•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Reconnu coupable sur toute la ligne, Alam Buoc est condamné à la prison à vie

Le suspect Alam Gabriel Buoc et des agents du service de police d'Ottawa.

La police a arrêté Alam Buoc en juillet 2017 (archives).

Photo : Radio-Canada / Service de police d'Ottawa, Andrew Foote/CBC

Radio-Canada

Alam Buoc a été reconnu coupable par un jury des deux chefs d’accusation de meurtre au deuxième degré et d’un autre chef de tentative de meurtre pour des événements survenus à Ottawa au cours de l’été 2017.

Il sera automatiquement condamné à la prison à vie. Le juge Robert Maranger, de la Cour supérieure, doit encore déterminer après combien de temps Alam Buoc pourra faire une demande de libération conditionnelle et s'il purgera sa peine pour chaque chef d'accusation de façon consécutive.

Lors de son procès, l’accusé, qui avait choisi de se représenter lui-même, avait soutenu qu’il était non coupable.

Le 24 juillet 2017, Abdulrahman Al-Shammari, alors âgé de 26 ans, et Dirie Olol, 27 ans, ont été tués par balle dans la capitale nationale.

Un troisième homme a été blessé. Il s’agit de Talal Al-Shammari, le frère de l’une des victimes.

Au cours du procès, le jury a appris que les quatre hommes ont grandi ensemble dans le même quartier.

Lors de son allocution au jury, Alam Buoc a fait valoir qu’il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’une tragédie. Il a affirmé aux jurés que ceux-ci devaient trancher à savoir si la Couronne a prouvé son point et s’il est coupable des accusations odieuses pesant contre lui. Il a plaidé qu'il estimait que tel n'était pas le cas.

Il s’agit du deuxième procès où M. Buoc fait face à ces accusations. Après un procès nul en 2020, les procureurs ont ouvert le dossier en septembre.

Le fil des événements

L'accusé et les trois hommes atteints par balle ont fréquenté le même bar de Kanata, tous ensemble, le soir du 24 juillet 2017. À leur sortie, ils ont convergé vers l’appartement de l’accusé qui a montré ses deux armes à feu.

Après, son comportement a changé et il s’est mis à accuser ses trois amis de lui avoir volé une balle, a raconté le seul survivant du trio, Talal Al-Shammari.

Les trois hommes ont alors décidé de partir, mais Alam Buoc les a suivis. M. Al-Shammari a affirmé qu’il ne savait pas que son ami avait amené son arme avec lui.

Abdulrahman Al-Shammari s’est alors installé au volant de sa voiture, une Mazda 3 blanche. Dirie Olol a quant à lui pris place comme passager, et Talal s'est assis à l’arrière.

En quelques minutes, les coups de feu ont commencé. Abdulrahman Al-Shammari a reçu une balle dans le cou, il est sorti de sa voiture et a titubé un peu plus loin avant de s'effondrer sur Tavistock Drive.

Dirie Olol a été touché à l’arrière de la tête. Son corps est resté dans le véhicule pendant des heures, jusqu’au moment où des voisins ont appelé la police.

Une scène de crime, où l'on voit un policier qui marche près d'une voiture blanche.

Le corps de Dirie Olol avait été retrouvé dans la voiture blanche (archives).

Photo : Radio-Canada / Roger Dubois

Quant au survivant, Talal Al-Shammari, il s’est évanoui après avoir reçu des balles au cou et à l’épaule, mais il a su reprendre ses sens, a-t-il dit, ajoutant qu'il a réalisé que l’auteur des tirs était son ami d’enfance, Alam Buoc.

Au cours du procès, M. Buoc a tenté de mettre en doute la mémoire du témoin, concédant que toutes les victimes, d’après les preuves, ont été abattues à l’intérieur de la voiture Mazda blanche.

Mais la question est de savoir qui était le tireur? Et comment la fusillade s’est-elle déroulée exactement?

Il a aussi fait valoir que les déclarations du témoin, émises à la police et au procès, étaient contradictoires et incohérentes.

Le témoin a soutenu qu’il avait été trop effrayé pour dire la vérité à la police. M. Buoc lui a alors demandé si c'était la coercition de la police ou du procureur qui l'avait poussé à l'identifier comme le tireur.

Alam Buoc a également interrogé Talal Al-Shammari sur ses problèmes de santé mentale, son diagnostic de schizophrénie et sur une médication qu’il prend toujours aujourd’hui.

Jeudi, l’accusé avait demandé au jury d’examiner si les effets de la marijuana, de l’alcool et le fait de ne pas prendre ses médicaments ont pu avoir une incidence sur la mémoire du témoin, et si celui-ci était conscient de ce qui se passait.

Alam Buoc avait également soulevé des questions relatives à l'enquête policière, remettant en cause les actions de plusieurs policiers et enquêteurs qui ont travaillé sur le dossier le concernant ainsi qu'à l'agent d'identification qui a analysé les éclaboussures de sang sur la scène du crime.

Avec les informations de Shaamini Yogaretnam, CBC

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.