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Thérapies de conversion : O’Toole autorisera un vote libre parmi les conservateurs

Portrait d'Erin O'Toole.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

Le chef conservateur Erin O'Toole permettra une fois de plus à son caucus un vote libre sur un projet de loi du gouvernement visant à interdire les thérapies de conversion.

Les soi-disant thérapies sont largement discréditées en tant que pratiques néfastes visant à essayer de changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'un individu.

Plus tôt dans la semaine, les libéraux ont déposé un projet de loi pour la troisième fois à la Chambre des communes pour rendre illégales ces pratiques.

Une deuxième version du texte législatif était morte au feuilleton au Sénat, lorsque l'élection fédérale a été déclenchée et le Parlement, dissous, en août dernier.

Il a cependant été adopté par la Chambre des communes, où 62 des 119 députés de M. O'Toole ont voté contre le projet de loi, malgré les efforts du chef pour faire preuve d'une position plus progressiste sur les questions LGBTQ+.

À cette époque, de nombreux députés conservateurs se sont plaints que le libellé du projet de loi était trop large et pourrait criminaliser les conversations sur la sexualité entre les enfants et leurs parents ou avec les chefs religieux.

Le vote a provoqué un tollé, les critiques accusant M. O'Toole de ne pas être à la hauteur de sa rhétorique plus progressiste sur les enjeux LGBTQ+.

Face à un autre vote sur la question prochainement, une porte-parole de M. O'Toole a confirmé qu'il autoriserait à nouveau un vote libre, mais a ajouté qu'il est depuis longtemps un allié de la communauté LGBTQ+ et continuera à soutenir les efforts visant à interdire les thérapies de conversions.

Il continuera également de souligner le fait que les libéraux ont échoué à trois reprises à agir rapidement sur la question, a écrit la directrice des communications de M. O'Toole, Josie Sabatino.

Alors que le projet de loi sera soumis à un vote libre, tous les députés conservateurs s'opposent à la pratique coercitive et nuisible consistant à essayer de changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne, a-t-elle ajouté.

Un échec de leadership

Permettre aux députés de voter comme ils l'entendent sur des questions de conscience a été la position de M. O'Toole depuis qu'il est devenu chef du parti, qui comprend un nombre important de députés issus de son aile sociale conservatrice.

Le fondateur du groupe de défense No Conversion Canada, Nicholas Schiavo, a affirmé que les chefs fédéraux devraient s'assurer que le projet de loi soit approuvé à l'unanimité pour envoyer un message clair aux Canadiens LGBTQ+ que la thérapie de conversion est inacceptable. Il a qualifié de décevante la décision de M. O'Toole d'autoriser un vote libre.

« Vous mettez à risque la vie de Canadiens LGBTQ+ pour un débat. Et vous acceptez de débattre de leurs libertés fondamentales. Je ne crois pas que vous puissiez tenir des votes de conscience sur des questions inadmissibles. C'est un échec de leadership. »

— Une citation de  Nicholas Schiavo, fondateur du groupe de défense No Conversion Canada

Une porte-parole des néo-démocrates a confirmé que tous les députés de la formation politique voteraient en faveur de l'interdiction.

M. Schiavo a déclaré que Michelle Rempel Garner, une députée conservatrice bien connue qui défend depuis longtemps les droits de la communauté LGBTQ+, a accepté de les rencontrer. Son groupe espère que deux députés conservateurs ouvertement homosexuels – Eric Duncan et Melissa Lantsman – feront également avancer le dossier.

Le PCC est contre les thérapies de conversion, assurent des députés

Les députés de M. O'Toole auront l'occasion de discuter du texte législatif lorsqu'ils se réuniront à Ottawa mercredi pour leur rencontre hebdomadaire du caucus national.

En chemin vers la rencontre, le leader conservateur aux Communes Gérard Deltell a dit aux journalistes que les membres du parti qui ont des inquiétudes sur la façon dont est écrit le projet de loi pourront en débattre en privé.

M. Deltell a par ailleurs reproché au gouvernement d'avoir tardé à faire avancer ce dossier.

Rappelons d'abord le fait que c'est la troisième fois que le gouvernement amène cette loi-là. Si pour le gouvernement, c'était important qu'il fallait qu'il agisse rapidement par rapport à ce dossier-là, il l'aurait fait promptement, a-t-il noté.

Il nie également que quelque député conservateur que ce soit s'oppose à l'interdiction des thérapies de conversion.

Trouvez-moi un député conservateur qui est en faveur des thérapies de conversion. Tous les députés qui ont pris la parole ont clairement annoncé qu'ils étaient contre. Ils avaient des préoccupations par rapport au projet de loi tel qu'il était écrit, alors on va en discuter au caucus.

« Je vous mets au défi de trouver un député conservateur qui a dit que, lui, il était en faveur des thérapies de conversion. C'est complètement faux! »

— Une citation de  Gérard Deltell, leader du Parti conservateur du Canada aux Communes

Le député conservateur québécois Pierre Paul-Hus abonde dans le même sens.

Le Parti conservateur, c'est clair, on est contre les thérapies de conversion. Ça a traîné en longueur au printemps, c'est le gouvernement qui a traîné volontairement, nous maintenant, ce qu'on veut, c'est que ça procède et qu'on passe à un autre appel, a-t-il déclaré à son arrivée aux Communes.

La députée ontarienne nouvellement élue, Michelle Ferreri, a confirmé qu'elle prévoyait appuyer l'interdiction, se contentant de dire que les thérapies de conversion sont une mauvaise chose.

COVID-19 et avortement

Les conservateurs devront également discuter d'un autre projet de loi du gouvernement lié à la COVID-19. Le projet de loi à deux volets accorderait 10 jours de congé de maladie payé aux travailleurs sous réglementation fédérale et créerait deux nouvelles infractions au Code criminel pour quiconque menace un travailleur de la santé ou entrave l'accès à un établissement de santé.

Ces dernières mesures sont en réponse aux manifestations antivaccins devant des hôpitaux et des cliniques, mais elles s'appliqueraient également aux établissements où des avortements sont pratiqués.

Les libéraux ont longtemps utilisé l'avortement pour creuser un fossé politique avec les conservateurs, la campagne électorale fédérale de septembre étant l'exemple le plus récent.

La Campaign Life Coalition, une organisation nationale antiavortement, a déjà averti que le projet de loi pourrait restreindre la liberté d'expression de ceux qui veulent s'opposer publiquement à la procédure.

La députée d'arrière-ban de longue date de l'Ontario, Cheryl Gallant, a également déclaré dans une récente vidéo publiée sur les réseaux sociaux que le premier ministre Justin Trudeau voulait une interdiction de manifester et s'est demandé quel type de manifestation sera interdit ensuite.

Une déclaration du bureau d'Erin O'Toole suggère que les conservateurs prévoient appuyer le projet de loi. Mais Mme Sabatino n'a pas répondu à une question visant à savoir si la ligne de parti sera imposée.

Elle a déclaré que les conservateurs soutiennent les mesures existantes du Code criminel qui protègent les travailleurs de la santé et soutiendront également les nouvelles mesures proposées dans [le projet de loi] ainsi que les dispositions sur les congés de maladie payés pour toutes les industries sous réglementation fédérale.

Mme Sabatino a également promis qu'un gouvernement conservateur étendrait la législation à d'autres ouvrages publics et infrastructures essentielles.

Erin O'Toole a dans le passé critiqué les blocages et les manifestations organisées contre les infrastructures de transport, telles que les voies ferrées.

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