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Pour mettre fin au gaspillage de textiles en Matanie

Des jeans empilés dans un bac.

Le denim, matériau de base des jeans très solide, servirait à fabriquer des sacs réutilisables pour le transport des vêtements vers Montréal.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Chaque deux mois et demi environ, depuis deux ans, un conteneur de 53 pieds rempli de vêtements invendus provenant des diverses friperies de la Matanie quitte Matane pour Montréal. Les vêtements sont redistribués dans d’autres friperies et le reste va dans les pays moins nantis. Un projet mené par le Regroupement des femmes permettait toutefois d’aller plus loin.

À la suite de la fermeture de la Co. Mode verte, qui assurait la récupération et le réemploi des textiles, Thérèse Sagna n’en pouvait plus de voir les textiles invendus prendre le chemin du site d’enfouissement.

Le Regroupement des femmes de Matane a repris le flambeau. L'organisme effectue désormais le triage des vêtements. On le faisait déjà avant [l'ouverture de la Co.Mode verte], rappelle la coordonnatrice, Thérèse Sagna. On a collabore avec la friperie Le Grenier, de Relais Santé.

« Moi, je viens du Sénégal en Afrique et chez nous, on répare et on récupère. Jeter du linge comme ça avant d’arriver ici, je n’avais jamais vu ça. »

— Une citation de  Thérèse Sagna, coordonnatrice du Regroupement des femmes 
Le conteneur quitte Matane tous les deux mois et demi environ, rempli de vêtements destinés aux friperies des grands centres.

Le conteneur quitte Matane tous les deux mois et demi environ, rempli de vêtements destinés aux friperies des grands centres.

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Un projet qui rallierait toute la Matanie

Mais Thérèse Sagna veut maintenant aller plus loin. Elle souhaite lancer un projet où une couturière volante réparerait les vêtements pour allonger leur durée de vie. Elle se rendrait régulièrement dans les municipalités de la MRC.

Elle aurait aussi pour tâche d’animer des ateliers de création où les vêtements trop abîmés pour les friperies serviraient à fabriquer divers produits, comme des serviettes de table ou des matelas à chiens. On veut aussi fabriquer de grands sacs à partir des jeans pour envoyer nos vêtements dans le conteneur, explique Mme Sagna. Notre client nous les ramènerait chaque fois. Je veux qu’on élimine le plastique quand on envoie du linge à l'extérieur.

Elle rêve d’impliquer toutes les municipalités de la Matanie dans son projet.

« Ça concerne tout le monde, la population et les élus municipaux, les députés. On est en train d’empoisonner l'environnement de nos enfants. »

— Une citation de  Thérèse Sagna, coordonnatrice du Regroupement des femmes 

Thérèse Sagna aimerait entre autres que les maires des municipalités rendent des locaux disponibles gratuitement pour réaliser le projet.

La présidente du conseil d'administration du Regroupement des femmes, Andrée Joubert et la coordonnatrice, Thérèse Sagna

La présidente du conseil d'administration du Regroupement des femmes, Andrée Joubert et la coordonnatrice, Thérèse Sagna

Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé

Accompagnement de Synergie Matanie

Le directeur de projet en économie circulaire pour Synergie Matanie, un organisme chapeauté par la Société d’aide au développement de la collectivité (SADC), Luc Massicotte offre du soutien au projet du Regroupement des femmes, entre autres pour la demande de financement.

Selon le directeur, d’autres volets à dimension sociale pourraient s'ajouter au projet. La couturière itinérante va réparer les vêtements et diriger des ateliers de création avec les citoyens, mais on voit aussi un volet intergénérationnel, souligne M. Massicotte.

La couture est une expertise qui se perd chez les plus jeunes donc on veut transfert de connaissances entre personnes plus âgées et jeunes pour qu’ils apprennent à réparer eux-mêmes leurs vêtements, ajoute-t-il. Les ateliers sont vus aussi comme un moyen d'intégrer les nouveaux arrivants qui voudraient bien participer.

Tableau qui montre que chaque citoyen consomme 40 kg de textiles neufs par année au Québec. La moitié sont enfouis dans les dépotoirs.

La consommation de textiles neufs est importante au Québec.

Photo : Radio-Canada

Luc Massicotte mentionne que la demande de financement, qui vise approximativement 70 000 $, sera déposée à la Municipalité régionale de comté auprès du Fonds de rayonnement des régions (Fonds de rayonnement des régions).

Nixon Sanon, conseiller en environnement de la Municipalité régionale de comté de la Matanie, croit aussi au projet. Quand la Co. Mode verte était en service, on faisait partie des Municipalité régionale de comté les plus avancées, avec les plus haut taux de recyclage et de réemploi des textiles, rappelle-t-il. Le gaspillage et l’enfouissement des textiles sont donc redevenus un problème important et il fallait trouver une solution.

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