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35 CPE de l’Estrie sont en grève générale

Une classe dans une garderie vue à travers une maison en Lego.

Les 35 CPE affiliés à la CSN en Estrie sont en grève générale illimitée dès mercredi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Depuis mercredi matin, les 35 centres de la petite enfance (CPE) affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) en Estrie sont en grève générale illimitée.

Malgré des négociations qui ont duré toute la journée, mardi, le syndicat et le gouvernement du Québec ne sont pas parvenus à une entente. Les Centre de la petite enfance touchés seront donc fermés jusqu’à nouvel ordre. 

« Pour les parents, ça veut dire qu’il n’y a pas de service éducatif à l’enfance pour tous les CPE syndiqués CSN. Pour les travailleuses, ça veut dire faire du piquetage dehors au froid et ne pas avoir de salaire tant qu’on n’aura pas d’entente significative satisfaisante. »

— Une citation de  Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS-CSN

On a continué à négocier [mardi], on a rencontré la partie patronale dimanche soir, après avoir avisé qu’avec notre mandat de grève, on allait déclencher la grève le 1er décembre. On espérait vraiment faire débloquer les choses, explique l’Estrienne Stéphanie Vachon, représentante du secteur des Centre de la petite enfance à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN). 

On a des avancées, mais pas nécessairement significatives, et la problématique des autres appellations d’emploi n’est pas réglée, donc on n’a pas le choix de procéder et de déclencher la grève générale illimitée, malheureusement, ajoute-t-elle. 

Les augmentations proposées au personnel de soutien, comme les responsables de l’alimentation, sont en effet insuffisantes, selon le syndicat.

Présentement, les éducatrices, on comprend que c’est à peu près conclu. C’est 18 % sur trois ans. Pour les autres types d’emploi, on est entre le 6 et le 9,3 %, ce qui donnerait par exemple à une responsable en alimentation, malgré toutes les tâches qui lui incombent, au sommet de l’échelon, à peine 22,47 ou 22,59 $ de l’heure. C’est tout à fait insuffisant si on compare ce travail-là à quelque chose qui se fait dans le secteur public, soutient Lucie Longchamps, vice-présidente de la FSSS-CSN.

Avec l'augmentation des allergies, qui sont de plus en plus graves, car ils ont des EpiPen, on a une grosse responsabilité. Avant même de cuisiner, il faut gérer le budget, planifier, organiser, acheter, et après ça on cuisine, souligne quant à elle Carole Archambault, cuisinière au Centre de la petite enfance Au cœur des mésanges. Cette dernière manifestait avec ses collègues mercredi matin.

Les travailleuses en Centre de la petite enfance demandent aussi de régler d’autres problèmes, dont le ratio d’éducatrices par enfants.

En Estrie, les syndiqués ont voté en faveur de la grève générale illimitée à hauteur de 97 %, indique la Fédération de la santé et des services sociaux-Confédération des syndicats nationaux.

Parents solidaires

Plusieurs parents rencontrés par Radio-Canada mardi soir se sont montrés solidaires envers les travailleuses. La grève amène cependant de nombreux problèmes logistiques.

Évidemment, on leur souhaite une amélioration des conditions, mais c’est très difficile pour les familles avec les situations au primaire, le confinement à la maison, les contacts dans les classes, la grève des Centre de la petite enfance, explique notamment Francesca Théberge, mère de deux jeunes enfants.

Francesca Théberge et ses deux enfants.

La grève représente un casse-tête pour certains parents, explique Francesca Théberge.

Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Moi, je travaille dans le réseau de la santé à l’hôpital et ce n’est pas évident. En contexte de COVID, on n’a pas accès nécessairement aux grands-parents pour garder non plus, c’est un casse-tête monumental, ajoute-t-elle.

Pas de loi spéciale

Le syndicat sera à la table de négociations mercredi et jeudi pour tenter de régler l’impasse avec le gouvernement.

Le gouvernement de François Legault exclut pour le moment de recourir à une loi spéciale pour forcer les travailleuses à retourner dans les Centre de la petite enfance. Québec a cependant qualifié les demandes des employées de soutien d'inacceptables.

Ce que je veux, c'est que tout le monde comprenne que le problème n'est pas les employées en garderie, ce sont les employées de soutien. Pour l'instant, ce n'est pas clair dans le message des syndicats, a martelé le premier ministre du Québec.

Le gouvernement est le seul à avoir fait les pas dans la direction pour rejoindre les éducatrices. Une négociation, ce n'est pas un ultimatum qui dit "prenez 100 % de mes demandes, alors que l'on continue à en rajouter tout le temps, a quant à elle avancé la présidente du Conseil du Trésor du Québec Sonia LeBel.

Rappelons que les CPE affiliés à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ont également en main un mandat de grève. Pour le moment, aucune date n'a cependant été avancée pour ce débrayage.

Avec les informations de Guylaine Charette et de Brigitte Marcoux

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