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O’Toole et Trudeau utilisent leurs répliques au discours du Trône pour s’attaquer

Justin Trudeau intervient à la Chambre des communes.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Exercice imposé, les chefs des partis d'opposition et le premier ministre ont donné aux Communes, mardi, leurs répliques au discours du Trône de la semaine dernière.

Le chef de l'opposition officielle, le conservateur Erin O'Toole, a ouvert les hostilités en matinée, s'offrant le luxe d'un discours de plus de 70 minutes, où il a essentiellement repris les arguments qu'il avait servis pendant la campagne électorale de l'été dernier.

Il a reproché au gouvernement libéral minoritaire de négliger l'inflation au pays, et même d'en être responsable. Et il a dénoncé l'absence de plan pour contrer la pénurie de main-d’œuvre, dans le discours prononcé par la gouverneure générale.

Ce n'est pas une priorité pour le gouvernement libéral. Nous allons remédier aux pénuries de main-d'œuvre, a-t-il promis.

Chaudement applaudi par les siens lorsqu'il a vanté la nécessité de vendre aux Américains le pétrole le plus éthique et le plus écologique produit au Canada, il a aussi suscité leurs rires quand il s'est moqué du ministre de l'Environnement, Steven Guilbeault, qui, a-t-il dit pour souligner son absence en Chambre, doit être en train de pédaler sur son vélo pour venir à Ottawa.

Le chef conservateur a conclu son discours en invitant les électeurs, la prochaine fois, à acheter la voiture bleue .

Son discours, M. O'Toole l'a offert entouré des siens, mais en face, les banquettes du gouvernement étaient presque vides.

Le conseil des ministres de Justin Trudeau était réuni, un étage plus haut, à cette heure-là pour discuter, entre autres, des mesures à prendre afin de ralentir la progression du variant Omicron, nouvelle menace de la COVID-19.

C'est la députée bloquiste Monique Pauzé qui a pris à partie M. O'Toole, en Chambre, après son discours. Le pétrole éthique et propre, ça n'existe pas, lui a-t-elle lancé.

Trudeau attaque sur la vaccination

Erin O'Toole intervient à la Chambre des communes.

Le chef de l'opposition officielle, Erin O'Toole

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Le premier ministre, lui, a dû attendre l'après-midi pour offrir sa réponse à la réplique conservatrice. Justin Trudeau a alors mis presque toutes les énergies de son discours pour attaquer Erin O'Toole.

Crise du logement, crise climatique, programme national de garderies à 10 $ par jour... autant de dossiers que, selon M. Trudeau, les conservateurs continuent à bloquer.

Le premier ministre a étendu sa critique des conservateurs jusqu'au terrain de la vaccination.

C'est le seul parti dans cette Chambre qui n'a pas pris la peine d'être pleinement vacciné, a rappelé le premier ministre. Un nombre inconnu de députés d'Erin O'Toole ont obtenu des exemptions médicales pour ne pas être vaccinés contre la COVID-19.

S'ils avaient gagné cette élection, en ce moment même, des gens voyageraient à bord d'avions et de trains sans avoir besoin d'être pleinement vaccinés, créant un risque pour les Canadiens, a-t-il ajouté, y voyant un danger pour la santé publique et pour l'économie.

Autres critiques et amendements

En début d'après-midi, c'était au tour du chef bloquiste Yves-François Blanchet de reprendre ses critiques du discours du Trône.

Il est ainsi revenu sur la menace d'un empiétement dans le champ des compétences des provinces qu'est la santé.

Vendez-nous vos juridictions. C'est l'approche libérale. Et ça fait en sorte qu'on a un discours du Trône qui ne dit absolument rien et qui nous dit rapidement non, collaborer, ça veut dire donnant-donnant des deux bords. Ça nous a laissés dangereusement sur notre faim, a-t-il affirmé.

Yves-François Blanchet

Yves-François Blanchet

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Le chef néo-démocrate, quant à lui, a parlé de crise de logement, des besoins de réconciliation avec les Premières Nations et de crise climatique.

On doit promouvoir l'énergie propre, a plaidé Jagmeet Singh, en reprochant au gouvernement libéral de continuer à subventionner les producteurs canadiens d'énergies fossiles.

Comme il est de mise, il y a eu présentation d'un amendement de la part de l'opposition officielle et d'un sous-amendement de la part de la deuxième opposition, de la motion qui conduira à l'adoption du discours du Trône.

Dans l'amendement conservateur, on propose, entre autres, de contrer la pénurie de main-d’œuvre en adaptant les critères d'immigration aux besoins des employeurs et en simplifiant les règles pour les travailleurs étrangers temporaires.

Le discours du Trône sera adopté

Le sous-amendement bloquiste, lui, exige que les transferts fédéraux augmentent jusqu'à couvrir 35 % des coûts de santé au Québec et dans les provinces, et que ces transferts soient indexés annuellement à la hauteur de 6 %. Le sous-amendement impose également une augmentation de la pension de la Sécurité de la vieillesse pour les personnes âgées de 65 à 74 ans, alors qu'en ce moment cette augmentation est limitée aux aînés de 75 ans et plus.

Même si le sous-amendement bloquiste ne passait pas – et c'est fort probablement le sort qui l'attend – le discours du Trône sera adopté.

M. Blanchet s'y est engagé la semaine dernière, ne voyant aucune raison de voter contre un texte qui, selon lui, disait peu de choses. Un appui du Bloc québécois garantit la survie du gouvernement minoritaire libéral, au moment de ce vote de confiance qui sera tenu une fois les six jours de débat sur le discours du Trône épuisés.

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