allé faire de la science-fiction.


Vos années de collaboration au magazine Safarir sont évoquées dans l’exposition?

Oui! C’était dans les années 80. Je faisais de la bande dessinée chez moi, mais Safarir, c’était vraiment la bouée. Tout à coup j’avais un revenu fixe, je publiais chaque mois. Ç'a duré 10 ans, et ç'a été une école absolument formidable. On m’envoyait les textes et des fois, on me demandait des choses incroyables à faire : Dessine-moi un éléphant dans un Cessna, qui boit une tasse de thé. Un éléphant, ça ne rentre pas dans un Cessna, et une tasse de thé, ça ne marche pas. Mais il fallait le faire pareil! [...] Ça, l’humour, ça m’a amené plus tard à la caricature.


Vous avez longtemps gardé le secret au sujet de vos peintures. Qu'est-ce qui vous a fait sortir de la confidentialité?

En fait, c’est Antoine Tanguay, l’éditeur, qui a été la bougie d’allumage. J’étais à un mariage, et il est venu me voir. [...] Il m’a poussé. Finalement, j’ai dit : Bon, je vais exposer! Mais, c’est quelque chose que j’avais gardé un peu secret parce que je me disais, les gens vont dire : Ah! Il fait de la caricature, et tout à coup, il veut devenir peintre. Mais de la peinture, j’en fais depuis l’âge de 15 ans.

Moi, je crée des images. Ce qui m’intéresse d’abord, c’est vraiment les images. C’est ce qui me motive.

Un astronaute entouré de gens du Moyen-Âge.

Un tableau récent d'André-Philippe Côté

Photo : Radio-Canada / Éric Careau


En regardant votre dessin, on a l’impression que vous observez l’âme humaine, n’est-ce pas?

Bien, c’est ça, la figuration. Quand on dessine des personnages, ce n'est pas juste l’apparence. On veut communiquer quelque chose. Je le vois en caricature. Moi, je travaille beaucoup sur les émotions, ce que ressentent les personnages que je dessine. Des fois, c’est un trait dans le regard d’un personnage, et ce n’est plus du tout la même expression. C’est quelque chose qui me passionne, l’âme humaine à travers le dessin. C’est sûr que je reproduis ça en peinture dans certains tableaux.

Un tableau sur lequel sont peints des oiseaux très rapprochés les uns des autres.

Une portion d'un tableau récent d'André-Philippe Côté

Photo : Radio-Canada / Éric Careau


Parmi vos nouveaux tableaux, il y a une série qu’on pourrait dire consacrée à l’oiseau...

Oui, l’oiseau comme forme, comme porteur de couleurs. Je ne suis pas un ornithologue. Je ne me promène pas avec ma caméra, mais je suis impressionné par la variété des couleurs, par la beauté. Et là, en les réunissant comme ça, j'arrive à faire des tableaux presque abstraits.

Des tableaux sur lesquels sont peints des dizaines d'oiseaux.

Des oeuvres récentes d'André-Philippe Côté

Photo : Radio-Canada / Éric Careau

Ce ne sont pas des tableaux à thème. Je veux faire des images qui interpellent les gens, pour qu’ils regardent ça en cherchant à comprendre ce qui se passe. Parce que ce que, moi, je veux dire, ce n’est pas tellement important. L’important, c’est que les gens vont le lire. L’important, c’est ce que ça va éveiller et ce que ça va refléter pour eux comme image.

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