•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Winnipeg lance un programme pour répondre aux appels de personnes en crise

Une autopatrouille du Service de police de Winnipeg.

Le but de ce projet pilote est d’utiliser les ressources de la police de manière plus efficace.

Photo : CBC/Walther Bernal

La Ville de Winnipeg lance un nouveau programme pour répondre aux appels au 911 concernant des personnes en situation de crise. Après une intervention et une évaluation initiale de policiers, ceux-ci pourront faire appel à une équipe composée d’un clinicien et d’un policier en civil.

Baptisé ARCC, pour Alternative Response To Citizens in Crisis (Nouvelles solutions pour les personnes en crise), le programme est entièrement financé par le Service de police de Winnipeg grâce à une réaffectation de ressources.

Quatre policiers à temps plein seront affectés aux nouvelles équipes d’intervention, qui seront disponibles pendant 12 heures par jour, durant la semaine. Ces agents seront en civil, mais armés, et se rendront en autopatrouille sur la scène d’un appel accompagnés d’un clinicien en santé mentale.

Les cliniciens viendront du Centre d’intervention d’urgence en santé mentale à Winnipeg. Il peut s'agir de travailleurs sociaux, d'infirmières psychiatriques ou d'ergothérapeutes de formation. Avec le consentement du patient, ils effectueront des évaluations de sa santé mentale, en consultation avec le psychiatre du centre d’intervention.

La police a effectué 18 991 vérifications de bien-être en 2020

Le nouveau programme a été dévoilé lors d’une conférence de presse, lundi, qui regroupait le maire ainsi que des représentants de la police et de Soins communs Manitoba.

L’inspecteur Chris Puhach, du Service de police de Winnipeg, indique qu’en 2020, la police a effectué 18 991 vérifications de bien-être. C’est la première fois que cette catégorie est au premier rang de la liste des interventions policières à l’origine d’appels de résidents.

Le policier n’était pas en mesure d’indiquer combien de fois une équipe de l'ARCC aurait pu intervenir en 2020, vu que ces situations sont dynamiques et toujours en mouvement.

Cependant, le but de ce projet pilote est d’utiliser les ressources de la police de manière plus efficace, dit-il. Sans une telle équipe d’intervention qui puisse prendre le relais des policiers, ces derniers doivent souvent emmener la personne aux urgences d’un hôpital, ce qui peut prendre plusieurs heures.

Éviter la criminalisation de la crise du patient

En envoyant une équipe spécialisée, la personne pourrait être dirigée vers des ressources communautaires mieux adaptées à ses besoins, dit Chris Puhach. Le projet vise aussi à éviter la criminalisation de la crise de la personne.

L’inspecteur Puhach ajoute que le projet pilote dispose d’un volet proactif. Le clinicien peut rester en contact avec la personne et faire un suivi, explique-t-il.

Souvent, lorsque la police intervient [son rôle s’arrête lorsqu’elle repart]. Maintenant, son rôle ne se termine pas sur-le-champ, nous allons travailler avec d’autres agences d'une manière complètement différente, affirme l’inspecteur.

Il est nécessaire qu’au moins deux policiers en uniforme interviennent avant de faire appel à l’équipe spécialisée en santé mentale pour assurer la sécurité de tout le monde, selon Chris Puhach.

Ces situations peuvent être spontanément violentes, il faut s’assurer que c'est sécuritaire avant de faire venir un clinicien, soutient-il. Lorsqu'on appelle le service de police, la police va répondre à notre appel.

Lors de la conférence de presse, James Bolton, le directeur médical des Services d’intervention d’urgence en santé mentale de Soins communs, a dit que des preuves montrent que le contact avec un professionnel de la santé mentale a des bienfaits sur une personne en crise.

Le projet pilote ARCC est le résultat de la collaboration de divers services de la Ville de Winnipeg, de Soins communs et d’agences communautaires dans le cadre du Bloomberg Harvard City Leadership Initiative, selon le maire de Winnipeg, Brian Bowman.

Cette initiative, parrainée par la Harvard Kennedy School, la Harvard Business School et Bloomberg Philanthropies, a permis d’élaborer un rapport qui a déterminé qu’environ la moitié des appels 911 de Winnipeg ne sont pas urgents.

Accueil mitigé au projet

Le président-directeur général de la Société canadienne de la schizophrénie, Chris Summerville, croit qu’il s’agit d’un pas en avant pour aider ceux aux prises avec d’urgents besoins de soins de santé mentale.

Il s’agira d’une réponse plus compatissante, plus centrée sur la personne, plus axée sur les traumatismes, a-t-il déclaré en entrevue à Canadian Broadcasting Corporation.

La militante et coprésidente du groupePolice Accountability Coalition (Coalition pour l’imputabilité policière), Louise Simbandumwe, aurait souhaité que la mise en place de ce projet soit indépendante de la police, craignant que les populations vulnérables soient davantage victimisées , notamment les communautés racisées et autochtones.

L’inquiétude, c’est que si la police contrôle la situation, son approche de domination sera toujours celle qui prévaudra, contrairement à une approche qui répondrait davantage à la situation de la communauté et aux besoins réels.

Mme Simbandumwe estime que le projet pilote est tout au plus une reconnaissance des autorités de la nécessité de disposer des compétences nécessaires pour faire face aux problèmes de santé mentale.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !