•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

50 ans de carrière : une grande entrevue avec le « p’tit Simard »

Un homme chante dans un micro.

À seulement 60 ans, René Simard compte déjà cinq décennies de carrière.

Photo : ATTRACTION IMAGES / Felix Renaud

Radio-Canada

Alors qu’il célèbre ses 50 ans de carrière, René Simard a accordé une longue entrevue au journaliste Stéphane Leclair pour l'émission Les grands entretiens. Une émission d’une heure dans laquelle il revient sur son enfance, ses débuts fulgurants et l’importance prépondérante de René Angélil dans sa carrière.

Lorsqu’on parle d’enfants-vedettes, on pense souvent à ces carrières qui commencent en conte de fées pour se terminer en feu de paille.

À 60 ans, René Simard fait partie des exceptions. Si le chanteur a connu ses premiers succès à l’âge de 10 ans au début des années 1970, il a su s’imposer comme une force constante au Québec, avec 53 albums à son actif, dont le dernier, Condor, est sorti le 12 novembre.

Vous pouvez écouter l'entrevue intégrale avec René Simard sur la page de l'émission Les grands entretiens.

L'homme derrière le sourire

Bien que très affable de nature, René Simard cache un côté plus combatif, une nature de bûcheur qui explique en partie la longévité de sa carrière. Cette dualité est d’ailleurs bien illustrée dans une photo du chanteur avec le boxeur Muhammad Ali, tous deux invités au Howard Cosell Show, sur les ondes d'ABC, en 1976.

On peut y voir le jeune René Simard, tout sourire, simuler un coup au visage du roi du ring, qui était alors au faîte de sa gloire. Le chanteur attribue ce côté de sa personnalité entre autres à son père, Jean-Roch Simard, décédé en 2010.

Mon père a déjà été draveur. C’est un gars qui s’est quand même battu, entre autres contre toutes sortes de démons, a expliqué M. Simard à Stéphane Leclair.

Pour moi, c’était aussi une source d’inspiration, parce que ma mère a eu neuf enfants, dont deux perdus à la naissance. Pour subvenir aux besoins de la famille, [mon père] a fait toutes sortes de métiers : plongeur, cuisinier, agent de sécurité, etc.

La famille de René Simard a par ailleurs été un modèle de résilience et d’humilité pour le chanteur tout au long de sa carrière. Je viens d’une famille très simple. [...] C’est important de se rappeler d’où on vient pour apprécier ce qui suit.

Le chanteur avoue que sans son entourage, il aurait pu finir avec une maudite tête enflée, comme il l’affirmait dans un article de La Presse en 1974.

Un foyer où l’on chante est un foyer heureux

Si la popularité du petit garçon qui a grandi à Sainte-Pétronille, à l’île d’Orléans, a explosé avec son premier album, L’oiseau, il a d’abord été révélé, en 1969, aux Découvertes de Jen Roger, une émission diffusée sur la chaîne Télé-4 à Québec.

Ce qui est assez bizarre, c’est que pour moi, j’étais déjà un chanteur, parce que chez moi, on a toujours chanté. Donc, il n’y avait rien d’extraordinaire, sauf que là je chantais à Télé-4. J’ai gagné la première partie, j’ai gagné la deuxième partie et j’ai gagné le prix final, qui était un voyage à Montréal pour faire Madame est servie, à Télé-Métropole.

En effet, René Simard chantait avec sa famille depuis un bon moment déjà lorsqu’il a été découvert. Les Simard maîtrisaient notamment le répertoire des cahiers La Bonne Chanson, des cahiers de musique publiés à partir de 1937 et dont le slogan était un foyer où l’on chante est un foyer heureux.

Sur la galerie, en avant, on sortait toute la famille pour chanter à l’extérieur. [...] Mon père dirigeait sa petite chorale… Je garde un souvenir impérissable de ces moments-là.

L’importance de René Angélil

Au fil de l’entrevue, le chanteur rappelle également l’importance de René Angélil dans sa carrière. En 1972, l’impresario s’est joint à Guy Cloutier, qui avait découvert René Simard, pour s’occuper de la gérance de l’artiste.

René a toujours été de bon conseil, vraiment. C’était quelqu’un à qui je pouvais me fier, parce qu’il avait déjà un regard vers l’international. C’est pour ça qu’on est allés au Japon, à Vegas, en France, explique celui qui a remporté en 1974 le grand prix au Concours international de la chanson de Tokyo. Ce trophée lui a été remis par nul autre que Frank Sinatra.

[René Angélil], c’est quelqu’un que j’ai adoré connaître. Je l’observais et je le décortiquais, et encore aujourd’hui je garde énormément de ses conseils en tête, comme de toujours être gentil avec les gens qui nous entourent et de ne pas se péter les bretelles, parce qu’il y a beaucoup de travail à faire.

Portrait des frère et sœur qui chantent.

René et sa sœur Nathalie Simard

Photo : Fair-Play

Un cobaye pour la carrière de Céline Dion

S’il a connu une popularité fulgurante au Québec et à l’international, la carrière de René Simard aux États-Unis n'a jamais décollé comme il l’aurait souhaité; une situation qu’il attribue en partie à René Angélil et Guy Cloutier, mais sans aucune amertume.

C’est sûr que j’aurais aimé que ça se passe autrement. René Angélil l’a dit dans son livre, j’ai été un genre de cobaye pour lui, et c’est correct. Si j’ai été cobaye pour Céline, j’en suis très fier, affirme-t-il en toute candeur. Mais ils ont fait des erreurs avec moi, Guy et René, dans le temps. Mais moi, je ne suis pas quelqu’un d’amer et j’ai quand même eu la chance de vivre une belle carrière.

Il affirme d’ailleurs que le fait de ne pas avoir connu du succès aux États-Unis lui a laissé le temps d’accomplir quelque chose qui lui tenait énormément à cœur : fonder une famille. Dans les années 1980, c’est là que je me suis marié, c’est là qu’on a fondé une famille. Moi, ce que j’apprécie plus que tout, c’est l’équilibre que j’ai su aller chercher entre le côté professionnel et personnel.

Condor, un 53e album en carrière

Il y a quelques semaines, René Simard a lancé son 53e album en carrière, un opus intitulé Condor, composé entièrement de chansons originales, alors que le chanteur est pourtant un grand habitué des reprises. Ce qui était important pour souligner ma 50e année de carrière, à 60 ans, c’était d’avoir des chansons originales, parce que j’ai trop fait de covers dans ma vie, explique-t-il.

Le titre de l’album et de sa chanson-titre, Condor, serait-il un clin d'œil à son premier succès, L’oiseau?

Tout à fait. Un petit oiseau, ça vole d’arbre en arbre, ça se bat pour passer l’hiver. C’est très courageux. Mais un condor, c’est un immense oiseau qui vole en haute altitude et qui a une perspective du monde terrestre qu’un petit oiseau ne peut avoir. Pour moi, le condor boucle la boucle.

L’émission des Grands entretiens consacrée à René Simard est diffusée ce mardi soir, à 21 h, sur les ondes d’ICI Première.

Avec les informations de Stéphane Leclair, journaliste et collaborateur à l'émission Les grands entretiens.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !