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Pretoria demande l’appui d’Ottawa pour une dérogation des brevets sur les vaccins

Un scientifique injecte une dose de vaccin à la planète Terre.

La levée des brevets sur les vaccins contre la COVID-19 ne fait pas l'unanimité.

Photo : getty images/istockphoto / Nastco

La Presse canadienne

L'émissaire de l'Afrique du Sud au Canada souhaite qu'Ottawa appuie la demande de son pays d'une dérogation aux protections conférées par les brevets pharmaceutiques sur les vaccins contre la COVID-19.

Alors que son pays fait face aux effets pervers de sa découverte du nouveau variant Omicron, la haute-commissaire sud-africaine à Ottawa, Sibongiseni Dlamini-Mntambo, estime que cette dérogation devrait être accordée pour mettre fin à l'apartheid vaccinal.

Mme Dlamini-Mntambo a indiqué en entrevue mardi que l'Afrique du Sud et l'Inde avaient transmis à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) une demande de dérogation qui permettrait la suspension des brevets sur les vaccins contre la COVID-19 que les grandes sociétés pharmaceutiques détiennent, afin d'accélérer leur fabrication et leur distribution dans les pays moins développés.

Malheureusement, le Canada est l'un de ces pays qui ne nous ont pas appuyés, a déclaré Mme Dlamini-Mntambo.

De nombreux experts prédisent depuis longtemps que de nouveaux variants vont émerger dans les pays moins développés si le rythme de vaccination de leurs citoyens est à la traîne par rapport aux pays plus riches.

Voyages : « Une réaction impulsive »

Des panneaux à l'intérieur d'un aéroport indiquant les départs.

L'entrée au Canada est présentement interdite aux ressortissants étrangers en provenance de 10 pays africains ou ayant transité par l'un d'entre eux : Afrique du Sud, Mozambique, Botswana, Zimbabwe, Lesotho, Eswatini, Namibie, Nigeria, Malawi et Égypte.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Le Marquand Perreault

Mme Dlamini-Mntambo a par ailleurs critiqué l'interdiction par le Canada et d'autres pays occidentaux des voyages en provenance des pays d'Afrique australe. Ces restrictions ont été décidées après que des scientifiques de son pays ont découvert le nouveau variant préoccupant Omicron et l'ont dûment signalé à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en toute transparence.

C'est vraiment une réaction impulsive. C'est irrationnel, c'est illogique. C'est très dur. Nous ne comprenons pas pourquoi les voyageurs en provenance d'Afrique du Sud et de pays voisins de la région de l'Afrique australe ont été interdits. Parce qu'en fait, le monde devrait saluer l'Afrique du Sud pour ses capacités poussées de recherche médicale, a-t-elle déclaré.

L'expertise de l'Afrique du Sud en matière de recherche médicale, a-t-elle noté, a été affinée pendant la malheureuse période du VIH-sida. Et maintenant, cette expertise s'avère très utile pendant l'ère COVID-19.

Mme Dlamini-Mntambo soutient que l'émergence du variant Omicron est attribuable, justement, à l'iniquité vaccinale (Nouvelle fenêtre), qui fait que moins du quart de la population sud-africaine a été complètement vaccinée, alors que les jeunes enfants occidentaux reçoivent leur première dose et que certains adultes obtiennent leur troisième.

« Et vous commencez à parler de doses de rappel [...] alors qu'en Afrique, nous luttons. On parle maintenant de choses comme “équité vaccinale”, “stockage de vaccins”, “apartheid vaccinal”. »

— Une citation de  Sibongiseni Dlamini-Mntambo, haute-commissaire sud-africaine à Ottawa

Appui de Singh

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a ajouté sa voix mardi à ceux qui demandent une dérogation aux brevets, et a affirmé que le Canada ne devrait pas protéger les intérêts des sociétés pharmaceutiques.

Interdire les vols ou arrêter les voyages ne va pas nous aider dans la lutte mondiale contre cette pandémie. On doit en venir à l'essentiel : l'outil le plus efficace, à ce jour, c'est que les gens soient vaccinés, a déclaré M. Singh.

Et pour ce faire, le Canada doit jouer un rôle en appuyant une levée de la protection par brevet des vaccins. Nous ne devrions pas protéger les intérêts des sociétés pharmaceutiques.

La demande de dérogation aux brevets devait être discutée cette semaine à Genève lors d'une réunion ministérielle à l'Organisation mondiale du commerce. Mais cette rencontre en présentiel a soudainement été annulée à cause du variant Omicron. Mme Dlamini-Mntambo espère maintenant que cette question sera bientôt à l'ordre du jour de l'Organisation mondiale du commerce.

La haute-commissaire a déclaré que l'Afrique du Sud n'avait peut-être pas la capacité de fabriquer ses propres vaccins, mais elle rappelle que son pays dispose de formidables capacités de recherche, ce qui en fait un contributeur important à la lutte pour mettre fin à la pandémie de COVID-19 dans le monde.

Pourquoi sommes-nous punis?, a-t-elle demandé. Nous pouvons avoir des difficultés, par exemple, à consacrer des ressources à la recherche. Mais nous disposons de brillants chercheurs.

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