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Décriminalisation des drogues : Toronto pourrait demander directement au fédéral

Les surdoses mortelles ont augmenté de 81 % en 2020 par rapport à l'année précédente dans la Ville Reine.

Gros plan sur une fiole de naloxone posée sur une table entourée de seringues

La décriminalisation doit s'accompagner d'une extension du réseau de prévention et de soutien aux toxicomanes, selon la santé publique de Toronto. (Archives)

Photo : CBC

Un nouveau rapport de la médecin hygiéniste en chef de Toronto recommande de décriminaliser la possession de drogues à usage personnel et d’aborder la crise des opioïdes avec une approche de santé publique plutôt que pénale.

Le rapport, signé par la Dre Eileen de Villa, a été rendu public lundi et sera présenté au Conseil de santé de Toronto lors de sa prochaine réunion le 6 décembre.

Le statu quo face à la crise des intoxications médicamenteuses ne fonctionne pas , explique la Dre de Villa dans le document, qui relève une augmentation spectaculaire de 81 % du nombre de surdoses mortelles en 2020 par rapport à l’année précédente.

De 2015 à 2020, 1618 personnes ont trouvé la mort après avoir consommé des drogues selon les données de la Ville de Toronto, avec un rôle croissant des opioïdes ultra-puissants.

S'il est approuvé par le Conseil, la Dre de Villa demandera officiellement à Santé Canada d'exempter les personnes se trouvant dans les limites géographiques de Toronto de toute accusation criminelle pour possession de petites quantités de drogue à usage personnel. Le trafic de drogue, y compris la production et la vente, resterait illégal.

La Dre Eileen de Villa en point de presse.

La Dre Eileen de Villa a plusieurs fois appelé Ottawa à décriminaliser la possession de drogues. Si la crise des opioïdes est d'ampleur nationale, elle demande cette fois-ci à ce que Toronto puisse bénéficier d'une exemption à l'application des sanctions pénales.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La santé publique de Toronto avait déjà pressé Ottawa d’agir en ce sens en 2018 et a plusieurs fois répété ce message depuis. Mais devant l’urgence sanitaire de la situation, la Ville Reine visera cette fois à obtenir une exemption à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances plutôt que d’attendre un amendement à portée nationale.

Début novembre, la Colombie-Britannique a sollicité le fédéral pour une demande similaire.

Des financements réclamés à tous les ordres de gouvernement

La police et le maire de Toronto soutiennent l’initiative de la santé publique. Pour John Tory, il s’agit de garantir un système solide de soutien aux soins de santé en toxicomanie [...] qui ne sont pas actuellement en place ou qui ont trop d'obstacles pour y accéder.

Le rapport de la Dre de Villa appelle le fédéral et la province à des financements pour établir ce système de soutien aux personnes aux prises avec la toxicomanie. Il recommande aussi à Santé Canada de fournir de l'héroïne standardisée, contrôlée, pour la rendre plus disponible aux consommateurs.

Pour Jason Stateman, un Torontois aux prises avec la toxicomanie depuis une vingtaine d’années, la décriminalisation est la voie à prendre.

Un homme avec un caque audio sur la tête.

Jason Stateman dit avoir perdu plusieurs connaissances ces dernières années à Toronto à la suite de surdoses.

Photo : CBC

Les gens sont accusés alors qu’ils sont sous l’influence de la drogue, dit-il. C’est un problème médical.

« Ceux qui consomment ne le font pas parce qu'ils aiment ça. Ils le font parce qu'ils le doivent. Ils sont malades et ils sont sur le point de mourir ou de se suicider. »

— Une citation de  Jason Stateman, consommateur

La responsable des services contre la toxicomanie au Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto, la Dre Leslie Buckley, abonde dans le même sens.

Avec les règles actuelles, les consommateurs se cachent par peur de consommer en public ou d'apporter leur substance à un site de consommation supervisée, ce qui est la pire des choses , dit-elle.

« On parle de substances qui sont si dangereuses, vous ne voulez pas les utiliser seul. »

— Une citation de  Leslie Buckley, médecin et psychiatre spécialisée en toxicomanie, chef de la division des toxicomanies à CAMH

Beaucoup des produits auxquels les consommateurs ont accès sont frelatés, coupés ou composés de différents sédatifs , témoigne-t-elle.

Alors, réduire la stigmatisation par la décriminalisation et augmenter les services de soutien et de prévention pourraient inciter les consommateurs à chercher de l’aide seraient vraiment utiles, avant que d'autres morts évitables surviennent.

Avec les informations de Stella Dupuy

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