•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Grève générale illimitée dans les CPE de l’Outaouais

Des personnes qui font la grève.

Le personnel du CPE Aux Petits Lurons à Aylmer est en grève illimitée depuis mercredi matin.

Photo : Radio-Canada / Stéphane Leclerc

Radio-Canada

Les centres de la petite enfance affiliés à la CSN entament dès mercredi une grève générale illimitée. La journée de négociation de mardi n’a pas permis au syndicat de trouver un terrain d’entente avec le gouvernement.

Depuis l’annonce de la grève la semaine dernière, les négociations ont malheureusement peu progressé, a expliqué Stéphanie Vachon, représentante du secteur des CPE à la FSSS–CSN. Le gouvernement a finalement accepté de discuter de plusieurs points qu’il refusait d’aborder auparavant, mais l’écart entre nos positions demeure colossal et l’épineuse question de la rémunération du personnel de soutien est toujours dans une impasse. 

Le syndicat a ajouté que si une entente est imminente quant à la rémunération des éducatrices, d’autres enjeux tels que les augmentations de salaire pour les autres titres d’emploi, les rations et la bonification du régime d’assurance collective en sont toujours au point mort.

Le gouvernement ne semble pas saisir toute l’étendue de la colère des travailleuses, qui ont voté en faveur de la grève générale illimitée à hauteur de 91 % ici dans la région, rappelle Najoua Zitouni, vice-présidente à la négociation et agente de litiges au Syndicat des travailleurs(euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais STCPEO - CSN.

Une femme à l'extérieur.

Najoua Zitouni, vice-présidente à la négociation et agente de litiges au Syndicat des travailleurs(euses) en centre de la petite enfance de l’Outaouais STCPEO - CSN.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

« Plusieurs d’entre elles nous le disent, c’est la négo de la dernière chance. Si le gouvernement continue de refuser d’améliorer considérablement leurs conditions de travail, il y aura d’autres coupes de services par manque de personnel.  »

— Une citation de  Najoua Zitouni, vice-présidente à la négociation et agente de litiges

Nous savons que chaque jour de grève amène des complications pour les parents et c’est fort dommage, a déploré Mme Zitouni. Dans les derniers jours, nous avons encore pu voir une multitude d’entre eux nous appuyer publiquement et c’est grandement apprécié par les travailleuses.

Leur appui nous aide à mettre de la pression sur le gouvernement pour que le conflit se règle dans les plus brefs délais et c’est ce que nous voulons tous et toutes, a-t-elle conclu.

Le gouvernement fait preuve de bonne foi, selon le ministre Lacombe

On reconnaît qu'il y avait un manque à gagner, donc on a mis 20% de plus sur la table, dit d’emblée Mathieu Lacombe, ministre de la Famille et ministre responsable de l’Outaouais, au sujet de la rémunération des éducatrices en Centre de la petite enfance

Selon lui, les demandes des syndicats ont changé en cours de route. Il explique qu’au départ, il était seulement question de la rémunération des éducatrices et puis les demandes ont été élargies au personnel de soutien.

C’est comme si le gouvernement devait toujours tout donner. L’argent qu’on leur donne, ça vient des citoyens et quand on investit à un endroit, on investit moins ailleurs, illustre le ministre Lacombe en entrevue à l'émission Les matins d'ici, en ajoutant que les employés de soutien ont déjà une augmentation de salaire qui est plus importante que dans le secteur public : Je pense que l’offre qu’on a sur la table est équilibrée .

Des jouets d'enfants à l'extérieur en hiver.

Le personnel des CPE est en grève mercredi partout au Québec.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

« Ça ressemble à une garderie en ce moment, il faut régler cela au plus vite »

— Une citation de  Mathieu Lacombe, ministre de la Famille et ministre responsable de l’Outaouais

Les éducatrices devaient avoir un rattrapage plus important et j’ai insisté là-dessus quand je suis arrivé au gouvernement, dit-il.

Le ministre assure qu’une loi spéciale n’est pas dans la carte pour le moment et que le gouvernement souhaite plus que tout en venir à une entente. Je suis certain que les syndicats veulent la même chose, conclut-il.

Des parents solidaires, malgré les difficultés

En attendant, certains parents se montrent solidaires des éducatrices, malgré les difficultés. C'est le cas de Melissa St-Amand.

C’est sûr que ça me cause un peu d'anxiété et de frustration, je ne vais pas le cacher. Mais je suis solidaire, car les éducatrices, ce sont mes anges gardiens. Et ça démontre aussi l’importance des éducatrices, car si elles ne sont pas là, nous, on ne peut pas travailler, dit-elle.

Une femme pose avec un enfant devant un sapin de Noël.

Melissa St-Amand et sa fille

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Dans les prochains jours, Mme St-Amand s'apprête à faire ce qu'elle faisait déjà lors des autres journées de grève.

Je vais m’occuper des enfants l’avant-midi, je vais essayer de rattraper un petit peu de temps pendant les siestes, puis je vais travailler le soir jusqu’à 9 h au moins. Par contre, c’est sûr que ça a des désavantages, car je ne me présente pas aux réunions, je manque beaucoup d’informations… Il y a beaucoup de morceaux qui manquent quand je fais mes projets le soir, explique-t-elle.

La situation dans les Centre de la petite enfance a déjà eu un impact majeur sur sa famille et elle craint les prochains jours.

Mon conjoint travaille sur la construction. [...] Et entre la grève et la COVID [...], c’est arrivé qu’il soit obligé de rester ici. Et malheureusement, il a été mis au chômage plus tôt que prévu, parce qu’il s’absentait trop et que les travaux n’avançaient pas. [...] Ça a ses répercussions et je n’imagine pas pour les prochaines journées, car on ne sait pas ça va être jusqu’à quand [la grève].

La grève générale illimitée a été déclenchée mardi soir pour près de 400 centres de la petite enfance à travers le Québec. En Outaouais, ce sont 600 travailleurs qui sont en grève, 21 centres sont touchés.

Avec les informations de Frédéric Pepin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !