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Une Première Nation dépose une poursuite devant la Cour supérieure de l’Ontario

Un point de presse dans une communauté autochtone.

Le chef de la Première Nation de Nestakantaga, Wayne Moonias (droite). (Archives)

Photo : CBC/Christina Jung

Radio-Canada

La Première Nation de Neskantaga, dans le Nord de l'Ontario, demande à la Cour supérieure de la province de revoir les processus de consultation qui régissent les projets en territoire autochtone.

Spécifiquement, la communauté déplore comment les consultations ont été menées dans le cadre de l'étude d'impact environnemental du projet Northern Link, un projet d'infrastructure routière qui faciliterait l'accès au Cercle de feu.

Le Cercle de feu est une région minière sous-développée située à des centaines de kilomètres de Thunder Bay dans le Nord de l'Ontario dans les basses-terres de la baie d'Hudson.

Plus tôt en avril, les Premières Nations d’Attawapiskat, Fort Albany et Neskantaga ont déclaré un moratoire sur tous les développements dans cette zone, incluant l'évaluation environnementale pour le projet de la route Northern Link.

Ils souhaitaient attendre la fin de la pandémie pour qu’un groupe autochtone mène une analyse d’impact environnemental.

Vue aérienne d'un site d'exploitation minière.

Le camp Esker de Noront Resources, situé dans le Cercle de feu.

Photo : Noront Resources

Or, les Premières Nations de Webequie et de Marten Falls, plus directement concernées par le projet Northern Link d’un point de vue géographique, ont donné le feu vert à la province.

L’évaluation environnementale est donc allée de l’avant malgré l’opposition de certaines communautés dans la région.

Un processus de consultation raté, selon la communauté

La Première Nation de Neskantaga déplore un contexte de consultation impossible créée par les provisions de la loi provinciale concernant les études d'impact environnemental.

Plus précisément, la communauté critique le fait qu’aucune clause n’est envisagée pour les communautés autochtones qui traversent différentes crises et qui ne sont pas en mesure de collaborer rapidement et pleinement lors des consultations.

« En pleine pandémie, alors que Neskantaga est aux prises avec des mesures de confinement, un avis d'ébullition de l’eau et des évacuations forcées de la communauté, la province a établi des échéanciers impossibles à respecter. »

— Une citation de  Communiqué de presse de la Première Nation de Neskantaga

La Première Nation insiste sur le fait que la province a ignoré les protocoles de la communauté et a forcé le début de l’étude environnementale pour le projet.

Cette étape est essentielle à la construction de la route, qui, une fois bâtie, permettrait l’expansion massive de l’exploitation minière dans une région très sensible, écologiquement parlant, explique la Première Nation.

Des membres de la communauté espèrent que les protocoles de consultations envisagés dans la loi provinciale sur les impacts environnementaux seront modifiés afin d’assurer un consentement libre et éclairé pour les communautés concernées.

Un projet d’infrastructure controversé

Les richesses minérales du Cercle de feu ont été découvertes il y a plus d’une décennie, mais l’exploitation minière fait face à plusieurs défis, dont le manque d'infrastructure routière et l’opposition de ces communautés autochtones.

La carte montre les trois routes praticables en toute saison proposées pour relier les Premières Nations éloignées au réseau routier provincial.

La carte du projet Northern Road Link montre les trois routes praticables en toute saison proposées pour relier les Premières Nations isolées du réseau routier provincial. La route de Marten Falls est en violet, la route Northern Link est hachurée et la route de Webequie est en rouge.

Photo : Radio-Canada / Stephanie Ash / CBC

La route Northern Link permettrait de relier les Premières Nations de Webequie et de Marten Falls au réseau de transport de la province.

Présentement, ces communautés peuvent seulement être rejointes par avion.

Les ressources minérales trouvées dans la zone du Cercle de feu sont prisées pour la transition énergétique à venir.

Par exemple, plus tôt en octobre, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, établissait une connexion directe entre la croissance du secteur de la manufacture de véhicules électriques dans la province et l’exploitation de cette région minière.

Premier ministre Doug Ford lors d'une conférence de presse.

L'Ontario deviendra un géant des véhicules électriques grâce à l'exploitation du Cercle de feu, selon Doug Ford. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Geoff Robins

Le Cercle de feu étant dans la mire des plans économiques de la province, le gouvernement de Doug Ford s’est engagé à financer une partie de la route.

En plus d’avoir imposé un moratoire sur ces développements, Neskantaga a également demandé au bureau de la vérificatrice générale d’entamer une enquête sur les dépenses publiques du gouvernement dans ce dossier.

Selon des documents obtenus par CBC, la province estime que le coût global de la construction des routes se situe entre 1,1 milliard de dollars et 1,6 milliard de dollars, mais des estimations plus précises seront disponibles après l’évaluation environnementale en cours. 

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