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Louis-José Houde seul au sommet

L’humoriste a 44 ans, n’a pas d’enfant et une séparation amoureuse lui a inspiré un nouveau spectacle vertigineux intitulé Mille mauvais choix. Une leçon d’humour.

Un homme qui sourit. Il porte un chandail vert et un blouson noir.

Louis-José Houde présente son nouveau spectacle intitulé Mille mauvais choix (archives).

Photo : A Média / Karine Dufour

CRITIQUE – Même s’il est riche, célèbre et beau garçon, Louis-José Houde se sent bien seul dans sa grande maison située à Outremont commence-t-il par dire dans son spectacle, sans aucun doute le plus personnel de sa carrière. Sous le signe de l’autodérision, il livre ses états d’âme vécus à la suite d’une récente séparation amoureuse, car après tout : « Une séparation, ça fucke ta semaine », blague-t-il.

Dans Mille mauvais choix, Louis-José Houde explore ce vide entourant cette séparation qui a été longue et pénible à tel point que le célibataire a dû se réfugier à son chalet pour se réconforter en écoutant la musique de Rush et en suivant les prodigieux conseils du batteur du groupe torontois, Neil Peart. Le célibataire a même failli se battre avec le nouvel amoureux de son ex-conjointe.

Pendant 90 minutes, l’humoriste rira de lui-même et de cette vie passée à surmonter ses peines d’amour et à écrire des blagues pour gagner sa vie. Mais ce qu’il veut vraiment est d’avoir un enfant qu’il pourrait nommer Ingrid Houde. Pourquoi pas.

Louis-José Houde ne rajeunit pas et lorsqu’il éternue trois fois, il doit faire une sieste, lance-t-il. S’il vieillit, son humour, par contre, n’a pas pris une ride.

On retrouve dans Mille mauvais choix les archétypes qui l’ont rendu populaire, qu’on pense à ses intonations et à son rythme parfois saccadé. Il n’en est pas à son premier barbecue, mais l’humoriste va encore plus loin et il se met en danger.

Il réussit le tour de force de nous faire rire en abordant des thèmes sensibles comme le suicide (ça fait baisser la valeur des maisons), les camps de concentration (on peut y trouver l’amour) et les agressions sexuelles (un incitatif pour ne pas aller en prison).

Avec son immense talent de conteur, il nous fait rapidement oublier que Je est un autre et que cette immense mise en scène sert d’abord et avant tout l’art de la farce. Le Louis-José Houde version 2021 aborde les thèmes de sa génération avec brio. Certaines tirades sont inoubliables. Je me souviendrai longtemps de celles où il affirme que les gens qui font du jogging à 40 ans et qui ont le poids qu’ils avaient à 18 ans cachent quelque chose. Peut-être a-t-il raison.

Son quatrième spectacle baptisé Préfère novembre (2017-2020) avait été présenté 320 fois et 270 843 billets avaient été vendus. Son hilarant numéro sur les mères monoparentales était sans aucun doute le clou de ce spectacle. Il reprend dans Mille mauvais choix, déjà présenté une centaine de fois, le même ton et la même énergie que celle déployée dans le monologue des mères monoparentales.

Avec son nouveau spectacle, cette étoile de l’humour au Québec redescend sur terre pour mieux se raconter. Cela lui va très bien. À la fin de chaque spectacle, Louis-José Houde espère avoir tué son public, une expression utilisée par les humoristes pour exprimer le sentiment du devoir accompli. Car l’humoriste carbure à la dopamine sécrétée par les applaudissements. Il veut avoir le sentiment d’être aimé pour être ainsi moins seul dans son château.

Qu’il dorme en paix dans son palais qui lui sert de maison, il nous a tous tués.

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