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La Ferme Le Caprivore « reprend du poil de la bête »

Éliane Gélinas-Frenette et Vincent-Olivier Bastien commercialisent la viande de leurs chèvres depuis l'été 2015.

Éliane Gélina Frenette et Vincent-Olivier Bastien commercialisaient la viande de leurs chèvres depuis 2015 lorsque leur ferme a été détruite. (archives)

Photo : Radio-Canada/Isabelle Larose

Roxanne Langlois

Ravagée par les flammes en février 2021, la Ferme Le Caprivore renaît de ses cendres à Bonaventure, notamment grâce au soutien de la communauté. Les deux jeunes producteurs agricoles à l’origine de l’entreprise diversifieront leurs activités et seront désormais les seuls Gaspésiens à se dédier à la production d'œufs.

Voir leur ferme s'envoler en fumée et perdre, à l’exception des poules, l’entièreté de leur troupeau, Éliane Gélinas Frenette et Vincent-Olivier Bastien ont vécu ce drame dans la nuit du 18 au 19 février 2021.

« On était très attristés, très découragés, mais la communauté nous a vraiment soutenus. Ça nous a permis de nous relever assez rapidement et de démarrer un nouveau projet de ferme, autant en production caprine qu’en production d’œufs de consommation. »

— Une citation de  Vincent-Olivier Bastien, copropriétaire de la Ferme Le Caprivore de Bonaventure

Les premiers préparatifs ont commencé l’été dernier et la reconstruction de la grange a pris son envol cet automne. Les travaux vont d’ailleurs bon train.

La structure avance bien. On va probablement avoir une section terminée pour l’hiver afin de commencer les installations extérieures. C’est sûr qu’une ferme, […] c’est un projet d’une vie et que ce sera un travail de longue haleine pour mettre ça à notre main précise M. Bastien.

La structure de la nouvelle grange.

Cette photo, captée jeudi dernier, témoigne de l'avancement des travaux de construction.

Photo : Gracieuseté de Vincent-Olivier Bastien

Le bâtiment sera un peu plus petit que le précédent, mais sera, selon lui, mieux adapté aux besoins de l’élevage de chèvres. Le nouveau troupeau, composé de 80 chevreaux en provenance d’une ferme de la région de Bellechasse, fera quant à lui son entrée en mars prochain.

Dans les mois qui ont suivi la tragédie, les deux entrepreneurs ont par ailleurs, avec la collaboration de producteurs de viande du secteur, développé le créneau de la transformation alimentaire. Ils ont aussi misé sur la vente de produits à leur point de vente de l’avenue de Port Royal, à Bonaventure.

Ça nous a permis de nous détacher de l’incident, de mettre notre énergie ailleurs pendant l’été, mentionne Vincent-Olivier Bastien.

Les œufs à l'honneur

La Ferme Le Caprivore a été choisie dans le cadre du Programme d’aide au démarrage des producteurs d’œufs dédiés à la vente directe de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec. Elle sera l’une des cinq entreprises québécoises à bénéficier, cette année, de ce projet pilote.

Des œufs tenus par des mains.

Le moment précis du début de l'utilisation du quota n'était pas connu au moment d'écrire ces mots.

Photo : Radio-Canada

La compagnie pourra commercialiser les œufs de 500 poules pondeuses. Ce droit d’utilisation demeurera valide tant que vous serez en production, confirme la Fédération dans une lettre acheminée aux Gaspésiens le 22 novembre dernier.

La Ferme Le Caprivore estime qu’elle sera en mesure de produire annuellement environ 10 000 douzaines d’œufs. Cette annonce réjouit l'Union des producteurs agricoles (UPA) Gaspésie-Les-Îles, qui salue la résilience et les efforts déployés par le duo. Selon sa présidente Michèle Poirier, toute la région sortira gagnante de cette nouveauté.

« Les œufs ne s'en iront pas à l'extérieur de la Gaspésie. C'est vraiment pour le marché local, un marché de proximité. Je pense que c'est une très belle avenue pour la Gaspésie. »

— Une citation de  Michèle Poirier, présidente de l'UPA Gaspésie-Les-Îles

L’entreprise pourra ainsi diversifier ses activités, évitant du même coup de mettre tous ses œufs dans le même panier. Ça permet aussi d’avoir un produit qui va commencer à rapporter rapidement. Au jour un, on achète une poule, elle se met à pondre et on peut commencer à avoir des revenus, souligne le producteur agricole.

Il peut par ailleurs, mentionne M. Bastien, s’écouler 14 mois avant que des premiers bénéfices soient tirés d’une production caprine.

En mode récupération

La structure d’acier de la grange qui est actuellement aménagée à Bonaventure en est une qui a été démontée pour être de nouveau érigée. Elle provient d’une ferme de Caplan.

Un bâtiment secondaire, qui servira de pouponnière, de salle de conditionnement des œufs et de bureaux administratifs, est quant à lui déjà en place. Il est composé de quatre unités d’un motel qui a été démantelé à Bonaventure. Elles ont été déplacées sur le site de la ferme et subiront certaines modifications.

La structure de la grange.

La structure de la grange en est une récupérée.

Photo : Gracieuseté de Vincent-Olivier Bastien

C’est notre réponse à l’augmentation des coûts des matériaux. On ne pouvait pas se permettre, avec nos budgets, de construire aussi grand avec des matériaux neufs. On aurait eu un garage pour mettre deux voitures, compare Vincent-Olivier Bastien.

Cette façon de faire correspond également aux valeurs du duo qui souhaitait réutiliser les ressources déjà existantes. L’investissement nécessaire à la reconstruction de la ferme est évalué entre 150 000 $ et 160 000  $.

Un coup de main fort apprécié

Une campagne de sociofinancement a été lancée quelques heures seulement après l’incendie de février 2021. La communauté s’est fortement mobilisée; près de 50 000 $ ont été amassés.

Le directeur général de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs, Maurice Quesnel, est à l’origine de cette initiative. L'instigateur du mouvement se réjouit de la tournure des événements. Il lève son chapeau aux deux entrepreneurs.

« On voit qu’ils reprennent du poil de la bête […] et qu’ils continuent de foncer et de persévérer. Je pense qu’on a bien fait [poser] ce geste-là à l’époque. »

— Une citation de  Maurice Quesnel, directeur de la Chambre de commerce de la Baie-des-Chaleurs

Les fonds qui nous ont été offerts par la population ont servi de levier énorme, mentionne quant à lui M. Bastien. Ce montant a contribué à l’aménagement le bâtiment secondaire, mais aussi à celui de la grange. Ça nous a permis d’aller de l’avant et de rêver le bâtiment comme on le voulait, plutôt que d’être limités par des contraintes budgétaires, résume le père de famille.

Le directeur général de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs, Maurice Quesnel, devant une affiche.

Maurice Quesnel, directeur général de la Chambre de commerce Baie-des-Chaleurs, croit que la population sera heureuse de constater les avancements dans ce projet.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

M. Bastien remercie les donateurs ainsi que les nombreuses entreprises qui ont prêté main-forte à la suite des tristes événements. Ça nous rend plus forts et c’est sûr et certain qu’on va être là dans l’avenir, se réjouit-il.

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