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Route Tłı̨chǫ : un nouveau chapitre s’ouvre pour les T.N.-O.

Le panneau qui annonce le début de la route Tłı̨chǫ.

Depuis mardi matin, la route Tłı̨chǫ relie Yellowknife toute l'année.

Photo : CBC / Loren McGinnis

Radio-Canada

La communauté de Whatì, dans les Territoires du Nord-Ouest, est dorénavant reliée par une route toute saison à Yellowknife et d’autres communautés. Certains craignent néanmoins ce que cette nouvelle construction signifie pour l’environnement et l’afflux de produits illicites.

Mardi, Alfonz Nitsiza, le chef de Whatì s’apprêtait à faire quelque chose qu’il n’avait jamais fait  : prendre sa voiture pour se rendre à Yellowknife sur une route ouverte toute l’année.

Depuis 10 h mardi, sa communauté, située à 164 kilomètres au nord-ouest de la capitale ténoise, n'est plus une communauté uniquement accessible par les airs à cette époque de l’année. Une route de gravier de deux voies qui s’étend sur 97 kilomètres de long a été officiellement ouverte au public.

La route Tłı̨chǫ, qui a coûté 185 millions de dollars, relie la route 3 et le système national routier, tout au long de l’année. Avant cela, Whatì était accessible uniquement par une route d’hiver, ouverte généralement entre la fin de janvier et la mi-avril.

Le chef de Whatì, Alfonz Nitsiza, assis à une table.

Le chef de Whatì, Alfonz Nitsiza, se réjouit de l'ouverture de la route Tłı̨chǫ qui va faciliter les déplacements.

Photo : CBC / John Van Dusen

Cette nouvelle voie terrestre reliera aussi les communautés Tłı̨chǫ de Gamètì et Wekweètì au sud, par leurs routes d’hiver, qui pourront maintenant ouvrir plus tôt et rester ouvertes plus longtemps.

Les gens sont vraiment ravis, confie M. Nitsiza.

Une ouverture qui amène de nombreux avantages

Selon M. Nitsiza, les bénéfices pour la communauté d’environ 500 habitants sont nombreux : un accès plus facile à la nourriture et plus d’occasions pour les jeunes de voyager pour des tournois sportifs. Il y a également des frais de transport réduits pour les marchandises, qui devaient auparavant être acheminées par les airs, et les habitants peuvent désormais visiter leurs proches sans devoir prendre des vols coûteux.

L’aller-retour pour un trajet aérien de Whatì jusqu’à Yellowknife, en 40 minutes environ, revient à plus de 500 $ par personne. Le voyage peut vite devenir cher pour une famille entière. Maintenant, celle-ci peut faire le trajet en quelques heures de voiture en utilisant un seul réservoir d’essence.

Vue aérienne d'un pont en construction.

Les 97 kilomètres de la route Tłı̨chǫ ont nécessité quatre ponts, dont celui-ci sur la rivière La Martre.

Photo : Kiewit

Alors que la communauté est devenue un poste de négociation à la fin des années 1700, la vie s’y est peu à peu sédentarisée. Au fil des décennies, une école a été construite, puis un aéroport et maintenant, une route.

« Nous vivons maintenant dans des temps différents. L’accès aux communautés est très important. Cela permettra certainement d’inviter des investisseurs en quête de développements. »

— Une citation de  Alfonz Nitsiza, chef de Whatì

C’est déjà le cas pour un projet de mine de cobalt. Le directeur de Fortune Minerals, qui possède le projet de mine NICO, considère la route comme un catalyseur essentiel du projet.

Les occasions d'affaires en matière touristique de la région, comme les chutes Whatì, sont aussi un atout.

Le revers de la médaille

Il y a aussi des inconvénients à cette nouvelle accessibilité. Alfonz Nitsiza reconnaît que la route pourrait signifier que plus de drogues et d’alcool se frayent un chemin dans sa communauté, qui tout comme Gamètì et Wekweètì, interdit les boissons alcoolisées.

Selon le député de Frame Lake, Kevin O’Reilly, le gouvernement ténois a aussi échoué à préparer Whatì à l’arrivée de la route.

Lundi, à l’Assemblée législative, il a dit s’inquiéter que le ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles (ENR) n'ait pas rempli ses obligations en matière d'évaluation environnementale relative à la route, et qu'au moins trois plans visant à protéger l'habitat environnant, et notamment le caribou boréal, n'aient pas encore été approuvés.

Kevin O'Reilly à l'Assemblée législative.

Kevin O'Reilly, le député de Frame Lake dans Yellowknife, dit craindre pour les conséquences environnementales à la suite de la construction de la route Tłı̨chǫ.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Shane Thompson, le ministre responsable de l’ministère de l'Environnement et des Ressources naturelles, affirme de son côté que le ministère a travaillé avec ses partenaires de cogestion pour remplir les exigences.

Il ajoute que les plans auxquels M. O'Reilly fait référence ont été soumis au Wek'èezhı̀ı Renewable Resource Board au cours de l'été, mais il n’a donné aucune réponse sur leur absence d'approbation.

En plus de ses craintes liées à l’environnement, Kevin O’Reilly déplore aussi le manque d’investissements dans les infrastructures de Whatì, qui selon lui est un frein à l’accueil des visiteurs.

Il reconnaît néanmoins le soutien massif qu’a reçu la route des habitants de la communauté et que celle-ci apportera sans aucun doute certains avantages.

Avec des informations de Natalie Pressman, John Van Dusen et Meghan Roberts

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