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Des polices d’assurance « intenables » pourraient réduire à néant les salles de spectacle

Des spectateurs, de dos, observent des musiciens.

« Ce que nous aimerions vraiment, c'est un peu d'aide », a dit Erin Benjamin.

Photo : CBC/Joseph Tunney

Radio-Canada

Les dirigeants de salles de spectacle de l’Ontario qui ont survécu à la pandémie doivent composer avec une lourde augmentation de leurs primes d’assurance, à un tel point qu’on craint pour la survie de ces lieux culturels.

Vous pouvez obtenir une assurance si vous êtes prêt à payer, dans certains cas, 4000 % de plus de ce que vous payez annuellement, a déploré la présidente de l’Association canadienne de musique sur scène, Erin Benjamin.

Elle a soutenu que ce n’était pas un chiffre inventé, mais elle a aussi précisé que toutes les propositions ne sont pas aussi farfelues. Elles ne sont pas toutes aussi élevées, mais elles sont certainement plus élevées que les montants avant la pandémie.

Beaucoup de ces politiques comportent des conditions qui sont tout simplement intenables, a ajouté Mme Benjamin, comme le fait de ne servir de l'alcool que dans des gobelets en plastique ou de fermer à minuit.

Selon elle, certains établissements renoncent à souscrire des polices d'assurance complètes, ce qui les expose au risque de faillite si quelque chose tourne mal ou encore s’ils sont poursuivis en justice.

Une tempête parfaite

L'industrie musicale n'est pas la seule à être aux prises avec cette réalité, a ajouté Mme Benjamin, c'est le cas également de nombreuses autres entreprises du secteur du tourisme et de l'hôtellerie.

Les taux exorbitants sont causés par une tempête parfaite, par la conjonction de facteurs liés à la pandémie, a affirmé le courtier d'assurance et président-directeur général de Zensurance, Danish Yusuf.

Les compagnies d'assurance nous disent que les demandes d'indemnisation sont en hausse, mais en même temps, comme moins d'entreprises sont ouvertes, moins d'entreprises cotisent au fonds commun pour payer les demandes d'indemnisation. Les entreprises qui restent doivent donc payer plus cher, a expliqué M. Yusuf.

« Et certaines compagnies d'assurance quittent carrément le marché. L'offre d'assurance se réduit donc également. »

— Une citation de  Danish Yusuf, courtier d'assurance et PDG de Zensurance

Un député intervient

Il est frustrant de voir les grands assureurs de l'Ontario déclarer des bénéfices de milliards de dollars pendant la pandémie alors que les courtiers et les entrepreneurs ne peuvent pas obtenir d'arrangements d'assurance commerciale qui répondent à leurs besoins, a dénoncé le député néo-démocrate d'Ottawa-Centre, Joel Harden.

M. Harden, dont la circonscription compte de nombreuses salles de spectacles, a écrit une lettre ouverte au ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, pour demander au gouvernement de l'Ontario de prendre des mesures immédiates.

Le député est persuadé que l’industrie de l'assurance presque autoréglementée doit soit offrir des régimes concurrentiels, soit être forcée de le faire par le gouvernement au pouvoir.

C'est un avertissement à l'industrie : si vous n'êtes pas prêts à venir à la rescousse des courtiers et des petites entreprises, les gouvernements doivent les obliger à agir.

Erin Benjamin a déclaré que pour le moment, l'industrie ne demande pas à la province d'intervenir et de réglementer les assureurs commerciaux, mais plutôt de proposer une solution.

Ses conversations avec des membres du gouvernement Ford, dit-elle, ont suggéré qu'ils comprennent leur situation critique.

Ce que nous aimerions vraiment, c'est un peu d'aide, a-t-elle dit.

L'industrie essaie, depuis le début de la pandémie, de trouver des solutions directement avec le secteur de l'assurance. Nous n'avons pas réussi.

Avec les informations de CBC

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