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Comment Brampton est passée d’épicentre de l’épidémie à championne de la vaccination

Un homme marche en portant une chaise à travers des rangées.

Une des plus grandes cliniques de vaccination de masse en Ontario a ouvert en juin dans le complexe sportif CAA Centre à Brampton. Plusieurs milliers d'injections peuvent y être administrées par jour.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Après une période sombre l'année dernière en tant qu’épicentre de l’épidémie de COVID-19 à l'échelle nationale, la ville de Brampton, dans la région de Peel, est devenue l'une des communautés les plus vaccinées du pays.

Vendredi, 86 % des résidents de 12 ans et plus dans la région de Peel, située à l’ouest de Toronto, étaient complètement vaccinés et 90 % des résidents de 12 ans et plus avaient reçu une première dose.

La région enregistre désormais en moyenne 40 cas par jour. À la même époque l'année dernière, ce nombre était plus de dix fois plus élevé.

Je pense que cela montre à quel point notre communauté s'est mobilisée, a déclaré le médecin hygiéniste de Peel, le Dr Lawrence Loh. Un effort communautaire majeur, selon le médecin, qui présente sa région comme diversifiée, confrontée à des barrières linguistiques et sociales importantes.

« C’est l’effort communautaire qui a fait la différence pour atteindre nos taux de vaccination élevés. »

— Une citation de  Dr Lawrence Loh, médecin hygiéniste de Peel

Bien que cet effort ait commencé avec le personnel de santé publique travaillant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et les gouvernements municipaux, régionaux et provinciaux exigeant des masques et des preuves de vaccination, explique le Dr Loh, le résultat n’aurait pas été le même sans la collaboration entre la santé publique régionale et des groupes de santé desservant les communautés ethniques et culturelles.

Des groupes communautaires infatigables

D’autres organisations comme le groupe de travail canadien sud-asiatique sur la COVID-19 (South Asian COVID-19 Task Force), le groupe de travail sur la COVID-19 pour les musulmans canadiens (Canadian Muslim COVID-19 Task Force), le groupe de travail latino-américain sur la COVID-19 (Latin American COVID-19 Task Force) et le groupe de travail sur la santé des Noirs (Black Health Task Force) ont informé leurs communautés respectives sur le virus, le dépistage et la vaccination, dans leur langue et à travers des personnes en qui elles avaient confiance.

Ils étaient infatigables, ils faisaient du porte-à-porte pour mettre en place des réservations et des réseaux de transport pour amener les gens à se rendre dans les cliniques, travaillant avec nous pour mettre en place des cliniques mobiles, raconte le Dr Loh.

C'était en réalité le grand secret de notre succès, a-t-il ajouté.

Un homme parle d'un podium

Le Dr Lawrence Loh est le médecin hygiéniste de la région de Peel, en banlieue de Toronto.

Photo : Radio-Canada / CBC News

Les groupes ont aidé à éliminer ce que Loh décrit comme des obstacles difficiles, comme trouver du temps libre, se rendre à une clinique ou parler à un médecin ou à une infirmière dans une langue familière. Une fois ces barrières levées, les vaccinations ont augmenté, selon le médecin hygiéniste.

Le Dr Hashim Khan, coprésident du groupe de travail sur la COVID-19 pour les musulmans canadiens, a déclaré que des médecins et des imams se sont réunis pour discuter de l'impact que le virus aurait non seulement sur les musulmans de Peel, mais à travers le Canada.

Nous savions que nos communautés présentaient de nombreux facteurs de risque comme des maisons multigénérationnelles, des travailleurs essentiels, des niveaux inférieurs de littératie en santé qui contribueraient à la propagation du virus, a déclaré le Dr Khan.

Nous voulions dissiper les idées fausses

Le Centre islamique de Brampton était l'une des mosquées qui offraient des cliniques de dépistage et de vaccination.

En novembre de l'année dernière, lorsque les cas quotidiens à Brampton étaient à leur plus haut niveau, le Dr Raj Grewal a cofondé le groupe de travail canadien sud-asiatique sur la COVID-19 avec d'autres médecins pour lutter non seulement contre la désinformation, mais aussi contre les fausses perceptions.

« Notre communauté a été touchée de manière disproportionnée par la COVID-19, et les médias disaient que les Sud-Asiatiques n'écoutaient pas les règles, qu'ils ne respectaient pas le confinement et toutes ces choses. »

— Une citation de  Dr Raj Grewal, cofondateur du groupe de travail canadien sud-asiatique sur la COVID-19

Nous voulions dissiper ces idées fausses et éduquer notre communauté, a ajouté le Dr Grewal. Son équipe et lui ont développé des messages via les médias sociaux, lancé des campagnes d'éducation et commencé à informer la communauté dans leur propre langue.

De leurs efforts sont nés un centre de dépistage et une clinique de vaccination dirigés par des médecins et des infirmières qui parlaient des langues familières comme le pendjabi, l'hindi, l'ourdou et d'autres, situés à l'Embassy Grand Convention Center à Brampton, qui est maintenant devenu l'un des plus grands centres de dépistage et des cliniques de vaccination dans la province.

Portrait d'un homme qui porte de l'équipement de protection personnelle.

Le Dr Raj Grewal, un des cofondateurs du groupe de travail canadien sud-asiatique sur la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / CBC News

Le groupe de travail a également travaillé avec les médias communautaires, les chaînes de télévision locales en pendjabi et en hindi, et même WhatsApp pour diffuser des informations sur la COVID-19, les tests et la vaccination ciblant un public sud-asiatique.

Nous ne l'avons pas fait nous-mêmes, nous l'avons fait avec l'aide de la région de Peel, le Dr Lawrence Loh. Ils ont fait un travail incroyable en partenariat avec nous, rapporte le Dr Grewal.

Le médecin cite une étude du Boston Consulting Group, qui a été embauché pour mesurer l'impact du travail effectué par cette campagne. Ce qu'ils ont découvert, ce qui était assez remarquable, c'est que la population sud-asiatique a connu une des plus fortes réductions de l’hésitation à la vaccination dans le pays, se félicite le Dr Grewal.

Cela vous montre vraiment à quel point ces méthodes non traditionnelles pour faire passer le mot ont un impact.

Avec les informations d'Ali Raza, CBC News

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