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Une carte-cadeau pour donner accès à des aliments locaux et bio

La Carte proximité distribuée aux ménages sélectionnés.

La Carte proximité distribuée aux ménages sélectionnés.

Photo : Radio-Canada / Philippe-Antoine Saulnier

À l'instar du dispositif américain des Food Stamps qui permet à 38 millions de personnes de se nourrir aux États-Unis, un système montréalais de coupons alimentaires sous forme de carte-cadeau, la Carte proximité, termine une deuxième saison dans une dizaine d'arrondissements de la métropole.

Ce projet a cependant des objectifs différents du programme américain. Il vise à donner accès à des aliments frais, locaux et souvent biologiques, que les ménages vulnérables n'ont pas les moyens de s'offrir.

Jamais je ne me suis permis ça en 15 ans, affirme Valérie qui a bénéficié du programme de la Carte proximité fermière et solidaire ces deux dernières années. Des fois, quand c'est en spécial dans certaines épiceries, peut-être. Mais manger bio ou local pendant quatre mois par année, c'est une denrée rare.

Mille ménages montréalais ont bénéficié d'une Carte proximité au cours de la dernière saison, qui vient de se terminer. Les personnes seules recevaient 25 $ par mois à échanger dans les marchés fermiers et solidaires, les ménages de deux personnes recevaient 50 $ par mois, et les familles de trois personnes ou plus recevaient 100 $ par mois.

Valérie, qui habite dans le quartier Centre-Sud avec ses deux enfants, explique qu'il lui en coûte entre 50 $ et 75 $ par semaine pour nourrir sa famille. Ça fait une sacrée différence, dit-elle. On est pourtant très fruits et légumes de nature, mais ça coûte tellement cher dans les épiceries, et la plupart du temps c'est surgelé.

Les participants ont été sélectionnés par une quarantaine d'organismes communautaires parmi les ménages en vulnérabilité alimentaire qui font partie de leur clientèle.

Dans certains quartiers, le programme rejoint beaucoup d'immigrants. C'est le cas au métro Sauvé où Cesar Herzele, le directeur des marchés Ahuntsic-Cartierville, vient de fermer son kiosque pour l'hiver.

« Bien sûr, ils vont acheter des fruits et légumes, mais ils ont aussi accès à des produits à haute valeur nutritionnelle, comme les produits laitiers, les œufs et la viande, qui sont souvent en moindre quantité dans l'aide alimentaire classique. »

— Une citation de  Cesar Herzele, directeur des marchés Ahuntsic-Cartierville

La Carte proximité est donc complémentaire à l'aide que fournissent les banques alimentaires.

L'objectif est de fournir des aliments de qualité, tout en encourageant les producteurs agricoles locaux.

C'est un peu un cercle vertueux, pense Marie-Claude Morin-Ouellet, codirectrice du Carrefour alimentaire Centre-Sud, qui a lancé le programme il y a deux ans. Avec l'approvisionnement local et en circuit court, ça vient renforcer l'économie, explique-t-elle.

« On va souvent offrir un meilleur prix d'achat aux producteurs que la grande distribution, qui achète d'énormes volumes en offrant un prix très bas aux producteurs. »

— Une citation de  Cesar Herzele

Le programme est encore à petite échelle. Environ 500 000 $ ont été distribués au cours de la saison 2021, entre juillet et octobre. Le financement provient principalement de la Direction de santé publique.

Le but est toutefois d'élargir la portée du programme, grâce à un financement plus important. Une des pistes envisagées serait de coupler cela avec une mesure, comme la taxation des boissons sucrées, par exemple, indique Marie-Claude Morin-Ouellet.

Grâce au développement de l'agriculture urbaine et en serre, il serait également envisageable de prolonger la saison du programme de la Carte proximité, afin de permettre aux familles qui en ont besoin de se procurer des produits frais et locaux toute l'année.

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