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Des Franco-Ontariens se mobilisent pour sauver une maison patrimoniale à Lafontaine

Le côté est de la maison patrimoniale de Théophile Brunelle.

La maison historique de Théophile Brunelle à Lafontaine pourrait être démolie malgré son importance patrimoniale pour la communauté franco-ontarienne de la région.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey

Plusieurs Franco-Ontariens de la région de la baie Georgienne veulent que le conseil municipal de Tiny repousse la décision de démolir une maison patrimoniale. Des membres de la communauté croient que la structure doit être préservée en raison de son importance culturelle.

Il s'agit de l'ancienne maison de Théophile Brunelle, un personnage important dans Le loup de Lafontaine.

C’est un lieu très patrimonial. Il y a beaucoup d’histoires ici, il y a des légendes qui sont associées à cet endroit : non seulement à la maison, mais aussi au terrain.

Nadine Lalonde sourit devant la maison patrimoniale de Théophile Brunelle.

Nadine Lalonde est une bénévole pour le Festival du loup et pour l'organisme La meute culturelle de Lafontaine.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey

Nadine Lalonde est bénévole pour le Festival du loup et l’organisme La meute culturelle de Lafontaine. Elle mène présentement la charge pour sauver la maison de Théophile Brunelle, un personnage important dans Le loup de Lafontaine.

« La genèse des organismes et événements comme le Festival du loup et La meute culturelle de Lafontaine, c’est la légende du loup! »

— Une citation de  Nadine Lalonde, bénévole, Festival du loup et La meute culturelle de Lafontaine

En 2016, la maison avait été ajoutée à la liste d’intérêt patrimonial du canton de Tiny.

Selon la loi provinciale, quand un édifice est sur une liste d’intérêt patrimonial, toute démolition doit être approuvée par le conseil municipal.

Le propriétaire actuel de la maison a donc demandé au conseil municipal de Tiny de démolir la maison pour des raisons de sécurité.

Un mur extérieur de la maison qui s'est effondré.

La maison patrimoniale à Lafontaine est en piètre état et n'a pas été habitée depuis plusieurs années, selon René Laurin.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey

Par la suite, le comité patrimonial s’est dit d’accord avec le propriétaire et a recommandé la démolition au conseil municipal de Tiny.

Dans sa recommandation, le comité a aussi mentionné l’ajout d’une plaque sur les lieux pour commémorer l’histoire de la maison ainsi qu'une reproduction 3D de la maison accessible sur un site web.

Mais pour Nadine Lalonde, ce n’est pas assez.

Cette maison, c’est un patrimoine bâti qui nous donne un sens d’appartenance. C’est une mémoire physique, en trois dimensions, explique-t-elle.

De leur côté, Ghisèle Maurice et son neveu René Laurin se désolent du piètre état de la structure. Ils ont des liens familiaux relativement à la maison de Théophile. Les grands-parents de René et le mari de Ghisèle y habitaient de 1940 jusqu'à la fin des années 1960.

Ghisèle Maurice et René Laurin devant une forêt.

Les Franco-Ontariens Ghisèle Maurice et son neveu René Laurin ont un lien familial par rapport à la maison patrimoniale.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey

C’est très décevant de voir la maison dans cet état. Certains membres de ma famille refusent de venir la voir à cause de sa condition, partage M. Laurin.

« Je ne peux pas m’empêcher de penser que quelque chose de plus aurait été fait en 2016 si la maison avait eu une importance culturelle pour les anglophones. »

— Une citation de  Ghisèle Maurice, résidente de Lafontaine

Quelque chose aurait dû être fait pour préserver la maison en 2016 quand la maison a été ajoutée à la liste d’intérêt patrimonial du canton de Tiny. C’est fâchant et blessant à voir, ajoute Mme Maurice.

Un soutien du Réseau du patrimoine franco-ontarien

Quand le Réseau du patrimoine franco-ontarien (RPFO) a eu vent de la situation concernant la maison de Théophile, l’organisme a voulu soutenir les membres de la communauté de Lafontaine.

Sauver cette maison patrimoniale, c’est un enjeu provincial, selon l’agent de projet Diego Elizondo.

Ça représente un élément culturel identitaire en raison de son lien à la légende du loup. Et d’un point de vue architectural, c’est une maison de construction typiquement canadienne-française, qu’on ne retrouve presque plus dans l’ouest de la province, ajoute-t-il.

Le Réseau du Patrimoine franco-ontarien a envoyé une lettre au conseil municipal de Tiny le 24 novembre 2021 pour demander la désignation patrimoniale de la maison de Théophile Brunelle.

M. Elizondo explique qu’il y a une différence entre un bâtiment sur la liste d’intérêt patrimonial et un bâtiment qui est désigné patrimonial : le second est mieux protégé.

Le côté de la maison patrimoniale de Théophile Brunelle.

Il y a également un garage à l'arrière de la maison patrimoniale à Lafontaine.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Trickey

Le conseil municipal de Tiny va donc devoir trancher entre accepter la recommandation de démolir la maison ou la désigner comme patrimoniale, explique-t-il.

Le représentant du Réseau du Patrimoine franco-ontariencroit par ailleurs que la maison a beaucoup de potentiel récréotouristique et constate que ce serait possible de restaurer la maison, malgré les raisons données pour sa démolition.

C’est souvent les mêmes arguments qui sont mis de l’avant, explique-t-il. Les gens disent que ce n’est pas sécuritaire, que ça va coûter trop d’argent, que c’est irrécupérable. La réalité, c’est que rien n’est irrécupérable tant que ce n’est pas démoli.

La prochaine rencontre du conseil municipal de Tiny aura lieu le 15 décembre prochain. C'est à ce moment-là que les conseillers vont discuter de la lettre du Réseau du Patrimoine franco-ontarien et ils pourront prendre une décision finale en ce qui concerne la démolition de la maison de Théophile Brunelle.

Comme l’explique Nadine Lalonde, le but de la communauté franco-ontarienne à Lafontaine est de convaincre le conseil de repousser la décision.

Le permis de démolition pour la maison n’est pas encore donné, et de toute façon le propriétaire ne fera pas la démolition avant le printemps. On a du temps, alors pourquoi pas en profiter pour penser à des idées novatrices pour l’avenir de ce lieu important pour notre communauté franco-ontarienne?

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