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Intervention du SPVQ au Portofino : Guilbault demande une enquête

Jean-Philippe St-Laurent a fini couché au sol lors de son arrestation au Portofino.

Une photo de l'arrestation de Jean-Philippe St-Laurent, qui provient d'une caméra de surveillance du Portofino.

Photo : Gracieuseté

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a confié mercredi matin au commissaire à la déontologie policière, une deuxième enquête concernant une intervention musclée de la part de policiers de Québec. Elle assure qu'il s'agit du meilleur moyen pour s'assurer d'une pleine transparence.

Cette fois, l'enquête vise une intervention survenue le 26 novembre dernier au restaurant le Portofino du secteur de Sainte-Foy.

Geneviève Guilbault en point de presse à l'Assemblée nationale.

Geneviève Guilbault en point de presse à l'Assemblée nationale

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Les images montrant l'intervention ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Cette vidéo a été captée par une caméra de surveillance du Portofino.

Image de l'arrestation de Jean-Philippe St-Laurent filmée par une caméra de surveillance du Portofino.

Ce ne sont jamais des images qu'on aime voir. Ce sont des images qui préoccupent beaucoup de gens. Mais on a vu seulement un fragment de l'intervention. On a besoin d'avoir l'entièreté des informations qui entourent l'intervention pour pouvoir tirer des conclusions, a affirmé Geneviève Guilbault à l'entrée du conseil des ministres.

La vice-première ministre du Québec a fait l’annonce de cette nouvelle enquête sur Twitter.

J'ai confié un deuxième mandat au Commissaire à la déontologie policière concernant une autre intervention du@SPVQ_police (Nouvelle fenêtre) la fin de semaine dernière. Les images qui ont circulé hier sont préoccupantes et cet événement doit également être examiné de manière indépendante, a-t-elle écrit.

Des captures d'écran d'une vidéo filmant l'intervention.

L'intervention des policiers dans le restaurant Portofino à Sainte-Foy.

Photo : Capture d’écran - Facebook / Sébastien Gauthier

L'intervention

Un témoin a filmé un homme qui se fait plaquer au sol et frapper à de nombreuses reprises. L'homme maîtrisé, Jean-Philippe St-Laurent, a témoigné à propos de l'intervention policière devant l'équipe de Radio-Canada.

Ce dernier affirme avoir été victime de violence gratuite de la part des agents. M. St-Laurent était attablé avec un groupe d'amis quand les policiers ont voulu procéder à l'arrestation de l'un d'entre eux. L'homme de 29 ans s'est alors interposé, plaidant que la police n'avait aucun motif d'arrêter son ami.

Les blessures sur le visage de l'homme à l'hôpital à la suite de l'intervention des policiers.

Les blessures sur le visage de Jean-Philippe St-Laurent, qu'on voit ici à l'hôpital à la suite de l'intervention des policiers au restaurant Portofino.

Photo : Gracieuseté : Jean-Philippe St-Laurent

Après des échanges verbaux durant lesquels M. St-Laurent ne s'en est pas pris physiquement aux agents, ces derniers l'ont plaqué au sol. Il a reçu plusieurs coups alors qu'il était couché sur le ventre.

Trois des policiers qui ont participé à cette intervention étaient aussi présents lors de l'arrestation musclée du jeune Pacifique Niyokwizera plus tard dans la même soirée, sur la Grande Allée.

Mieux que le BEI

Plusieurs voix s'élèvent, depuis la diffusion de vidéos montrant des portions des interventions, pour qu'une enquête soit aussi menée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). Les partis d'opposition en font d'ailleurs unanimement la requête.

Geneviève Guilbault estime que ce n'est pas le mandat du BEI.

Le BEI a pour mandat d'enquêter sur d'éventuelles allégations criminelles qui concerneraient l'action de policiers. Ce n'est pas le cas actuellement. C'est davantage une analyse qui doit se faire d'un point de vue déontologique et éthique, mentionne-t-elle.

La ministre de la Sécurité publique soutient également que la transparence serait moins grande.

Je m'engage à rendre public tout ce que je peux rendre public à l'issue de l'enquête du commissaire, ce qui n'aurait pas été le cas avec le BEI. Le BEI fait des rapports confidentiels. Tout ce qu'on sait, c'est si le DPCP porte des accusations ou non et un résumé très laconique, explique-t-elle.

Séquence de l'arrestation de Jean-Philippe St-Laurent au Portofino.

Séquence de l'arrestation de Jean-Philippe St-Laurent au Portofino, faite à partir des images d'une caméra de surveillance de l'établissement.

Photo : Gracieuseté

Enquêtes distinctes

En l'espace de quelques heures, des policiers de l'escouade GRIPP du Service de police de la Ville de Québec, affectée à la surveillance des bars de la ville, ont été impliqués dans deux interventions où la force utilisée pourrait avoir dépassé les limites.

Un total de quatre enquêtes ont maintenant été confirmées en lien avec la nuit du 26 au 27 novembre.

Deux enquêtes internes distinctes ont été déclenchées au sein du corps de police municipale, la première pour l'intervention sur Pacifique Niyokwizera et une autre pour celle sur Jean-Philippe St-Laurent.

Un policier, de dos, et une policière maintiennent une femme, face contre le sol, à terre.

Pacifique Niyokwizera a été roué de coups alors qu'il était maîtrisé au sol par les policiers, quelques heures après l'intervention au Portofino de Sainte-Foy.

Photo : Capture d'écran

La ministre Geneviève Guilbault a pour sa part ordonné une enquête au Commissaire à la déontologie policière pour chacune des interventions.

Le Commissaire a techniquement six mois, en vertu de la Loi sur la police, pour faire la lumière sur ces événements, bien que la ministre ait demandé des résultats plus rapidement, en particulier dans le cas de Pacifique Niyokwizera.

Si des éléments criminels étaient constatés ou soupçonnés par le Commissaire, le Directeur des poursuites criminelles et pénales, ou encore le Bureau des enquêtes indépendantes, pourrait alors prendre la relève.

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