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Justin Trudeau a gain de cause dans une poursuite en diffamation qui le visait

Justin Trudeau parle en point de presse.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Photo : Reuters / Blair Gable

La Presse canadienne

Une femme de la Montérégie ayant apostrophé le premier ministre Justin Trudeau lors d'un rassemblement libéral à l'été 2018 a été déboutée en Cour supérieure. Diane Blain avait intenté une poursuite en diffamation contre M. Trudeau en lui reprochant d'avoir porté atteinte à sa réputation.

Les avocats du premier ministre et chef libéral ont eu gain de cause dans leur demande de rejeter le recours de Mme Blain qui réclamait 90 000 $ en dommages et intérêts. Le tribunal a considéré la poursuite comme mal fondée et abusive, faute de preuve. La plaignante a livré un témoignage rempli de contradictions, d'exagérations et d'invraisemblances, a relevé la juge Michèle Monast.

Cette dernière a jeté la responsabilité sur Mme Blain pour les commentaires désobligeants qu'elle a reçus de la part de certaines personnes à la suite de l'événement. Ils sont davantage le fruit de ses propres agissements que des paroles prononcées par M. Trudeau, écrit-elle dans son jugement rendu lundi.

Diane Blain avait interrompu le discours de M. Trudeau qu'il prononçait dans une ferme de Sainte-Anne-de-Sabrevois, le 16 août 2018. La septuagénaire lui avait demandé quand il remettra les 146 millions qu'on a payés pour vos immigrants illégaux. Elle faisait référence aux migrants traversant la frontière par le chemin Roxham et dont les frais liés à l'accueil étaient pris en charge par Québec.

M. Trudeau lui avait notamment répondu que cette intolérance par rapport aux immigrants, ça n'a pas sa place au Canada.

Mme Blain avait ensuite continué à apostropher le premier ministre en lui demandant s'il était tolérant avec les Québécois de souche. Il avait affirmé être tolérant et que c'est plutôt elle qui était intolérante.

À la suite du discours, Mme Blain s'était approchée de M. Trudeau pour de nouveau lui poser la question sur les Québécois de souche. Ce dernier avait rétorqué : Madame, votre racisme n'a pas sa place ici.

Ces échanges avaient été filmés et partagés sur les réseaux sociaux.

Malgré que les propos de M. Trudeau pouvaient être sévères, ils n'étaient pas diffamatoires et sa conduite n'était pas déraisonnable dans les circonstances, selon la juge. Il pouvait considérer dans le contexte que les propos de Mme Blain dénotaient un certain racisme.

Le « traumatisme » de la demanderesse contredit par ses actions, tranche la juge

La femme originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu a témoigné qu'elle s'était sentie humiliée, choquée et ridiculisée par les propos de M. Trudeau, en plus d'être traumatisée. Or, la juge a plutôt noté que ses déclarations suivant l'événement montrent le contraire.

Sur les réseaux sociaux, Mme Blain s'était notamment félicitée d'avoir perturbé le discours, souligne la juge. Celle-ci remarque aussi que Mme Blain avait donné plusieurs entrevues aux médias, avait contribué à la diffusion de la vidéo de l'altercation et avait fait le choix de s'identifier comme la personne ayant apostrophé M. Trudeau.

Mme Blain semble avoir utilisé l'événement du 16 août 2018 pour acquérir une certaine notoriété et faire la promotion de ses idées politiques, a écrit la juge.

M. Trudeau a pour sa part soutenu que l'attitude provocatrice de Mme Blain, la nature de ses questions et les idées sous-entendues de celles-ci demandaient une réponse sans ambiguïté, relate le jugement.

Comme M. Trudeau ne réclame pas le remboursement des honoraires payés, Mme Blain n'est condamnée qu'à payer les frais de justice, conclut la décision.

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